Exposition VANDA SPENGLER – Blocs de Chair

 

du 23 mars au 27 avril 2018 à la Galerie l’Abberante – Le Crès

Vernissage le vendredi 23 mars de 18:00 à 21:00

D’un travail introspectif autour de l’intime, la solitude et la quête d’identité, la pratique de la photographie de Vanda Spengler a évolué ces dernières années vers l’étude du corps et le rapport à soi et aux autres. Dans un univers fantasmé, souvent inquiétant, Vanda Spengler met en scène les rapports de force, les pulsions, les peurs qui se caractérisent, selon elle, par une déshumanisation croissante.

Particulièrement touchée par le travail d’Antoine d’Agata et du peintre Jean Rustin, ses derniers travaux portent sur l’enchevêtrement des corps, où les chairs amoncelées sont autant de formes désarticulées, sans artifices.

Corps, chairs, êtres,
amoncelés, entassés,
sans artifice.
Assemblage vivant, corps collectif, meute perdue

Dégagé de toutes superficialités, les conventions sociales s’effacent. Apparaissent alors nos démons intérieurs. Energie vitale, paradis perdus, égarement, solitude, altérité, indifférenciation…nous percutent.

Le corps et l’érotisme, d’abord. Vanda explique qu’elle photographie les corps sans aucun regard sexuel sur eux. Mais voir un nu, cela suscite souvent chez le spectateur un décodage érotique. « Le nu fera toujours écho dans l’inconscient collectif au désir, à l’érotisme, et cela me surprendra toujours! » dit Vanda. « Lorsque je mets en scène les corps, fragilisés, abîmés, dans des postures anti-glamour au possible, je me demande bien comment on peut trouver cela propice au désir… J’ai pris le parti de rester honnête dans ma démarche, dans mon regard, et d’accepter que les spectateurs ne reçoivent pas forcément le bon message. »

Le choc de la peau

Vanda affirme ne pas s’intéresser à la problématique de choquer ou pas les gens avec des corps dénudés. « La nudité fait partie intégrante de mes photos car elle révèle les êtres, ils ne peuvent pas tricher, pas se cacher. Et je ne vois rien de choquant à mon travail, je ne comprends pas lorsqu’on leur affuble ce qualificatif. Dès qu’on ne montre pas le bonheur en image mais une forme de détresse on est choquant, c’est drôle! Moi je suis plutôt choquée par la sur-sexualisation ambiante dans la pub et à la télé et mes images vont à l’inverse de cette expression là, du moins je l’espère. »

Vanda ne s’affirme pas comme une militante… Pourtant, ses séances à l’arrache de prises de vues de groupes de modèles nus dans des lieux publics ont tout pour titiller les autorités et les lois. Les passages les plus savoureux du documentaire sont d’ailleurs ceux où on observe la confrontation du public avec des corps nus qui les surprennent. Certains détournent le regard, d’autres passent comme si de rien n’était, d’autres encore sortent leur téléphone portable pour faire des photos… avant que les garants de l’autorité ne s’en mêlent. Ce qui se termine en général par une expulsion des lieux. Les arguments avancés sont toujours indirects : « le propriétaire ne va pas apprécier», « ça va choquer les enfants », à croire que personne n’est vraiment indisposé par la nudité, c’est pour protéger les autres.

 

Galerie L’ Aberrante
1 bis rue du faisan, 34920 Le Crès