Pour attraper encore quelques détails vivants du dehors.

Du 11 janvier au 24 mars 2018 au CACN – Nîmes

Vernissage le mercredi 10 janvier à 18h – Entrée libre et gratuite

Pour attraper encore quelques détails vivants du dehors

Avec Nicolas Daubanes, Paul Heintz, Sarah Kowalczewski et Laure Tixier.

Commissaire de l’exposition : Bertrand Riou

Note sur l’exposition :

Pour attraper encore quelques détails vivants du dehors* est la quatrième exposition du centre d’art, regroupant pour celle-ci des artistes qui réalisent ponctuellement des projets au sein des prisons. Ils s’y sont intéressés pour en documenter ces aspects (Paul Heintz et Laure Tixier) et pour créer des liens étroits avec les détenus (Nicolas Daubanes et Sarah Kowalczewski).
Proposer une exposition attrait à l’univers carcéral fait sens dans le contexte où se trouve le CACN. En effet, la prison de Nîmes est la plus surpeuplée de France. Environ 460 détenus pour 290 places. En 2017 quatre détenus ont attaqué en justice l’État français pour mise en danger d’autrui à cause des conditions de détentions très difficiles de la maison d’arrêt nîmoise. Ce cas unique emmena le Préfet du Gard au tribunal, mais les juges se sont déclarés incompétents dans cette affaire.
Beaucoup d’ouvrages ont été écrits sur ce lieu de privation de liberté. Parfois par les prisonniers eux-mêmes (Serge Livrozet, casseur de coffres emprisonné durant 9 ans et écrivain, qui fonda avec Michel Foucault le CAP – Comité d’Action des Prisonniers).
Un grand nombre d’associations viennent en aide aux détenus : les Genepistes, la Farapej, l’ONP – Observatoire National des Prisons, avec des ramifications locales dans chaque ville qui compte une prison.
Ces lieux d’exclusion et de punition sont de plus en plus contestés, et cela fait des décennies que certains s’interrogent sur les alternatives à l’enfermement.
L’exposition est un constat qui nous donne à voir ces espaces de lutte 
et cette dichotomie dedans / dehors.

«  Le mythe fait acte de survivances dans les classes sociales opprimées […], celles qui remplissent par conséquent les cellules de prisons, avec leurs jargons spécifiques, leurs rituels venus d’on ne sait où, leurs gestes anachroniques… »

Georges Didi-Huberman

« Lorsque vous donnez à quelqu’un un pouvoir absolu sur quelqu’un d’autre, est-ce possible que cette personne devienne automatiquement un monstre ?

Arthur Zmijewski

« Quand un être humain tombe, il chute parfois vers le haut. Au lieu de s’écraser, il monte. Il n’est pas plus fort que les murs, non, il est plus léger. Plus solide d’être aérien. Il glisse. Il s’évade. […] »

Marie Darrieussecq

« On pourrait croire qu’une existence passée derrière les barreaux, enfermé 22 heures sur 24 dans une cellule de 9m², n’est pas une vie. En fait, si. C’est une vie. Ted a appris à vivre la sienne, malgré l’enfermement. Il est devenu une sorte d’ « Homo incarceratus », l’homme incarcéré, qui s’adapte, tant bien que mal, à son environnement. […] La détention de Ted ne protège pas la société, puisqu’il a récidivé à 44 reprises. Elle ne répare pas non plus. Au mieux, elle parvient à l’éloigner, dans un endroit où l’on ne peut plus le voir, comme pour jeter sur lui un voile pudique. »

Emmanuel Denise

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CACN – Centre d’Art Contemporain de Nîmes
25 rue Saint-Rémy
30900 Nîmes