Folies d’O

LA FILLE DU REGIMENT

de Gaetano Donizetti
Opéra-comique en 2 actes

Direction musicale: Jérôme Pillement
Conception, mise en scène, décor, costumes et vidéo: Shirley et Dino
Lumières: Jacques Rouveyrollis
Vidéo: ID Scènes
Vidéastes: Julien Meyer et Julien Cano

LA FILLE DU REGIMENT (3 sur 18)

Distribution :

Marie: Anaïs Constans
Tonio: Julien Dran
Sulpice: Lionel Lhote
Marquise de Berkenfield: Julie Pasturaud
Hortensius / duchesse de Crakentorp: Jean-Vincent Blot

Chœur de l’Opéra national Montpellier Occitanie, direction Noëlle Gény
Orchestre national Montpellier Occitanie

Spectacle en français, surtitré

Coproducteurs : 

Folies lyriques, Opéra Royal de Wallonie-Liège et Opéra Grand Avignon

Une dernière représentation : ce dimanche 8 juillet à 22h

Amphi d’O

LA FILLE DU REGIMENT (9 sur 80)

Retour sur « La fille du régiment »

Pain, amour et belcanto

« Faire rire, émouvoir, enthousiasmer reste notre unique désir« . Cette profession de foi de Corinne et Gilles Benizio, les metteurs en scènes inspirés, peut s’afficher en début et en fin de ce retour, elle résume bien le sentiment qui nous suit , nous saisit, nous anime, tout au long de cette promenade transalpine.

Shirley et Dino resterons, ce soir, davantage une image, envahissant une affiche un peu racoleuse, qu’une réalité ! Si notre duo comique apparaît, en « guest » au cours de la représentation c’est plus pour sacrifier à leur renommée que pour apporter un plus à un travail qui, lui, est remarquable. Alors, et ce sera mon seul bémol, si vous êtes venus pour Shirley et Dino c’est avec Corinne et Gilles que vous avez passé ce long « bonheur lyrique »… et c’est très bien.

Deux heures et quart de plaisir pour les oreilles, certes, mais aussi pour les yeux. Anaïs Constant, campe une Marie, enjouée et « nature », servie par la voix souple et puissante de la jeune cantatrice. Côté masculin, le ténor Julien Dran tire avec aisance son épingle du jeu dans le difficile exercice des contre ut, dont est bien équipée sa partition. Ajoutons un Sulpice convaincant, une marquise et une « duchesse » emplies d’allant et tous les autres, choristes et musiciens, excellents et actifs. Les interpellations du plateau à la fosse pour réclamer au maestro Pillement, un peu plus de ceci, un peu moins de cela… participent à cette ambiance de complicité et de connivence souriante. Quant aux yeux ils n’ont pas été oubliés avec un décor novateur et imaginatif. Projetées sur des formes plates et neutres, photos et vidéos, en mapping, recréent un environnement magique. Les vitraux de l’église saupoudrent de taches multicolores sols et mobiliers, le vent souffle dans les branches, les oiseaux traversent le mur de fond et les heures s’écoulent au fil des nuages et du parcours du soleil. Le procédé permet même, dans le superbe château de la marquise, aux toiles de prendre vie et à la statue dans une posture acrobatique de changer de pied… clin d’œil à l’univers de frères Marx et des Monty Python.

LA FILLE DU REGIMENT (43 sur 80)

Corinne et Gilles aiment l’Italie, le belcanto, mais ils aiment aussi la dérision, le comique de circonstance du cinéma italien, celui de Fellini, de Sica, Risi e tutti quanti ! Cela se voit, s’entend, pour notre plus grand bonheur.

Pour le reste, histoire plutôt banale, livret ne volant pas trop haut, on oublie très vite submergé par humour et fantaisie.

Une fille du régiment dotée d’un régiment d’arguments à commencer par l’amphi d’O, lieu propice à ce type de création, surtout lorsque la météo est d’accord.

Encore une saison de Folies d’O qui laissera sa petite pierre blanche, subtilement parfumée à la grappa et au parmesan !

Marc Ely

LA FILLE DU REGIMENT (26 sur 80)

(crédit photos : Thierry Montech)

AMPHI D’O

Domaine d’O

Rue de la carriérasse – Montpellier