Exposition Philippe Routier “On ne badine pas avec l’amour”

 

du 20 avril au 13 mai 2018 à la Galerie Pascale Peyre – Sète

Vernissage le vendredi 20 avril à partir de 18:00

Dans son atelier muscatier, l’artiste sétois peint le jour, la nuit. Comme une urgence, une évidence.

Comme il était essentiel au poète Rainer Maria Rilke d’écrire, il est vital pour Philippe Routier de peindre. Le jour, la nuit, cet homme de 55 ans, crée. Dans son atelier frontignanais, les toiles, les sculptures de bois s’accumulent, changent de place. Comme un univers immense, de couleurs vives et de noir lumineux, condensé entre quatre murs. Une charge émotionnelle incroyable.

Les personnages sans visages parlent avec leur corps. Les villes colorées, désertées, empreintes d’une joie silencieuse, révèlent parfois des lettres. Les voitures anciennes invitent au voyage dans le temps. Et puis il y a de l’amour, des couples qui s’enlacent, qui se cherchent, qui se portent mais également des douleurs qui explosent. L’homme abattu, crucifié. Le bois qui crie. Le noir qui cherche la lumière. Les mains omniprésentes, énormes, torturées.

« Tout est parti de mes mains, sourit l’artiste. C’est mon mode d’expression. Si je peins au lieu d’écrire, c’est que je n’arrive pas à expliquer l’inexplicable. »

L’homme, à fleur de peau, à la « vie rugueuse », qui « a pris plusieurs murs », a commencé à jouer des pinceaux à l’âge de 14 ans. C’est un autodidacte. « La peinture est le seul art que tu peux pratiquer sans avoir appris. Juste par envie. Après c’est du travail, de la recherche. » De l’instinct, de l’instant. « La main fait et le cerveau voit après. Je ne cherche pas le beau mais le juste.»

Depuis 1987, Philippe Routier a beaucoup exposé, à Sète, Montpellier, Lyon, Paris où il a travaillé dans la restauration, la décoration et la publicité. C’était un peintre côté en salle des ventes. Mais depuis quelques années, il s’est fait plus discret. Sa dernière exposition remonte à l’an dernier à Béziers. Et pourtant, il y a tant à montrer. Trop peut-être.

Pas facile de faire entrer ce créateur dans une case. Son art est à la fois païen et religieux, triste et joyeux, noir et coloré. La figuration libre ? « Totalement libre », glisse le peintre qui admire cependant les travaux d’artistes sétois comme Robert Combas, Hervé Di Rosa, André Cervera mais aussi Jean Denant « un grand bonhomme d’une immense gentillesse ». Le visage émacié, illuminé par un regard d’enfant, Philippe Routier peint sans complexe. « Que ça plaise ou non importe peu. L’essentiel est d’être honnête. »

Et l’argent ? « Je souffre de ne pas pouvoir payer de restaurant à ma femme. »

Un être à part. Un artiste.

EMMANUELLE STANGE

.

 

Galerie Pascale Peyre
10 quai Rhin et Danube, 34200 Sète