LE SACRE DU PRINTEMPS

JOHN ADAMS  né en 1947
The Chairman dances, foxtrott pour orchestre

MAURICE RAVEL  1875-1937
Concerto pour piano en ré Majeur «pour la main gauche»

IGOR STRAVINSKY  1882-1971
Le Sacre du printemps
1er Tableau : L’Adoration de la terre
Introduction – Augures printaniers – Danse des adolescentes – Jeu du rapt – Rondes printanières – Jeu des cités rivales – Cortège du sage – Le Sage – Danse de la terre
2ème Tableau : Le Sacrifice
Introduction – Cercles mystérieux des adolescentes – Glorification de l’élue – Évocation des ancêtres – Action rituelle des ancêtres – Danse sacrale

Bertrand Chamayou  piano
Orchestre Philharmonique de Radio France
Santtu-Matias Rouvali 
direction

OPERA BERLIOZ – Le Corum

22 juillet – 20h

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Danser avec Mao ou célébrer le printemps ?

Un opéra Berlioz des grands soirs, c’est un peu normal, il est des titres dont la seule évocation motive le public.

L’orchestre philarmonique de Radio France occupe largement le plateau et piaffe en attendant l’entrée décidée de Rouvali. Chef charismatique ? Peut-être pas, mais en tous les cas son look et sa démarche en font un « jeune chef » dont la direction, très chorégraphiée, est élégante et fluide.

Belle interprétation de The Chairman dances d’Adams. Dansante, incisive, cette pièce prélude à l’opéra Nixon in China offre, simplement, un moment de musique. Quand une œuvre est bonne, c’est étonnant, elle s’inscrit très vite hors de toute chronologie. Bertrand Chamayou, sans surprise, se sort brillamment du concerto pour la main gauche épaulé et en osmose avec l’orchestre et son chef. Bis un peu guindé avec une pavane en demi-teinte !

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Entracte, beau prétexte à prendre la température du Corum. Du monde, beaucoup de monde, ambiance festival. Salle Pasteur le concert de Miklos Spanyi dans le cadre de Scarlatti 555 est en cours.

Retour en salle et au Sacre. Peut-on dire que l’œuvre a gardé tout son modernisme et sa force sauvage, je n’en suis pas sûr ! Dépouillée de sa chorégraphie elle manque de représentation et, fermant les yeux, je ne peux empêcher un flot d’images : Béjart, Pina… Pourtant Rouvali dirige avec conviction, l’orchestre suit, participe. Un des premiers violoncelles, attendant sa partie, marque le rythme de la tête… il est dedans. Convaincre les musiciens, ça c’est fort !

Triomphe, applaudissements, standing ovation et, cerise sur le gâteau, un geste presque hors du temps, lorsque le maestro Santtu-Matias jette son bouquet en direction du parterre, la classe… et du travail bien fait !

Marc Ely

Vidéo

J. Adams – The Chairman Dances

Anna Wittstruck, conductor, Stanford Symphony Orchestra