Exposition « Mercury retrograde » de Margaux Fontaine

du 18 octobre au 2 novembre 2019 à la Galerie Annie Gabrielli – Montpellier

Vernissage le jeudi 17 octobre à partir de 18:00 en présence de l’artiste

 

Invitée par le centre d’art contemporain de Nîmes dans le cadre d’un format hors les murs, c’est dans l’espace de la Galerie Annie Gabrielli, à Montpellier, que le premier solo show de Margaux Fontaine se tiendra du 17 octobre au 02 novembre 2019.

C’est le deuxième évènement hors les murs du CACN qui fait suite à la première exposition collective Présages, qui s’est tenue au Lieu Multiple durant le mois
de mars 2019. À cette occasion, des peintures de l’artiste étaient présentées. Pour l’exposition personnelle « Mercury Retrograde », où dimension cosmique et révélation symbolique entrent en friction, c’est une sélection de peintures et de dessins qui sera montrée au public. Ainsi, au détour d’une invitation dans les pages du magazine, Margaux Fontaine nous parle de son approche de la peinture, de féminisme et d’esthétique mainstream, deux pans de sa pratique qu’elle revendique dans une forme de militantisme pictural.

À travers les réponses de l’artiste, on comprend lorsqu’elle explique son désir de renouer avec la nature, les astres, les arbres et tout ce qui vient de l’essence même du monde, l’évocation d’une relation sensible entre l’univers et l’humanité.

Affiche expo margaux fontaine

 

En écho au regard porté sur le monde par Margaux Fontaine, « Mercury Retrograde », le titre de l’exposition, évoque la régression de Mercure à trois périodes de l’année. Ce phénomène induit des effets sur la psyché humaine, il est lié à l’interprétation du mouvement des planètes au sein de notre univers. Ce moment acquiert pour l’artiste une nouvelle symbolique, celle d’un renouvellement par l’acceptation d’un état négatif.

Quant aux figures présentes dans les œuvres de Margaux Fontaine, elles retentissent avec ce phénomène et semblent entrer en lutte, une lutte nécessaire au dépassement de soi. Elles sont incorporées dans des méta-images, leur existence dépendant d’une première forme de réalité, d’une intermédialité. Dans les œuvres de l’artiste, elles s’affranchissent de l’oppression du support initial par la force de l’acte pictural. Libérés du souvenir de l’image première, de sa puissance signifiante et mensongère, les femmes et les hommes représentés se délectent d’une force nouvelle émancipée de l’autorité du filtre médiatique. La source des images où l’artiste vient puiser son inspiration est celle des réseaux sociaux, d’Internet et des magazines. Ce corpus visuel inépuisable, caractérisé par une surenchère des images, confirme son propos. Elle explique que dans sa pratique « les sujets instagrammables, modèles consommables enchaînées, objets de désir sombres tentent de devenir des figures de révolution ». Ainsi, à la source première des images médiatiques dépossédant l’humain de sa réalité symbolique, l’artiste y répond par le pinceau. Tout en convoquant des symboles qui redirigent l’attention sur l’essence même des personnages, elle concourt à leur rendre leur honneur et leur légitimité. Si les fantômes présents dans l’œuvre Désastres semblent murmurer les fautes commises et erreurs du passé à l’oreille des personnages, c’est par l’étincelle présente dans les yeux des hommes que l’opprobre est oublié. Ce que prône l’artiste, c’est une ré-appropriation des valeurs des personnages ayant été dépossédés de leur substance sensible, au cours de leur première existence médiatique. C’est dans le refus de l’illusionnisme que l’artiste s’emploie à redonner aux êtres leur part d’humanité.

C’est alors que l’on pourrait dire des œuvres de Margaux Fontaine qu’elles oscillent en permanence dans une confrontation ultime de deux aspects paradoxaux, le désenchantement symbolisé par la perte de l’illusion et l’aspect libérateur de celui-ci. Ce sont en effet des contraires qui entrent en tension par le châtiment à l’œuvre dans la série des Dreamers. Dans celle-ci, des hommes semblent souffrir d’une destinée tragique. Leur drame, celui de se consumer pour l’éternité, est invoqué par l’esthétique mainstream que l’on retrouve dans ces flammes renvoyant aux motifs peints sur les carrosseries des voitures tuning. Cet instant dramatique n’est autre que ce moment où l’ego masculin disparaît en s’écoulant sur le visage de ces hommes, une étape de purification de l’être imposée par le filtre pictural, par la main de l’artiste. L’œuvre de Margaux Fontaine répare ce qui a été endommagé, supprime l’illusion et les filtres apposés en libérant les personnages de l’image qui leur a été imposée par les sociétés contemporaines. Par la mise à mal du simulacre, de son aspect prétendument factice, c’est la part de vérité en chacun de nous qui est révélée. Ainsi, avec les portraits de la série Witch Gang et leur slogan « Tout quitter » que l’on serait tenté de scander, l’artiste rend la voix à ces sorcières qui s’érigent en tant que figures emblématiques et engagées, tout en laissant s’évader la simple apparence au profit d’une reconnaissance symbolique.

À travers ses peintures et dessins, Margaux Fontaine évoque ce à quoi nous sommes attachés, ce qui nous lie, ce qui nous passionne et nous dévore, nous enferme, nous emprisonne et nous harcèle, dans une forme de militantisme pictural. De même qu’elle se libère du simulacre de l’image par ces figures à la fois engagées, passionnées, charnelles, mystiques et sacrées, elle nous inflige par son acte l’acceptation de nos faiblesses et contradictions pour engager une bataille symbolique : celle de la contemplation de soi pour toucher le sublime et se délivrer de l’oppression du monde.

Laureen Picaut, octobre 2019

 

Site web de l’artiste : www.margaux-fontaine.com

Site web de la Galerie : www.galerieanniegabrielli.com

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Galerie Annie Gabrielli. 33 avenue François Delmas (av. de Nîmes) 34000 Montpellier