Ainsi que nous vous l’avions annoncé dans un précédent article, c’est dans le cadre charmant, ouvert au public pour l’occasion, de la butte du château de Pézenas que s’est déroulée la première des rencontres littéraires 2012 organisée par les Amis de Pézenas. Première rencontre placée sous le signe de l’intelligence, de la simplicité mais également de l’humour, ainsi que vous pourrez le découvrir dans les différentes vidéos, puisque que l’invité n’était autre que Jean-Claude Carrière.

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Écrivain, scénariste, parolier, metteur en scène, acteur… on n’en finit pas de décliner les qualificatifs qui peuvent définir son trajet professionnel. D’autant que “le mot définir ne lui convient pas car dedans il y a le mot finir”, ainsi que le disait joliment Emmanuelle Dancourt. Il avait prévu d’être historien mais s’orienta vers une autre carrière. Il est devenu historien de l’âme, de ses tourments et des trépidations du coeur mêlant la grande Histoire avec les petites. L’une de ses maximes préférées est “Si tu fais une chose, fais en une autre !”. Et c’est ce qu’il a fait butinant idées et témoignages au cours de ses rencontres et s’essayant avec toujours beaucoup de réussite à différentes disciplines. Partisan d’une certaine dispersion, voire du désordre, il a construit une oeuvre foisonnante et riche.

Voila une introduction bien cadrée mais qui ne reflète qu’une partie de ce personnage. A titre personnel, je pourrais volontiers m’enorgueillir d’avoir toujours connu et reconnu Jean-Claude Carrière, tel tout bon intello frêle des années 70 qui se respecte. Certes, durant mon adolescence torturée, je m’étais rué au ciné-club de mon quartier voir les films de Luis Bunuel. Simplement, je crois me souvenir qu’à l’époque j’étais plus fasciné (et le mot, tout comme la chair, est faible) par le soutien-gorge blanc et les bas de Catherine Deneuve dans “Belle de Jour” que par la qualité de l’écriture du scénario. De même, du film “La Piscine”, j’avais plus en tête et dans les yeux les formes généreuses, la peau bronzée de Romy Schneider ou la fulgurante beauté d’Alain Delon que la valeur intrinsèque de l’histoire et encore moins le talent de son auteur. Ce même Delon, agaçant au possible dans son petit slip noir (alors que le même porté par moi ressemblait plus à un pansement ou à un bermuda) et dont je n’arrêtais pas de m’auto-persuader qu’il ne devait être qu’un sale con, ignare et détestable me faisant ainsi oublier mon physique disgracieux et mon acné dévorante.

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Non, la première fois que je me suis réellement intéressé à Jean-Claude Carrière, même si je l’avais vu et écouté auparavant, c’est en voyant “La Controverse de Valladolid” à la télévision en 1992. Superbe téléfilm magnifié par un trio d’acteurs impressionnant : Jean-Pierre Marielle, Jean-Louis Trintignant et Jean Carmet. Dans toute histoire d’amour ou d’amitié, il faut un déclic et pour moi, c’est “La Contreverse” qui remplit ce rôle. Mais dés lors, de ma part, j’ai souffert quelque temps d’une jeanclaurecarrièrite aiguë. Devais-je m’en plaindre ? Certainement pas ! Grâce à lui, j’ai découvert Pierre Etaix, revu les films de Bunuel ou Deray sous un “angle” différent, réappris à quel point il pouvait être agréable de picorer dans des livres sans pour autant les finir mais pouvoir à tout moment les reprendre en se livrant au même exercice avec tout autant de satisfaction.  J’ai même la faiblesse de croire que son adaptation du chef d’oeuvre d’Edmond Rostand est pour beaucoup dans ma reconnaissance tardive de l’immense talent de Gérard Depardieu.

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Organisée avec passion et intelligence par LES AMIS DE PEZENAS (dont nous reparlerons dans un prochain article, celui-ci étant déjà fort long), cette rencontre avait pour principal objet son dernier ouvrage “Mémoire espagnole” où il livre les souvenirs intimes de ses séjours en Espagne, à Tolède, à Madrid, à Barcelone et parle de ses rencontres avec des personnages comme BuñuelDali ou encore Bergamin.

Dans cette première vidéo, Jean-Claude Carrière revient sur tous les clichés que l’on accole à l’Espagne et nous explique sa découverte de ce pays, de sa culture et surtout de sa langue.

 

Le contraire de la vérité, ce n’est pas l’erreur. Le contraire de la vérité, ce n’est pas le mensonge. Le contraire de la vérité, c’est la raison.” Cette phrase de Bergamin résume bien la pensée espagnole si différente de la nôtre telle que la décrivait Rivarol en affirmant “Tout ce qui n’est pas clair n’est pas français”.

 

Auberges espagnoles, sexe, plaisir, pudeur et humour pour cette troisième vidéo.

 

Quatrième vidéo où il est beaucoup question d’humour espagnol, du cultissime (pour certains) Jess Franco et de vin.

 

Dernière partie où Jean-Claude Carrière se prêta très aimablement au jeu des questions du public (le son étant très faible, nous avons préféré remplacer l’oral par des sous-titres espérant que les différents intervenant nous pardonneront cet artifice technique).

 

Très franchement, j’espère que vous avez pris autant de plaisir à regarder ces vidéos que nous à les réaliser et les monter. On ne peut qu’être enthousiaste et reconnaissant vis-à-vis des AMIS DE PEZENAS d’avoir réussi à faire venir un tel auteur et pour la qualité de leur accueil.

Preuve qu’il y a de la place pour ce genre de rencontre et que beaucoup de personnes sont en demande : le succès populaire indéniable de cette entretien ! Les 100 chaises disponibles furent très rapidement occupées et il fallut apporter des bottes de paille (ce qui renforçait l’atmosphère champêtre du lieu) pour pouvoir faire asseoir l’ensemble des personnes présentes dont le nombre se trouvait doublé par rapport aux objectifs de départ.

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Nous passerons prochainement un article complet sur les AMIS DE PEZENAS vous permettant ainsi d’avoir plus de détails sur l’ensemble de leurs activités et de leurs projets. En attendant, vous pouvez les contacter à l’adresse suivante : 3 Rue Albert Paul Alliés  34120 Pézenas Tél. 04 67 98 11 82

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