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Marcelo Evelin

Dança Doente

Dimanche 2 et lundi 3 juillet à 20h

hTh / Grammont

*création

Marcelo Evelin / Demolition Incorporada

Conception et chorégraphie : Marcelo Evelin
Collaboration à la création et danse : Andrez Lean Ghizze, Bruno Moreno, Carolina Mendonça, Fabien Marcil, Hitomi Nagasu, Marcelo Evelin,
Márcio Nonato, Rosângela Sulidade, Sho Takiguchi
Dramaturgie : Carolina Mendonça
Collaboration artistisque : Loes van der Pligt
Lumière : Thomas Walgrave
Scénographie : Marcelo Evelin
Son : Sho Takiguchi
Costume : Julio Barga
Danse japonaise traditionnelle : Heki Atsushi
Voix off : Ohono Yoshito
Photographie : Maurício Pokemon
Vidéo : José Huedo, Maurício Pokemon
Technique : Luana Gouveia
Recherches : Christine Greiner
Production : Materiais Diversos + Regina Veloso / Demolition Incorporada

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Danse malade ?

Si Marcelo Evelin pense la danse comme une altération « de la perception subjective du corps infecté par le monde » environnant, le ressenti, à l’issue de ces 1h30 de représentation, s’avère très mitigé. Du travail, certes, une performance pour les danseurs, sans doute, mais une lenteur, un manque d’imagination, qui font naître, très vite, un manque d’empathie communicatif. Plus d’une heure de déplacements limités et répétitifs, perpétrés par des artistes dont, la plupart du temps, on n’aperçoit que la moitié inférieure du corps. Le plus clair du spectacle se déroule derrière un panneau ne laissant apparaître que le plateau et des demi-danseurs. Seuls deux interprètes, assis au sol, restent visibles durant la quasi totalité de la représentation. Leurs postures, leurs mouvements tremblants et maladifs, font irrésistiblement penser aux représentations classiques de « Enervés de Jumièges ». Persistance qui, dans la durée, révèle des danseurs maîtrisant parfaitement les techniques de leur art. Ce mouvement, ou plutôt cette quasi absence de mouvement, Marcelo Evelin l’a voulu traversé ponctuellement par des forces qui « le vident ou le remplissent« . La partie dansée de l »homme-médecine », couvert et dissimulé par une chape de raphia, entre dans cette catégorie et constitue un des meilleurs moments de cette « Dança doente« . Le déchaînement de violences sexuées, entraînant dans un corps-à-corps impitoyable la nudité de Marcelo et de son partenaire, éclate alors que le spectacle s’enlise dans une lenteur trop pesante. La soudaineté et la brutalité de l’affrontement, même si elles relancent un déroulé moribond, ont toutefois de quoi surprendre, voire déranger? Ce n’est pas tant l’action par elle-même mais le contraste inattendue et la rupture de rythme qui ont pu dérouter. La référence, incontestable, à Tatsumi Hijikata interroge également, en terme d’interprétation, sur la véritable nature du butô et son intégration à une œuvre d’essence bien différente. Pour les « véritables » promoteurs de cet art japonais, l’extrême lenteur est nécessaire mais elle doit s’accompagner d’un état d’esprit et d’une grâce particulière. L’effet placage et une certaine facilité transparaissent, me semble t-il, trop souvent dans l’exécution des séquences dansées. Le final, lui-même répond à cette impression de décalage entre le butô et l’usage qu’en fait le chorégraphe. Cette lente sortie de plateau, pas à pas très mesurés, accompagnée par les notes désassemblées d’un ukulele, a quelque chose de caricatural et d’artificiel.

Marcelo Evelin, très remarqué en 2014 avec son Mataduro, n’a pas convaincu malgré des applaudissements saluant plus la qualité des danseurs que celle de l’œuvre.

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Liens

Montpellier Danse 16/17

http://www.montpellierdanse.com/spectacle/danca-doente-creation

Marcelo Evelin/demolition incorporada

https://www.demolitionincorporada.com/

 

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