Le Malade Imaginaire

de Molière

par FACE B Prod’ et Théâtre Petit Comme un Caillou

avec

Stéphane Hervé, Camille Bagland, Corinne Maillé, Caroline Boogaerts, Laurent Quentier, Clément Barmora    

Cour d’Honneur – Faculté de Médecine

MONTPELLIER

7 août – 19 et 21h

spectacle programmé par l’OT de Montpellier

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Un malade toujours bien portant !

Comme je suis bien aise de retourner dans cette cour d’honneur de la faculté de médecine de Montpellier !

Voilà un an, je rêvassais dans ce décor, en plein air, pensant  aux étudiants et à mon fils, en particulier. Eux qui avaient « fait médecine » dans cette prestigieuse université!

La Cie Théâtre Petit Comme un Caillou nous avait offert leur « Médecin malgré lui » et aujourd’hui, 7 août, bis repetita pour nous présenter « Le malade imaginaire« .

Qu’en pensez-vous, Barthez et Lapeyronie, installés hiératiquement de part et d’autre de la grande porte, en entendant et en voyant se dérouler la comédie du Sieur Molière qui ne « prend pas de gants » pour s’amuser des médecins et de la médecine ? De son époque, certes… mais dirait-il la même chose aujourd’hui ?!

Les malades d’aujourd’hui sont-ils toujours autant « attachés » à leurs traitements comme l’est notre  » malade imaginaire » à son apothicaire et à son médecin, Monsieur Purgon ?…

Toinette, la servante, se gausse bien de son maître et ne le prend pas au sérieux: »Quel mal avez-vous pour qu’on vous donne tant de médecines ? » Notre malade, enferré dans ses convictions, répond inlassablement : « Les médecins en savent mieux que tout le monde ! »

Pour sa propre sécurité, il voudrait marier sa fille, Angélique, au fils d’un médecin, futur médecin lui même. « C’est pour moi que je lui donne un médecin, pour la santé de son père !« .  Toinette répond : « elle n’y consentira point !« . Ce qui; bien sûr, ne va pas sans affrontement entre Argan et sa servante : « Toinette est devenue insolente, cette coquine me fera mourir ! »

Pour aider sa jeune maitresse dans ses projets amoureux, voilà la machination de la servante: elle se travestit en médecin. M. Diafoirus et fils renvoyés, laissant « le malade » à sa « mauvaise constitution », elle se présente en déclarant : « Je suis un médecin de la médecine!« . La comédie prend et notre malade à son tour le « remercie des soins que vous avez pour moi« !

Nous nous souvenons des échanges entre faux médecin et « malade » où le premier entre exagérément dans le jeu de l’autre :  « Je veux que vous ayez toutes les maladies »!… » C’est du poumon que vous êtes malade!… Le poumon! …Le poumon!. »

La servante, toujours dans son rôle de médecin, met son maître en face de la réalité. Sa femme ne l’aime pas, elle attend sa mort pour hériter de ses biens alors que sa propre fille Angélique a de vrais sentiments. « Quelle consolation trouver après une si grande perte ? Je pleure la mort de mon père ! » affirme-t-elle, abattue par la douleur après l’annonce du « décès ».

Ce constat, malgré hésitations et atermoiements, remet à Argan les pieds sur terre.

Toinette, redevenue elle-même, insiste. « Monsieur, serez-vous insensible à tant d’amour ? »

Mais on se débarrasse difficilement d’une « folie » aussi tenace et il faudra faire avec !

 » Tu es ma fille, je suis bien aise de voir ton bon naturel ! Faites-vous médecin, si vous voulez ma fille ! »

« Faites-vous médecin vous-même ! »

« On a qu’à porter l’habit et le bonnet ! »

Vous l’aurez compris, on n’est pas sorti du cabinet médical et ce n’est qu’en acceptant les arrangements cités plus haut que le père/patient consentira au mariage de Cléante et d’Angélique !

Mais, tout est bien… qui finit bien !

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Stéphane Hervé, le metteur en scène/acteur principal de cette comédie, l’achève, comme il l’a commencée, en reliant le « malade imaginaire » à des rubans qui  l’attachent symboliquement à ses convictions, à ses croyances, aux manipulations, bienveillantes ou non de ceux qui l’entourent. En cela notre époque n’a pas changée, ne sommes nous pas, tous, plus ou moins des « malades imaginaires » ?

Merci à Stéphane Hervé et aux acteurs de la Cie pour une reprise qui, on le souhaite, en appellera bien d’autres !

Merci à la Cie Théâtre Petit Comme un Caillou, implantée depuis 2011 au Crès, près de Montpellier.

« Si vous n’aviez pas été là, ça aurait été différent« ,  je retourne avec plaisir et conviction le compliment à la troupe, sans oublier personne !

MFT, pour IDHERAULT.TV

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