Exposition PÉRIPHÉRIQUE de David Siodos

du 2 au 24 juin 2018 à la Galerie Open Space Sète

Vernissage le samedi 2 juin à partir de 18:30 en présence de l’artiste

David Siodos, photographe indépendant, parcours la rue à la recherche d’une scène de vie, d’une émotion unique. L’idée étant de dresser un constat personnel sur l’évolution de la société. La rue étant le parfait terrain de jeu pour cela.

A l’origine, le périphérique est une solution. Il a vocation à faciliter nos déplacements quotidiens. Mais bien que sa fonction soit de relier, ne génère-t-il pas des ruptures dans le territoire ? Sa création ampute des terrains. La proximité du périphérique les rend difficilement valorisables. Ils deviennent des déchets de l’aménagement : les restes d’une division qui ne tombait pas juste. Avec le temps, ces espaces deviennent des terrains vagues, parsemés de bâtiments abandonnés.

Leurs aspérités, leur végétation sauvage et le désintérêt qu’ils inspirent les rendant propices à des appropriations spontanées. Ce sont des espaces de liberté. On n’y trouve ni règle préétablie, ni rythme déterminé.

Dans ces terrains vagues qui constituent les abords du périphérique, des individus vivent au jour le jour et n’ont pas d’horaires fixes. Ils font de ces abords un refuge à l’abri du tumulte et des regards. D’une certaine manière, ils en sont les habitants. Sur le périphérique, par contre, les automobilistes respectent une cadence, un emploi du temps. Ce sont de simples usagers. Ainsi, les habitants et les usagers du périphérique coexistent sans se voir. Ils semblent appartenir à l’endroit et l’envers d’une même boucle : deux mondes invisibles l’un pour l’autre, mais indissociables. Le périphérique est donc à la fois l’interface et la frontière entre deux univers et c’est ce qui le rend fascinant. C’est un dispositif artificiel dont le but initial est de rapprocher, et pourtant il sépare. Comme si l’homme, naturellement, tendait à s’isoler.

Cette inclination pour l’isolement est-elle pour autant une fatalité ? Pour la plupart de ses habitants, le périphérique est un choix, une échappatoire, ou bien un concours de circonstances. Certains souffrent de la solitude, d’autres la recherchent. Peu s’en plaignent. Aucun ne la revendique. Au cours de mon année d’exploration des abords du périphérique, j’ai rencontré des personnes authentiques, dignes, émouvantes, drôles… Comme cet homme qui vit et peint dans une cabane qu’il a construit de ses mains. C’est ce premier contact qui a éveillé ma curiosité pour un monde que je pensais connaître, à tort. Toutes les découvertes qui ont suivi ont renversé mes préjugés.

Même si ce n’était pas mon but en allant à leur rencontre, je pensais libérer provisoirement des personnes de leur isolement. Je ne savais pas que c’étaient elles qui, par leur humanité, me libéraient du mien.

Ring road

At first, the ring road is a solution. It aimed to facilitate our daily mobility. But while its function is to connect, doesn’t it generate breaks in the territory ? Its creation excises lands. The proximity of the ring road makes them poorly valuable. They become waste of the landscaping : the remains of a division that did not fall right. Over time, these areas become wastelands, scattered with abandoned buildings. Their asperity, their wild vegetation and the lack of interest which they inspire, making them favourable for spontaneous appropriation. These are areas of freedom. Neither established rule, nor determined rhythm is found there.

In these wastelands, which constitute the surroundings of the ring road, people live from day to day and do not have fixed timetables. They make these locations a traffic island away from the tumult and prying eyes. In some way, they are the residents. On the ring road, on the contrary, the drivers respect a rhythm, a timetable. They are simply customers. So, the residents and the customers of the ring road co-exist without seeing each others. They seem to belong to the front and the back of a same loop : two invisible worlds, one from the other, but inseparable. The ring road is at the same time, the interface and the border between two worlds and, it is what it makes it fascinating. It is an artificial plan to which initial purpose is to bring closer, and however it separates. As though the man, naturally, tended to isolate himself.

Is this inclination for isolation therefore a fate ? For most of its residents, the ring road is a choice, a loophole, or a combination of circumstances. Some suffer from loneliness, others look for it. Few complain. No one claim for it. In the course of my year of exploration of the surroundings of the ring road, I met authentic, worthy, touching, funny people… Like this man who lived and paints in a shack he built by hands. It is this first contact which awakened my curiosity for the world of which I thought to know, wrongly. All the discoveries which followed bowled my prejudices.

Even if it was not my purpose leaving on their meeting, I thought to release temporarily people from their isolation. I didn’t know it was them, which by their humanity, set me free from mine.

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Association Open Space

8, rue Garenne 34200 SETE