Retour sur le concert de Cock Robin de cette semaine. Première constatation qui crève les yeux et les oreilles : jamais, cette année, des artistes n’avaient attiré autant de monde le long de l’Hérault. C’est bondé de partout, bien évidemment sur les quais côté gare, mais également sur le pont et côté cathédrale. Il faut vraiment jouer les petites souris pour se déplacer et avoir une chance d’entrapercevoir le spectacle. Heureusement, les écrans géants sont là, intelligemment placés,  permettant à tous de profiter du show.

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Cock Robin est un groupe de musique pop-rock américain, fondé au début des années 1980. Il compte comme chanteurs principaux Peter Kingsbery et Anna LaCazio. Il a été actif jusqu’en 1990, date à laquelle les membres se sont séparés. Le groupe a été reformé en 2006 lors de la sortie de son quatrième album. Définition très succincte mais claire de Wikipedia. Ce qui n’est pas rajouté, c’est que ce groupe n’a vraiment rencontré du succès qu’en Europe et principalement en France (à l’image de Texas par exemple). Mais, quand même, cela remonte plutôt loin et j’avoue avoir été complètement sidéré du nombre de personnes présentes pour les écouter. Idem, Cock Robin a produit combien de tubes ? trois, quatre au maximum.  Ils ont beau être rediffusés en permanence sur pas mal de radios, cela ne fait pas d’eux un groupe essentiel. D’où, encore une fois, mon étonnement face à cette marée humaine venue pour les voir.

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Concentrons-nous plutôt sur le concert. Sono moins bonne que pour les concerts précédents mais passable côté gare et améliorée un peu par la suite.  A peine ont-ils posé un pied sur scène, que le public est déjà en train d’applaudir à tout va. Et aux premières notes chantées pas Peter, c’est de nouveau un délire d’applaudissements. Rien à dire, tout est bien placé, calé et tous retrouvent facilement  ce  son si marqué années 80 qu’ils sont venus chercher. On se la fait “Back to the future” avec claviers et guitares nous ramenant 30 ans en arrière. Même si je n’ai jamais été vraiment fan, je dois admettre qu’ils sont bien dedans et que le son produit caresse joliment les oreilles ! Démarrage impeccable avec la chanson Worlds Apart qui n’est pourtant pas leur succès le plus important mais qui, visiblement, remporte l’adhésion du public. Quelques mots en français de Peter Kingsbery et ils enchaînent sur des titres extraits de leur dernier album.

Et c’est là que les choses commencent à se gâter. Non pas que leur dernier album soit mauvais, loin de là. Il est au contraire dans la droite ligne de leurs productions précédentes avec un son remis au goût du jour et des arrangements sonnant moins eighties mais avec un ton et des mélodies, au fond, assez similaires. Mais avec le public, l’écart s’installe. Il est venu pour écouter les tubes qu’il aime, pas pour découvrir autre chose ! Preuve en est faite dés que résonnent les premiers accords de When Your Heart is Week ! Là, c’est le délire : applaudissements à n’en plus finir et j’ai même, étant passé sur le quai côté gare, vu des gens se lever et quelques un(e)s essayer de danser.

Succès total avec les quelques tubes comme ceux cités précédemment ou Just around the corner joué plus tard et apathie ou désintérêt lors des autres titres. Dommage, car même si, comme je l’ai dit, je ne suis pas très fan de ce groupe ou de leur style de musique, les morceaux étaient interessants avec, en particulier, un très joli duo acoustique entre Peter et Anna LaCazio sur une superbe mélodie. A un moment, Peter  Kingsbery reprendra la main avec la version anglaise de SOS d’un terrien en détresse magistralement interprétée mais les chansons suivantes, pourtant assez réussies et portées par d’excellents musiciens (en particulier le batteur), ne réussiront pas à recaptiver les spectateurs. Même la présentation des musiciens qui est souvent le point d’orgue d’un concert sera molle, molle… avec des applaudissements de courtoisie sans plus.

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Le pire et c’est sans doute ce qui m’a le plus agacé, ce fut le dernier morceau pourtant méga-connu The promise you made. Contrairement aux autres succès, ils ont choisi de l’adapter, d’en faire une reprise moins conforme à l’original. Si cela ne m’a pas empêché de le reconnaître dès les premiers accords (devant témoins), cela n’a pas été le cas du public toujours autant désireux d’avoir un décalcomanie parfait de ce qui passe à la radio et ne voulant pas s’embarrasser de délires artistiques ou acoustiques. Il a presque fallu arriver au refrain pour qu’il s’y retrouve restant toujours un peu décontenancé par cette nouvelle orchestration. Décevant, car sur scène, ils se sont donnés, autant les musiciens, Anna que Peter visiblement heureux même si son visage donne toujours l’impression qu’il souffre d’une crise hémorroïdaire aiguë lorsqu’il chante.

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Triste fin de concert : applaudissements discrets, plus de la moitié des spectateurs descendant des gradins ou traversant le pont sans aucune discrétion et aucun rappel ! Encore une fois quitte à me répéter, à radoter même (normal, c’est de mon âge), Cock Robin est loin de figurer dans mon Panthéon de la Pop. Mais laisser se casser, comme ça, sans une salve de bravos ou au moins quelques petites demandes de rappel, un groupe qui s’est défoncé sur scène pendant plus d’une heure, c’est à gerber ! Manque de correction élémentaire et de reconnaissance pour ceux qui, l’espace de quelques chansons, les auront fait vibrer.

Au final et pour résultat des courses, Cock Robin +2, Public -50 ! Première fois de cette saison que je critique les spectateurs, il faut bien un début. Je vais quand même essayer   de nuancer mon propos. Me retrouvant au bar (poste d’observation idéal et préféré tant pour le Jack Daniels que pour les rencontres), j’ai discuté avec pas mal de touristes présents. Facile, déjà parce que je suis un garçon excessivement sympathique(si,si)  et surtout parce que le simple fait d’avoir un badge autour du coup, leur donne l’impression de parler à un grand reporter revenant de Syrie avant de se rendre aux J.O. et travaillant pour CNN ou BFM.

Bref, tous apprécient 1/ le fait que le concert soit gratuit 2/le choix des artistes (même si beaucoup ne connaissaient pas Renaud Hantson et si, à titre personnel, leur amour de Gilbert Montagné m’effraie un peu) 3/ les écrans géants et enfin, l’aspect indéniablement esthétique du lieu. Au chapitre des griefs, en revanche, la difficulté/l’impossibilité de trouver des places assises en face de la scène, le casse-tête nord-coréen pour trouver une place de parking, la sonorisation non égale selon les quais et, enfin, le manque de rapport direct avec l’artiste. On en revient ainsi à la question, abordée dans l’article précédent, de la scène flottante. Fausse-bonne idée ainsi que l’écrivait l’un de nos lecteurs en commentaire. Peut-être ! Beaucoup se posent également la question de savoir si le Parc de Belle-ïle ne serait pas plus adapté ? Pour avoir assisté à la Nuit du Jazz, je répondrais oui sans hésiter mais les spectateurs n’étaient pas aussi nombreux.

Attendons les prochains concerts pour nous faire une idée. Cela ne nous empêchera pas de remercier et féliciter encore une fois le personnel de la Mairie en charge de cette animation pour le travail accompli, leur compétence et leur cordialité. 

 

Comme d’habitude, les photos sont de l’excellentissime “Magic Play-Boy” Philippe Trépagny que nous remercions pour son talent, sa gentillesse et son amitié !