Exposition REGIS BODINIER & JINHUI GAO – MON PETIT NUAGE

du 2 juin au 13 juillet 2018 à la Galerie Annie Gabrielli – Montpellier

Vernissage le vendredi 1er juin à partir de 18:30

Intrigante et poétique, la série photographique présentée par Jinhui Gao et Régis Bodinier, met en présence des figures humaines, toutes anonymées par un nuage qui oblitère leur tête et le haut de leur corps.
Avec sa forme toujours mouvante et renouvelée, le nuage est ambivalent : léger et immaculé, il invite à la rêverie et menace quand il s’obscurcit ou se charge de pollution. Cette dualité ne pouvait que retenir l’attention des artistes car elle entre pleinement en écho avec la réalité de la Chine d’aujourd’hui. Une Chine qui, dans sa course effrénée vers la modernisation, transforme, au risque de les malmener, les lieux et les existences, tout en portant les promesses d’un futur meilleur.

C’est en inscrivant cette figure humaine hybridée de nature et isolée dans des espaces de vie quotidiens que le couple d’artistes incarne les paradoxes actuels de ce pays : quand le développement galopant et l’urbanisation excessive se heurtent aux traditions, au patrimoine et que disparaissent certains modes de vie et certains pans de l’histoire.
Minuscule aux côtés d’une grue dévoreuse de passé, solennelle devant un lieu sacré ancien, fragile dans un chantier de démolition, la silhouette nimbée d’un nuage semble, par sa posture droite et statique, défier le temps et suspendre la frénésie, bruyante et asphyxiante qui l’environne. Le chaos peut-être pour certains. Par sa seule présence, elle paraît résister face aux mutations du temps présent et parvient à cristalliser les rêves de tout un chacun dans ce pays.

Assurément, la force plastique et sémantique des photographies de la série Mon petit nuage tient à la rigueur des compositions, aux cadrages plus ou moins resserrés sur le paysage qui évolue, à la palette des couleurs qui minéralise le monde et les hommes et à la mise en scène du corps. Elle tient sans doute aussi à leur caractère universel qui leur confère une dimension symbolique et allégorique.
Ne s’agit-il pas en effet de représenter des femmes et des hommes qui se dressent dans un monde qui change irrémédiablement pour garder intactes leurs aspirations et servir leurs idéaux ? Avoir la tête dans les nuages pour capter l’air et les songes. En toute simplicité, avec humilité et délicatesse.

.

Galerie Annie Gabrielli
33 avenue de Nîmes, 34000 Montpellier