rhapsody in blue

GEORGE GERSWHIN 1898-1937

Ouverture cubaine 

Concerto en Fa pour piano et orchestre
Allegro  – Adagio – Andante con moto
Allegro agitato

Rhapsody in blue pour piano et orchestre

Un Américain à Paris

Louis Schwizgebel piano
Orchestre National de France
direction Emmanuel Krivine

Opéra Berlioz/Le Corum

20 juillet – 20h

festival-radio-france-rhapsody-in-blue-20-jui-L-WrJFLb

ONF… pas si sauvage !

Pas de surprises avec l’ONF, c’est un grand orchestre et Krivine un grand chef. Et pourtant, dès l’ouverture, on se prend à à regretter qu’elle soit moins cubaine que française.

Pas une tête ne marque le rythme dans la salle. Il y a toutes les notes, il y a toute la partition de Gerswhin, mais il y manque ce « je ne sais quoi », ce supplément d’âme. Et ce n’est pas la présence, voulue par le compositeur, des quatre percussionnistes cubains qui vont y changer quelque chose. Si Gerswhin était si satisfait de sa collaboration avec Grofé c’était, justement, par cette infiltration du Jazz dans son œuvre ! L’interprétation de Louis Schwizgebel ne souffre, elle non plus, d’aucune critique, peut-être d’un peu de la jeunesse de l’interprète. Si on sait qu’initialement au piano on aurait du retrouver S. Bollani, pas meilleur mais plus mûr, on peut éprouver un certain regret. On a même eu l’impression (dixit une voisine) que le Chef avait « retenu » la fougue de Louis, possible, mais il est sûr que le jeune pianiste manquait de cet esprit jazz coulant dans les veines à la fois du concerto en fa et de la rhapsody.

Hier, j’avais mis mes réflexions sous le fronton de la Danse, aujourd’hui je déplorerai son absence. Depuis l’Ouverture cubaine, initialement Rumba, le Concerto  aux rythmes empruntés au charleston, au blues, la Rhapsody et l’Américain, c’était rythme à tous les étages et swing à volonté. Il ne faut pas oublier que la presse avait annoncé, en 1924, un Jazz concerto.

krivine_onf_radiofrance

L’ONF, Emmanuel Krivine et, peut-être à son corps défendant,  Louis Schwizgebel, sont restés à côté de l’express way, ratant la sortie pour Broadway.

Je n’irai pas jusqu’aux réflexions de deux de mes voisins de siège, allant de « l’orchestre est nul » à c’est du « Sibelius », mais quelques regrets pour une soirée Gerswhin un peu guindée.

D’autant qu’Emmanuel Krivine peut avoir de l’humour et du sens de la repartie lorsqu’offrant en bis un extrait de l’Américain, il fait remarquer que pour certains on y entend le camion du laitier au petit matin, « Paris s’éveille » dirait Dutronc !

Alors, si on dansait… quand même !

Marc Ely

 

Liens

L’ONF sur le site de Radio France

http://www.maisondelaradio.fr/concerts-classiques/orchestre-national-de-france

Site de Louis Schwizgebel (en anglais)

http://louisschwizgebelpiano.com/