PRINTEMPS DES COMEDIENS

La Conférence des Oiseaux

Récit théâtral de Jean-Claude Carrière

inspiré par le poème de Farid Uddin Attar « Manteq Ol-Teyr »

Mise en scène : Guy Pierre Couleau

Assistante à la mise en scène : Christèle Carlier

Scènographie : Delphine Brouard

Lumières : Laurent Schneegans

Masques : Kuno Schlegelmilch

Costumes : Camille Pénager

Musique : Philippe Miller

Avec : Manon Allouch, Nathalie Duong, Cécile Fontaine, Carolina Pecheny, Jessica Vedel, Emil Abossolo M’Bo, Luc-Antoine Diquero, François Kergourlay, Sharokh Moushkin Galam, Nils Öhlund

Durée: 1h30

MICOCOULIERS

Domaine d’O

22/30 juin – 22h

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La Conférence des Oiseaux

« L’amour aime les choses difficiles »

Facétieux Guy-Pierre Couleau, parlant de la Conférence lors de la présentation de la saison 17/18 de la Comédie de l’Est, il y a un an : « peut-être, un jour je mettrai en scène ce texte… on verra »

Ça, pour voir, on a vu… et bien vu !

Une approche très travaillée, une volonté de faire harmonieux, consensuel, avec un minimum de décors et de moyens. Une mise en scène ramassée, nerveuse, poétique et imaginative. Le texte de Farid Attar, admirablement théâtralisé par Jean-Claude Carrière, n’en méritait pas moins.

Un casting dont on se dit qu’il ne pouvait mieux coller au propos. Moineau plus vrai qu’emplumé, huppe, héron, perruche, les acteurs les portent à un tel point que, même sans leur masque, il leur en reste quelque chose.

Dès les premiers mots de la Conférence, la huppe ouvre le bec avec autorité pour nous apprendre qu’un jour tous les oiseaux du monde se réunirent en une grande conférence et elle leur annonça « Nous avons un roi, le Simorgh, il nous faut partir à sa recherche. »

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La quête du roi, un parcours initiatique à l’issue duquel on se retrouve face à soi-même. C’est le propos d’Attar repris et adapté par Jean-Claude Carrière, derrière la beauté de la phrase se cache notre condition humaine. Oiseaux, plumes, becs, se trouvent parfois, au fil du texte, transformés en jambes et en bouches . On n’est jamais bien loin …

 

De petits contes, sortes d’ « exempla », viennent émailler le récit de scènes drôles ou cruelles, amusantes ou sarcastique, bien dans la veine du récit oriental. Les connotations scéniques, fort judicieusement, avec un turban par-ci, une posture par-là, remettent régulièrement l’action dans son double contexte. Intemporalité, certes, mais Attar oblige, récit Persan du 13e siècle.

Et face au Simorgh, à ce roi retrouvé, réaliser enfin que « le soleil de ma majesté est un miroir. Celui qui se voit dans ce miroir, y voit son âme et son corps. »

“Cessons de nous dire fourmis et mendiants” et allons à la rencontre de l’autre, seul moyen de nous découvrir, nous-mêmes !

Fin du parcours et de la conférence…

Marc Ely

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Dessin préparatoire pour un des très beaux masques de Kuno Schlegelmilch. “Le paon” pour Nils Ohlund

Micocouliers

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