Festival d’Hiver 17/18

Domaine d’O – Théâtre Jean-Claude Carrière

JULIETTE

“J’aime pas la chanson”

avec Franck Steckar, Philippe Brohet, Bruno Grare et Christophe Devilliers

… et en première partie 

Mélanie ARNAL

et Olivier-Roman Garcia

23 mars – 20h

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Retour sur Melanie ARNAL et JULIETTE

Craquante… comme une allumette !

Mélanie Arnal accompagnée par Olivier-Roman Garcia, à la guitare, et par elle-même et son violon, offre à la soirée sa première bonne surprise.

Qualité des textes, originalité des mélodies, justesse d’une voix flexible et bien posée, Mélanie Arnal, la « fille allumette », est certainement promise à un bel avenir. Ses titres font référence, avec humour et liberté, aux délicats rapports homme/femme et son « mec impec » est « au poil » ! D’Amandine aux femmes divorcées en passant par le Loup et un petit clin d’œil savoureux à Brassens, qui ne sera pas non plus oublié par Juliette, avec sa complainte et un certain nombre de cons, con-cupiscence incluse, un petit voyage, prélude à de futurs concerts.

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Juliette… bienvenus chez moi !

Et puis voilà Juliette qui proclame « j’aime pas la chanson » et nous embarque pour plus d’une heure et demi de pur bonheur. Juliette, celle qui affirme « Parmi mes signes distinctifs / Ronde du cul, frisée du tif / Il en est un qu’on n’peut rater / J’ai des lunettes sur le nez / Chez les chanteuses c’est assez rare / Et pour porter cet étendard / En vérité je vous le dis / Y’a qu’moi et Nana Mouskouri ».

« J’aime pas la chanson », c’est aussi le titre de son « show » et nous sommes heureux qu’il en soit ainsi. Cela nous aura donné l’occasion de nous amuser avec une chanson turque, qui se révèle en fait être un air écossais, et qu’elle reprendra en langue franque, c’est à dire en sabir. Désopilant et malin. Il y aura du piano droit, une météo marine, un rappel de sa crémière qui, elle aussi, n’aimait pas le fromage et une navigation permanente entre franche rigolade, souvenirs de rugby, et mélodies intimistes. On aura même droit à un cours de procrastination, un thème universel, que dis-je intergalactique, traité avec une affectueuse ironie. Juliette et sa voix d’or qui ne se ménage pas, ne ménage pas non plus certaines « grandes causes », le féminisme y aura droit, et qui mène sa petite troupe de quatre musiciens avec bonhomie et laxisme. On rentre, on sort acheter à « grailler », on téléphone.

Il y en aura pour tout le monde, avec humour et sans méchanceté, de Macha à Claude Berry !

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Et puis, comme il faut bien en finir… on recommence ! Juliette jubile en nous refaisant, mise en abime oblige, son entrée pour son final… et nous invite à son festin de Juliette, « dans la salle à manger tendue d’étoffes et d’ombres », un banquet funéraire, un coup de sombre sur ce plateau joyeux, tout noir sorti d’un précédent album. Mais non, ce n’était pas fini et Juliette « Binocle », après la réception de son prix d’interprétation, son « César », n’aura de cesse que de remercier tout le monde, même nous, ce « quatrième mur » surgi subrepticement dans son « chez soi ».

Sacrée Juliette et… sacrée soirée, sacré domaine d’O et sacré théâtre Jean-Claude Carrière !

Marc Ely