Maison Pour Tous Rosa Lee Parks (Malbosc)

CAFE LITERAIRE

Régine Nobécourt Seidel recevait :

Françoise Renaud, écrivaine

Jacques Barthès, auteur, compositeur, interprète

10 avril 2018 – 19h30

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Un café pour deux talents…

Maison pour Tous Rosa Lee Parks, quartier Malbosc, 19h30. Fait pas chaud à Montpellier ce soir, venu tout droit de l’arrière-pays, un vent encore hivernal fait oublier que nous sommes le 10 avril. Dans une petite salle, un coin de hall plutôt, aux pieds d’un escalier, deux fauteuils rouges, un tabouret noir (rouge et noir… tiens !), une sono, une guitare et un micro. Et puis, face à une petite trentaine de participants motivés, les « amis de Jacques » et les « habitués de Régine », les acteurs entrent sur le plateau. Régine Nobécourt Seidel, hôtesse attentive, discrète mais efficace, présente les deux « monstres sacrés » de cette soirée de Café Littéraire : Françoise Renaud, « écrivaine » – j’ai horreur de ce mot dans lequel la terminaison vaine sonne comme un hommage à l’inutile – et Jacques Barthès, chanteur.

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Un beau travail à deux voix, même si leurs accords ne s’avèrent pas toujours parfaits – ils n’ont pas « répété » – et deux talents incontestables offerts à nos regards, à notre oreille. Jacques, voix puissante, pas une fissure ni une fêlure, textes forts et poétiques, dit et redit l’amour pour sa terre, notre terre, malgré roc et sécheresse, hommage à la mer et à l’heure blanche. Des chansons, des souvenirs égrenés au passage, Aniane, Castelnau-le-Lez, les Jésuites, le chant choral et la musique, les chansons pour viatique. Retour au pays, Sète nouveau port d’attache, cela tombe bien quand on se dit qu’avoir des racines c’est savoir aussi les exporter. Pas une ride le Jacques et avec Ma terre (Languedoc) ce sont cinquante années qui me sautent, douces et brutales, en pleine figure.

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Avec Françoise, voila l’écrivain ayant un jour fait le choix de l’écriture et qui, contre vents et inondations, l’assume pleinement. Des fêlures, des meurtrissures, un premier extrait lu avec conviction de « L’enfant de ma mère » suivi de peu par « Le regard du père », ce père parti, sans retour, depuis peu et dont on sent confusément que l’absence ne date pas d’hier. Absence sentimentale, retenues douloureusement vécues, le passage lu, l’arrivée à l’aéroport et l’accueil par celui que maintenant elle peut appeler mon « petit papa », une belle page mais une page âpre, râpeuse ! Et puis il y a Françoise de Saint-Laurent-le-Minier, son choix d’un lieu de vie… et la catastrophe : l’inondation dévastatrice, gommeuse de souvenirs, tueuse de passé. La « sorcière aux cheveux rouges », plaisanterie de ses voisins (voire !), est passée par l’épreuve de l’eau. Une ordalie, en quelque sorte, mais elle a su « retrouver le goût des fleurs » et sa dernière lecture, empreinte de l’espoir d’un bel avril fleurissant, nous laisse sur une printanière note d’optimisme.

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Assistance conquise, les amis de l’un devenant les amis de l’autre, le verre de l’amitié (et quelques portions de pizza) redonne tout son sens à l’appellation Café. Quand à l’aspect littéraire, à aucun moment il n’a manqué !

Un grand merci à Régine, Françoise, Jacques et au public, résolument présent.

On y reviendra !

Marc Ely

 

LIENS

Site de Jacques Barthès

http://heuresolaire.e-monsite.com/

Site de Françoise Renaud

www.francoiserenaud.com

 

VIDEOS

Françoise Renaud lit un extrait de son roman “Le regard du père” (2006)

MpT Rosa Lee Parks – Montpellier 10 avril 2018

 

Ma terre (Languedoc) paroles, musique et chant, Jacques Barthès

MpT Rosa Lee Parks – Montpellier 10 avril 2018