Belle soirée que celle de ce vendredi 05 octobre 2012 à la Maison des Savoirs où nous avons assisté à ce concert de Rachel Ratsizafy et Cédric Chauveau. Essayer de faire vivre ce site n’est pas toujours affaire facile. Les spectacles ou manifestations culturelles, si l’on s’y intéresse un peu, sont légion sur cette région, y compris dans le canton d’Agde. Et comme partout, il y a du bon et du… moins bon, des choses que l’on a aimé, d’autres pas du tout. Et quelques fois, rarement, on tombe sur la perle, le diamant  : le spectacle, le récital qui nous fait totalement oublier tout le temps et l’argent sacrifié dans la survie d’OKOCAP. Cette soirée-là, ce fût le cas et de quelle manière !

Rachel

Il vous suffit de vous rendre sur l’indispensable Page Facebook : En Live à la MdS, courroie de transmission numérique du travail effectué par ceux qui l’animent. Leur texte écrit pour rendre compte de ce beau, très beau moment, reflète exactement ce que toutes les personnes présentes ont pu ressentir durant cette soirée. Agaçant également parce qu’ils l’écrivent mieux, sans doute, que je n’aurais su le faire. Donc, autant leur laisser la parole.

« Rachel Ratsizafy et Cédric Chauveau étaient les invités de la Maison des Savoirs, vendredi dernier, pour un mémorable apéritif concert. Avec une simplicité désarmante, Rachel prend place devant le piano. Sa voix ample, chaude et claire emplit tout l’espace du grand hall, instantanément transformé en chapelle. La sono n’y était pas pour grand-chose, le micro n’était qu’un accessoire subalterne, pour les derniers souffles des dernières notes, suspendus, hors du temps. Le public venu nombreux au vernissage de l’exposition des dinosaures, se fige, un instant incrédule, puis chavire, définitivement conquis et enthousiaste dès la fin de la première chanson.

 

Pendant près d’une heure vont se succéder un florilège de gospels, standards de jazz, Ballades savamment égrenés au son du piano de Cédric Chauveau, impérial de nuances et tout en complicité. L’ombre des icônes plane sur les coursives : Ella (Fitzgerald), Sarah (Vaughan), Billie (Holliday). Ca groove, ça swingue, on frappe des mains, on chante en choeur, et, de mémoire de paléontologue, il y a des lustres que nos fossiles Audois n’avaient été à pareille fête ! »

 

Que rajouter à ce qui a été écrit précédemment et de si belle manière ? Après avoir regardé et écouté ces deux vidéos, vous pourrez en convenir avec moi : pas grand chose. Si ce n’était le cas, courrez chez votre opticien ou procurez vous un sonotone. Oui, ce concert était grand et oui, je suis tombé amoureux !

Amoureux d’une voix, c’est évident tant cette dernière vous enveloppe dans un délicieux cocon tout fait d’émotions et de caresses où l’espace de quelques minutes, on s’oublie ignorant jusqu’à l’endroit où l’on se trouve parce que l’on reste accroché  seulement à un son, une mélodie, une note.. bleue sans doute. Le genre de moment bizarre où une fois la chanson finie, tu n’as qu’une envie, t’ébrouer de partout, bouger tes membres, tachant tant bien que mal de remettre en place tous tes poils qui s’étaient dressés plus rapidement que dans une cage de Faraday. Amoureux d’une femme, aussi. Lorsque l’on demande à Rachel quel est son style musical, elle répond tout simplement: “Je chante ce que je suis”. Cette vérité, nous l’avons retrouvée dans tout ce concert. Loin du swing un peu distant d’une Diana Krall ou des mélodies confidentielles de Madeleine Peyroux, Rachel Ratsizafy est présente, engloutit tout l’espace qui lui est confié. Elle communique, communie avec le public présent. Elle chante ce qu’elle est: vraie, honnête et généreuse. Elle se donne, non par calcul ou volonté de plaire, non simplement parce que c’est sa nature; a natural woman bourrée d’émotion qui se livre simplement, chantant ce qu’elle aime et de la façon qu’elle aime, presque étonnée à la fin du succès qu’elle a rencontré.

Amoureux, oui et jaloux aussi mais cela va souvent de pair. Jaloux de cette complicité, de son osmose presque parfaite avec son pianiste Cédric Chauveau. Le genre d’amitié que tu devines en les regardant. Tout se passe en souplesse, en douceur. Les regards sont complices, jamais directifs. Cédric nous a charmé pendant une heure avec ses harmonies distillées simplement sans bluff, ni effets. J’aurais adoré pouvoir vous montrer un peu plus son travail au travers d’une vidéo qui vous aurait permis d’écouter un de ses superbes solos.

Rachel 2

Mais, et ce sera là mon seul coup de gueule par rapport à cette soirée, une partie du public m’en a empêché. La Maison des Savoirs avait eu l’idée de faire un « apéro-concert », idée qui sur le moment m’avait semblé un peu saugrenue. Finalement, le concept en lui-même ne me semble pas critiquable et permet, peut-être, d’attirer à la médiathèque certaines personnes qui ne s’y seraient pas rendues sans. De plus, Jazz et alcool on toujours fait bon ménage (pour moi, en tout cas) et nombreuses sont les chanteuses, telles Billie Holiday, qui ont commencé dans des bars. En revanche, ce qui est totalement inadmissible, ce sont les aller-retour continuels qu’ont effectué certaines personnes durant les chansons. Que l’on se lève, bouge ou circule durant les applaudissements  me semble tout à fait correct. Mais que ce remue-ménage s’effectue durant une chanson relève de l’impolitesse totale, d’un manque de savoir-vivre évident autant vis-à-vis des artistes présents que du public qui, lui, écoute. Et durant les quelques solos de Cédric, sans doute la malédiction des pianistes de bar, l’agitation était encore plus intense ce qui ne permet pas de vous diffuser une vidéo correcte de l’évènement. Le court entretien que nous avons réalisé sur place vous permettra de mieux les connaitre.

 

Pour celles ou ceux qui désireraient un peu plus connaître l’univers de Rachel et de Cédric, nous vous conseillons d’écouter leur dernier album « OUT OF THIS WORLD » que vous pourrez découvrir sur leur SITE INTERNET et écouter sur les plateformes de téléchargement légales comme DEEZERITUNES.

Tous nos remerciements à l’équipe de la Maison des Savoirs d’Agde pour leur choix de programmation et cette belle soirée.