MAISON DEPARTEMENTALE DE L’ENVIRONNEMENT – ARTOTHÈQUE MONTPELLIER

Du 1er au 23 septembre la Maison Départementale de l’Environnement et l’Artothèque Montpellier présentent :

TO BE(E) OR NOT TO BE(E)

            biodiversité et insectes pollinisateurs

Trente-six artistes pour traiter d’un thème fort, au cœur de notre avenir et de celui de la planète.

Durant les quelques semaines nous séparant du quatorze septembre, date du vernissage, nous vous présenterons, par petit groupe, les artistes et les œuvres exposées.

Aujourd’hui coup de projecteur sur six artistes :

Charlotte Aveline, Valérie Billet, Coralie Buffy, Valérie Crausaz,

Jean-François Aubert et Hadrien de Corneillan

to bee the good (1)

Charlotte Aveline

RESTINCLIERES 2018

RESTINCLIERES 2018

Installations, hauteur de 50 à 150 cm (nombre des pièces variable)

Par la performance, le geste créateur et l’installation, Charlotte Aveline nous invite à ressentir, imaginer et réagir. Au travers de ses objets organiques elle recherche la fusion d’un tout au sein du multiple dans un processus inchoatif.

À la recherche du Corps, d’une autre structure, d’une nouvelle peau jalonnant les expressions de sa présence, entre incorporation et séparation au monde, c’est une volonté de mettre en relation l’intérieur et l’extérieur par la symbolique de processus de perceptions et de sensations.
Un corps archaïque et ritualisé au sein d’une culture fondée par un mythe personnel où le corps est une matière organique qu’elle tisse à l’encre de ses gestes. L’entrecroisement des fils de chaîne et de trame d’un tissu, appelé «armure», est pour elle ce « mouvement immobile » représentatif du corps primitif.

Ainsi, l’oeuvre se veut interpellante, réflexive et méditative face à ce que nous sommes et à l’incommunicabilité des êtres entre eux.

Branches d’arbres brutes, agglomérées de cire d’abeille non filtrée. Les doigts de diverses personnes ont été moulés dans l’argile, dans des petits pots.

Les pollinisateurs sont en déclin dans le monde entier, les facteurs anthropiques liés à ce déclin incluent les changements d’habitats, l’agriculture intensive, les pesticides, les espèces exotiques envahissantes, la propagation des agents pathogènes et le changement climatique. Cet ensemble de branches représente un état de transformation inéluctable. L’immobilité de la fusion des formes données par la nature et le sentiment de mobilité dû à l’installation de ces branches devenus sortes de bâton. Est-ce celui du Berger, ou sont-ce des bâtons chamaniques capables de nous guider sur le chemin de la perte de notre humanité ? Ces objets organiques nous procurent de la chaleur et des odeurs, puis comme du réconfort et une once de gêne aussi. L’hybridation est-elle possible? Deviendrons-nous nos propres colonisateurs?

 

Valérie Billet

RESTINCLIERES 2018« Et demain » – 81×54

Ma peinture est figurative, colorée, sensible, la lumière y occupe une place importante. Je suis très touchée par l’humain, ‘l’autre » en tant qu’entité… par la fragilité de nos réalités. J’aime jouer, grâce à l’acrylique, sur les contrastes, flou, précision, opacité, transparence, afin de donner un vision décalée de la réalité, d’un moment fugace qui retient mon attention. L’utilisation de posca, me permet de renforcer ce filtre personnel. Par ailleurs, j aime travailler sur des longues séries – «Les lits», «Sous-bois», «S’asseoir sur un banc», «Le tram», «Sète» – qui me permettent d’exprimer  et d’exploiter tout mon ressenti en liaison avec le thème.

La thématique essentiellement touche à notre responsabilité, face aux futures générations, dans la préservation de la biodiversité.

J’ai voulu montrer un enfant dont le regard nous interroge. Dans son environnement, urbain, la nature n’a pas sa place et l’enfant, lui-même, est évanescent, presque irréel. Cette œuvre renvoie à notre fragilité, à la fragilité de notre espèce et à la nécessité de protéger notre Patrimoine.

Si les pollinisateurs disparaissent, les espèces végétales et animales déclineront également. Que resterait il dans ce scénario catastrophe ? Les constructions de l’homme et… ses déchets. Mes « Blocs »sont à l’image de ce monde désertique. Ces objets qui pourraient nous renvoyer une image de pérennité et de solidité, nous rappellent, par leurs fissurations et tant ils paraissent usées, érodées par le temps, toute notre fragilité.

VB1« Blocs » – 15/30 chacun

Coralie Buffy

RESTINCLIERES 2018

« Le Monarque », huile sur toile de lin, 2017. Dimensions : H. 32,5 cm/L. 55 cm

Coralie Simonet (Buffy) est une jeune artiste, autodidacte, elle s’est formée au travers du travail des peintres qu’elle aime : Claude Monet et Anders Zorn.

« C’est avec des heures de travail, un nombre incalculable de ratés, et une curiosité insatiable que je finis par trouver mon style et mon coup de pinceau. »

Avec « Le Monarque », toile réalisée avec seulement deux couleurs : le jaune et le bleu (plus le noir), elle veut insister sur la légèreté face à la densité, le vivant face au minéral inerte.

