MONTPELLIER DANSE

2 spectacles :

 Sorour Darabi Météores

SAVUSUN

Agora/Studio Bagouet

23 juin, 16h & 24 juin, 18h

Sylvain Huc Cie Divergences

SUJETS

Théâtre la Vignette

23 juin, 18h & 24 juin, 20h

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Météores

Savušun

CRÉATION

Sorour Darabi est un.e artiste iranien.ne vivant et travaillant à Paris et dans son corps. Après un parcours de performeur dans le milieu artistique underground de Téhéran, et un passage par la formation exerce du Centre chorégraphique national de Montpellier, il.elle crée pour le Festival Montpellier Danse en 2016 le solo Farci.e, une ingestion critique des discours sur le genre, qui sera remarqué par de nombreux festivals internationaux. Pour sa nouvelle création intitulée Savušun, Sorour Darabi s’inspire de cérémonies de deuil du chiisme iranien, pour puiser dans leurs formes ambivalentes des gestes et des émotions contraires : complainte révoltée, douleur sensuelle, abandon viril, puissance vulnérable…

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Ces rituels immémoriaux mêlent en effet la souffrance et la jouissance, des hommes en noir qui se prennent à bras le corps, des mains qui frappent les poitrines, des chants de deuil qui cajolent les âmes, des souffles qui conspirent avec la blessure et le plaisir. Quels secrets bien gardés abritent ces extases masculines ? Quelles émotions inavouables retentissent sous les frappes ? À quelles suppliques de tendresse ou de violence ces corps se livrent-ils ? Refusant les identifications culturelles et sexuelles auxquelles sont toujours assignés les corps des autres, Sorour Darabi crée un solo pour un corps multiple, transi d’émotions anciennes et peuplé de gestes contemporains : comment faire entrer dans un seul corps mille hommes et mille femmes, un peuple en larmes qui chante à voix nue ? Mathieu Bouvier

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Compagnie Divergences
Sujets

CRÉATION
Danser en région

Sous un titre philosophique autant qu’abrupt, Sylvain Huc dissimule une approche qui n’est en rien conceptuelle. « Cette pièce est arrivée de manière inattendue : lors d’une session de recherche avec de jeunes danseurs, des images, des sensations, des visions, ont émergé qui m’ont poussé à continuer », raconte-t-il. À rebours de ses habitudes, le chorégraphe toulousain décide de s’abandonner et d’abandonner Sujets à une écriture des sensations produites par des corps, des sons et des lumières mêlés, une écriture sans repentir, ou presque, qui prend forme en six semaines à peine. Sur une musique étale, hypnotique, du compositeur italien Alessandro Cortini, sous l’éclairage mouvant de projections d’images, des corps se pressent, s’appuient, se froissent, se repoussent, s’agglomèrent. Dans une proximité maximale, ils négocient leur espace de survie, explorent la surface illimitée de peau dont ils sont parties indistinctes, se fondent et s’incorporent, ou, sans raison apparente, s’arrachent, se détachent de la masse pour se retourner contre elle. Dans cette traversée sensorielle volontairement désorientée, Sylvain Huc s’est fait accompagner par Samuel Beckett et son bref récit Le Dépeupleur (1970). « Beckett situe dans un espace contraint des corps obéissant à des lois dont on ne sait rien, explique le chorégraphe. Ces sujets dans lesquels il n’y a personne, selon sa formule, s’efforcent seulement de continuer à être, et c’est déjà beaucoup ». Dominique Crebassol

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Studio Bagouet /Agora

 

Théâtre la Vignette