Exposition des collections de Philippe Artaud

 

du 17 mai au 23 juin 2018 à la Jetée – Montpellier

Vernissage le jeudi 17 mai à partir de 18:30

FIGUEROLLES… LA NUIT, une exposition des collections de Philippe Artaud à la Jetée – Montpellier
Expo visible du 17 mai au 23 juin 2018

SUCCINCT PORTRAIT D’UN HOMME DE LETTRES
Avec des vues de Suisse tombées au rebut *

Quel temps merveilleux, n’est-ce pas ?
Colette, secrétaire auto-école à Trouville

Collectionner sous un fallacieux prétexte, désinvolte. Collectionner des trous, des tapettes à mouche, des miracles, des péritonites, des cartes postales monochromes, des photos de frigo ouverts, des bouts d’œuvres d’art et depuis peu des hippopotames le mardi, occupe la plupart des moments oisifs de Philippe Artaud. Il ne prête pourtant aucune importance à ses collections, ni même à une « pièce » en particulier qui aurait pu être plus « rare » qu’une autre. Le prétexte est carrément ailleurs.
Philippe Artaud correspond, et là, c’est essentiel. Une correspondance assidue, insistante, sans faiblir. Une conversation légère à l’apéro sur n’importe quel sujet et deux jours plus tard vous recevez une carte postale plus ou moins hermétique, rapidement découpée, collée et timbrée avec ce qu’il lui tombe sous la main. Et puis, à y regarder de plus près, les mots et les images qui n’ont apparemment aucun rapport entre eux finissent par dévoiler un sens, une ironie, un jeu de mot oiseux, que lui-même parfois a oublié ou semble avoir oublié… Toujours comique.

Il est totalement inenvisageable de réaliser une exposition exhaustive des multitudes d’envois de Philippe Artaud. Trop de destinataires dans le monde entier, trop de pertes en poste ou chez les correspondants, beaucoup de poubelles aussi. Forcément. Ces courriers assidus ajoutés à une très forte propension à convaincre en douceur tel ou tel interlocuteur de lui faire parvenir une tapette, un miracle ou un trou, alimentent de façon foisonnante ces « collections ». C’est ainsi que les gens de passage ou ceux qui sont déjà loin pensent souvent à lui et à ses collections absurdes. S’imposent, en passant, quelques minutes d’inutilité, de poésie volatile et osent timbrer n’importe quoi. Postent en souriant. Grâce futile que Philippe Artaud expose, un brin gêné.
C’est, récemment, la vidéo qui l’occupe. Il élabore ou plutôt collectionne une sorte de zapping improbable et drolatique, de trous, de tapettes à mouche et toutes sortes d’incongruités télévisuelles. Il re-filme lui-même, la télé ou des films choisis (il les connaît par cœur…) ou bien marche et laisse en marche sa caméra qui dépasse à peine de son sac et enregistre à sa manière l’idiotie.

Arrière petit-fils, petit-fils, fils, et gendre de fantaisistes et musiciens passionnés de jazz, demi-helvète par sa mère, il poursuit le chemin de la légèreté au bord du trouble. Artiste ou pas artiste, plasticien, poète ou pas, là n’est pas du tout la question. Il s’agit de désinvolture appliquée et, tout au plus d’une généreuse et vitale poésie de la relation aux autres.

« …/…Avec des vues de Suisse tombées au rebut. », André Pieyre de Mandiargues, Les incongruités monumentales, ed Gallimard, 1964

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La Jetée
80 rue du faubourg Figuerolles, 34070 Montpellier