Exposition collective “JEUNE”

 

Exposition du 7 avril au 16 juin 2018

Vernissage le vendredi 6 avril à 18:00

Entrée libre

 

Une proposition de Rebekka Deubner & Pauline Hisbacq
Avec Nicolas Cabos, Joseph Charroy, Martine Dawson, Rebekka Deubner, Bérangère Fromont, Pauline Hisbacq, Melchior Tersen, et Camille Vivier.

“Les autres regardent la forêt, la regardent de loin, mais ils n’y entrent pas. La forêt c’est la forêt de mon enfance. Je le sais. Toute petite, enfant j’ai habité des terres près de la forêt vierge, en Indochine, et la forêt était interdite, parce que dangereuse, à cause des serpents, des insectes, des tigres et tout ça. Et nous, nous y allions quand même; nous les enfants nous n’avions pas peur. […] Nous on y grouillait comme le reste, voyez vous. C’est après coup, j’ai eu peur de ce que nous avions fait. Donc, la forêt est aux fous, voyez, et dans ma vie elle a été à l’enfance. […] C’est la forêt du voyage, si vous voulez, du vrai voyage. Mais c’est l’enfance aussi voyez. Mais tout le monde n’en a pas peur, de la forêt, dans mes livres. Les enfants de Dreux ils s’y réfugient. Les petits assassins de seize ans, des Yvelines, se réfugient dans la forêt. La forêt devient dangereuse de leur fait. Les gens ont peur de la forêt, comme ils ont peur de ces jeunes voyous et de toute violence. Mais maintenant j’ai peur de la forêt. Je ne vais plus jamais dans la forêt seule. C’est un lieu, je ne sais pas, c’est un lieu inquiétant, un lieu très, très ancien, et toutes les forêts en principe datent de la préhistoire, c’est des lieux sans doutes hantés, d’une certaine façon, je ne refuse pas le mot. »
Propos de Marguerite Duras prélevés dans Les lieux de Marguerite Duras, entretiens menés par Michelle Porte.

L’exposition Jeune présente huit photographes qui posent chacun un regard singulier sur la jeunesse, en interrogeant les contours, les images, la nature.

Nicolas Cabos suit les évolutions d’un jeune athlète, Sony, déjà champion de France à la sortie de l’enfance. Joseph Charroy photographie une fête foraine qui s’installe tous les ans à la fin de l’été à Huy, petite commune belge. Martine Dawson évite de rattacher la jeunesse à une période particulière de la vie et s’intéresse plutôt à une intensité des émotions. On y explore le rapport au temps par le filtre du corps, un temps non linéaire. Rebekka Deubner livre une collection d’images issue d’une pratique au quotidien, focalisée sur le jeune corps comme signe inconscient du désir. Bérangère Fromont transcrit en images les tribulations nocturnes d’un groupe d’adolescents, entre fantômes et terrains de jeux, dans un village letton durant l’été 2015. Pauline Hisbacq évoque le chagrin d’amour et les désirs renaissants. Melchior Tersen photographie sa chambre et les fétiches accumulés depuis son enfance. Camille Vivier dévoile côte à côte ses nus, incarnations de la jeunesse idéale, interrogeant par le biais de la représentation des modèles nos canons de beauté.

La jeunesse y est tour à tour fragile, explosive, futile, incarnée ou symbolique, toujours expressive. Les images présentées parlent aux sens, aux souvenirs, éveillant des émotions, faisant naitre des interrogations qui restent en suspens.
L’exposition remet en perspective la nature même de l’enjeu documentaire, dans une multitude de relations au réel, en revendiquant des approches sensibles, critiques et originales, tout en flirtant avec l’imaginaire ou le symbolique.

Rebekka Deubner & Pauline Hisbascq
Signatures le soir du vernissage des éditions suivantes :

  • Le Feu, Pauline Hisbacq, September Books, 2018
  • I don’t want to disappear completely, Bérangère Fromont, September Books, 2018
  • Jeune, fanzine de l’exposition, September Books, 2017
  • En surface, la peau, Rebekka Deubner, auto-édition, 2017
  • Les aqueuses, Rebekka Deubner, September Books, 2017

 

En savoir plus sur :
https://www.cacncentredart.com/a-venir

[ Apéritif offert lors du vernissage ]

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CACN – Centre d’Art Contemporain de Nîmes
25, rue Saint-Rémy
30900 Nîmes