Retour sur LE ROMAN DE M. DE MOLIERE 

de M. Boulgakov

Lecture Théâtralisée par Jacques WEBER

La Tuilerie – 21 décembre 2017

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Oui, je sais, le 21 décembre c’était l’année dernière mais un événement culturel de cette importance, à Bédarieux, mérite qu’on y revienne.

Bédarieux, une ville du Haut-Languedoc dont on imagine la « petite vie tranquille », au rythme paisible de l’Orb qui la traverse, se paie le luxe de recevoir une « bête de scène »…et ce n’est pas fini !

La fusion des saisons culturelles de Bédarieux et de Grand Orb porte ses fruits et réserve quelques très belles surprises. Après un inoubliable François d’Assise et plusieurs spectacles de haute tenue, l’année s’achève en beauté avec M. de Molière.

Pourtant la partie s’annonçait difficile à la suite du report , dû a un accident survenu à Jacques Weber, de la représentation initialement prévue pour le 23 novembre. Reprogrammée le 21 décembre, la proximité des fêtes n’a nullement découragé les Bédariciens et les habitants de Grand Orb, leurs voisins, si l’on en croit le niveau remplissage de la salle de la Tuilerie !

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Le roman de M. Weber !

Disons tout de suite, cela évitera d’y revenir, que toujours excellent et capable de captiver une salle, même en lisant l’annuaire des téléphones, Weber ne m’a pas totalement convaincu. A sa décharge un mauvais rhume, tenace, et des problèmes de micro !

Mais le métier, le métier … il n’y a que cela de vrai, et le magnifique interprète de Cyrano, de Don Juan et de tant d’autres succès, n’en manque certainement pas !

Une mise en scène épurée, réduite au strict nécessaire, un pupitre et des feuillets, lus puis jetés au sol, voilà l’affaire.

Weber se promène, on le sent posséder complètement son propos et il sait à merveille faire monter la sauce, jouant tour à tour la nourrice de Molière, un Molière bégayant (une trouvaille de Boulgakov !), quelques vieillards cacochymes. Il maîtrise, aussi, l’art d’intercaler des intermèdes accrocheurs, le Brassens de « Marquise », le Tristan Bernard de «  J’ai vingt-six ans mon vieux Corneille et je t’emmerde en attendant » et l’incontournable « tirade du nez » du non moins incontournable Cyrano, ont fait mouche.

Le récit est plaisant et si le Molière de l’écrivain Russe n’est pas le plus historique ce n’est certainement pas le moins humoristique. Sans oublier, en arrière-plan, une critique amère de la situation des artistes face au pouvoir, dans l’URSS de Staline.

Bref, une très bonne soirée et un succès pour Jacques Weber qui, malgré tout, a su faire preuve d’un talent toujours efficace. Une chance, aussi, celle d’avoir pu, devant un verre, échanger quelques mots avec lui et le regarder partir dans son habituel duffel-coat gris-bleu !

Merci à Bédarieux et merci à Grand Orb pour offrir une aussi riche programmation, occasion de rappeler que le 14 janvier, toujours à la Tuilerie c’est un autre « monstre sacré » que nous pourrons applaudir, Robin Renucci, dans «  L’enfance à l’œuvre ».

Marc Ely pour IDHERAULT

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