Un être vivant, habitué à vivre dans une végétation luxuriante, contraint de traverser un désert ! C’est à la fois ce que vivent ces insectes pollinisateurs et ce qui arrivera si l’on n’agit pas pour les préserver. Sans eux, les plantes ne peuvent pas se reproduire et nous ne pourrons plus nous nourrir.

Valérie Crausaz

RESTINCLIERES 2018

« La forêt aux renards », fil de fer, papier mâché, pigment et colle à bois, 2016. Dimensions : h.150cm, L. 100 cm, l. 60 cm.

« Quelque chose gronde dans la peinture de Valérie Crausaz ; quelque chose dont ni le peintre, ni nous-mêmes ne pouvons encore dire le nom…

Est-ce toute la colère, tout le poids du monde ainsi porté à bout de bras graciles et suppliants…
Je fais confiance à l’artiste, c’est-à-dire à l’être énergique et têtu qui fait de son désir et de son courage la raison même de sa propre vie.
Toute vraie peinture commence par cette quête aveugle et pathétique d’un espace singulier, d’un lien qui nous est propre et où, par les effets du travail continu et d’une insistance sans faille, l’innomé va peu à peu se muer en un miroir où nous reconnaître et l’épouvante fondatrice laisser doucement place à un espace cultivé. » 
Vincent Bioulès, (juin 1996)

Aujourd’hui, ce n’est pas un tableau, ni une peinture à la cire (cire et abeilles !), que nous livre Valérie Crausaz et pourtant on y retrouve toute la force, tout « le poids du monde », bien présents dans le texte de Bioulès … en 1996.

« Je travaille la matière au corps à corps » Valérie Crausaz (1994)

 

Jean-François Aubert

RESTINCLIERES 2018

« Je suis allergique aux pollens… et moi aux pollens bio », toile,  100/100

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« Elles ne savent où aller… » diptyque, 100×100 + 80×100

La boule de papier, froissée, écrasée, est ressentie par l’artiste comme l’expression du rejet et de l’exclusion.

Il humanise donc cette matière, qui devient « petites gens », « gens de peu », « gens de rien», et leur donne l’occasion d’avoir encore quelque chose a dire au sujet de l’art, des dérives du monde, de l’environnement, etc.

C’est avec humour que ces personnages nous rappellent parfois les aléas, souvent terribles de la condition humaine, mais également l’expression de moult petits bonheurs.

Jean-François Aubert partageait, en juin, une vidéo de France Inter, l’édito carré de Mathieu Vidard, mettant en évidence la disparition prochaine des abeilles et surtout présentant clairement nos responsabilités. Son commentaire est sans appel, colère et consternation mêlées : « Non mais franchement, les abeilles là, sous nos yeux, en train de disparaître ! Des millions d’années d’évolution anéantis par nos pratiques de crétins ».

Jean-François Aubert et ses « boules de papier » participent, avec humour, à  à cette prise de conscience et mettent le doigt là où cela fait mal… même si cela fait rire. Humour, certes, mais il n’en reste pas moins que c’est au service d’une cause grave !

 

Hadrien de Corneillan

RESTINCLIERES 2018

Œuvres – présentées dans des vitrines sur socles bois.

 » Ce petit jardin, c’est comme un rêve d’enfant : un potager, des massifs fleuris, un bassin, des pas japonais, un banc pour lire à l’ombre… c’est une vie incroyable, une biodiversité insoupçonnée qui s’installe… un jardin sauvage, jardin naturel… »

Ce jardin à Argilliers, membre du réseau « Humanité et biodiversité », c’est le choix d’Hadrien pour « changer d’air » et accessoirement de métier. Du barreau il est passé au manche des outils de jardin et des pinceaux. Manifestement, il en est heureux. Mais ce n’est pour autant qu’il se satisfait de la situation des abeilles et du danger que notre société fait courir aux insectes pollinisateurs et, partant, à tout notre environnement végétal. Sa participation à « To bee or not to bee » renvoie à son plaidoyer que, grâce à l’art, il espère faire entendre et accepter au plus grand nombre.

Peintre, mais aussi plasticien, Hadrien de Corneillan travaille différents angles du rapport de l’homme à la nature. Pour cette exposition, il propose son travail autour des insectes, exclusivement recréés à partir de graines et d’éléments végétaux naturels, à peine retravaillés, dans un esprit presque illusionniste. Par ce travail, il cherche à baisser notre regard, observer sous nos pas et découvrir l’univers des sous-bois. Apprendre la géométrie de la nature, les symétries du végétal et de l’insecte. Chercher dans l’angle d’une brindille de cornouiller la patte d’un capricorne. Voir dans une fougère l’antenne d’un carabe doré. D’une graine de lys, faire naître l’abdomen d’un longicorne.

Contact ARTOTHEQUE  MONTPELLIER

mail : artotheque@artothequeamontpellier.fr

www.artothequeamontpellier.fr

TO BEE OR NOT TO BEE

Domaine départemental de Restinclières

PRADES-LE-LEZ