Mademoiselle Braun… dernière ligne droite !

Une des dernière répétitions et, comme d’habitude, l’impression qu’il y a encore beaucoup à faire.

Mais, et c’est le miracle, sans cesse renouvelé, précédant toute représentation théâtrale : tout est sous contrôle… TOUT EST PRÊT !

Pascal et Hervé nous offrent quelques réflexions sur le rôle de la musique dans la mise en scène de l’œuvre et sa représentation.

 

Qui êtes-vous Mademoiselle Eva ?

Eva Braun est-elle une ingénue qui s’ignore ou, au contraire, une fausse naïve qui, sans trop se poser de questions, adhère à des idées qui, finalement, sont les siennes ?

Quand elle aborde les responsabilités de la guerre, elle va faire le tour des populations européennes. Du Bolchevique honni au Français à « face de p…te » nul n’aura grâce à ses yeux et, en première lieu, l’Anglais, tapi dans son île, à l’origine de tous ces événements. Aveuglement coupable, manque de recul, prise de position dictée par l’intérêt, par l’Amour (?)…

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Au fur et à mesure du déroulement de l’action, des pages tournées de cette histoire si connue qu’elle en devient inédite, le spectateur transformé en témoin oscille en permanence entre des sentiments les plus contradictoires !

La première biographie scientifique de Heike Görtmaker cherche à réviser l’image du mannequin blond et apolitique auprès du Führer. Selon le biographe, derrière le bonheur exagéré de Braun, il y avait une femme extrêmement résolue qui s’efforçait, avec une dureté incroyable, d’atteindre ses objectifs, jusqu’au dernier recours : la mort !

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Le jeu de Léa le Moël, sobre et convaincant, s’enrichit tout au long de cette “montée au calvaire” de celui de Pascal et Hervé. Musique d’appoint ? Certainement pas ! Le dialogue entre basse et trompette, parfois à la limite du discordant mais jamais disharmonieux, marqué par des silences “hurlants”, c’est aussi le supplément d’âme apporté au texte original par la mise en scène de Kader Roubahie.

Le texte d’Ulrich Hub sait entretenir toute l’ambiguité en y introduisant d’étonnantes références. Eva chantant Sonny Boy 

Climb upon my knee, Sonny Boy,
Though you’re only three, Sonny Boy,
You’ve no way of knowing,
There’s no way of showing,
What you mean to me, Sonny Boy.

évoque, bien sûr, le film Le Chanteur de jazz (1927) dans lequel cette chanson est interprétée par Al Jolson, sous les traits… d’un Noir ! Dans l’optique des théories raciales, trop connues, prônées par le IIIe Reich, voir et parler de ce film, de cette chanson, a quelque chose d’incongru.

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Un spectacle, et peut-être plus, à voir SANS FAUTE !

Marc Ely (IDHérault)

Mademoiselle Braun

Ulrich Hub

Cie C’est Maintenant

8 et 9 mars – 20h30

Théâtre Beaux Arts Tabard

17 rue Ferdinand Fabre

34000 Montpellier
04 99 62 83 13