MRAC SERIGNAN

Vernissage des 4 nouvelles expositions et inauguration du nouvel accueil et nouvelle librairie le 24 mars 2017

Expositions “La Chasse” Lucy Skaer, “(Dé)placements” Daniel Oterro Torres, “La Vie aquatique” et “La Pergola” au MRAC – Sérignan

Vernissage des 4 nouvelles expositions et inauguration du nouvel accueil et nouvelle librairie le 24 mars 2017.
Ouvert à tous à partir de 18:30.

25 mars 2017 – 18 juin 2017

 » La Vie aquatique « 

Commissariat : Sandra Patron

mrac serignan

La mer. Elle est le mouvement infini, la vague qui ne cesse de s’échouer sur la grève, elle est depuis toujours l’espace privilégié des poètes, des marins, des explorateurs et des renégats de tous les pays. Elle est notre horizon, parfois notre cimetière, elle a inspirée quantité de mythes et légendes, et ne cesse, depuis des siècles, d’inspirer les artistes.

La Vie aquatique explore les rapports ambivalents que l’homme entretient avec la mer, tout à la fois lieu de fantasmes, de rituels et de contes, lieu de découvertes et de conquêtes glorieuses mais également de combats souvent perdus contre l’immensité de l’océan. De Moby Dick à Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, des marines de William Turner aux gravures symbolistes d’Odilon Redon, la mer n’a cessé depuis des siècles d’inspirer les artistes. Si les artistes contemporains continuent d’explorer ce territoire, c’est sans doute dans la mesure où il constitue une métaphore pertinente de notre relation au monde contemporain. La mer (et ce que nous en faisons) symbolise tout à la fois notre relation à la nature et à sa représentation, mais également aux dérives du capitalisme, aux relations nord-sud et aux effets désastreux de la pollution et de la surproductivité sur la biosphère et la diversité des espèces. La mer n’est pas qu’un horizon, elle est aussi une frontière que des hommes affamés ou persécutés tentent de franchir par tous les moyens, et la plage parfois un cimetière, où viennent s’échouer les rêves des migrants de tous les pays.

Derrière son titre volontairement séduisant, l’exposition La Vie aquatique explore tous ces paradoxes .Son titre est emprunté au film éponyme du réalisateur américain Wes Anderson, lui-même librement inspiré de la vie du commandant Cousteau. De manière tout à la fois tendre, ironique et grinçante, le film raconte les aventures de la Calypso et du commandant Cousteau, aventures qui ont enflammé l’imaginaire de toute une génération et ont permis de fixer dans l’imaginaire collectif des images et des représentations de ce continent alors largement inconnu. L’exposition s’ouvre sur un ensemble d’oeuvres qui se penche sur l’observation de phénomènes marins, entre observation mélancolique et fascination pour cet élément naturel (Jochen Lempert, Shimabuku, Dove Allouche) et explore comment nos vastes étendues d’eau sont sources inépuisables de fictions (Simon Faithfull). Mais cette imagerie résulte également d’une construction culturelle qui induit notre relation au savoir et au regard (Laurent Le Deunff, Aurélien Froment, David Renaud).

mrac serignan

Il n’est sans doute pas anodin que nombre des artistes de l’exposition viennent de territoires où se cristallisent des enjeux politiques et/ou écologiques liés à la mer : du Japon au Brésil, du Chili à la Colombie, la mer et ses confluents sont au coeur de conflits humains, mémoriels et politiques que les artistes font resurgir à la surface.

Non sans humour et beauté formelle, Maarten Vanden Eynde et Mark Dion font d’ailleurs littéralement remonter à la surface des débris de plastique et autres bibeloteries qui peuplent désormais les profondeursde nos océans. Enrique Ramirez nous propose quant à lui une vision a priori sublimée de l’océan chilien, filmé au ralenti en très haute définition, mais derrière la beauté des images se cache une réalité nettement plus sombre : celle de la dictature de Pinochet, celle d’un océan cimetière où les opposants au régime ont été jetés depuis des hélicoptères, celle d’une mer que l’on utilise pour ne pas laisser de traces. Si le corps est absent chez Ramirez, englouti par les flots, il est au coeur des préoccupations de Maria Laet et d’Hannah Wilke : chez la jeune artiste brésilienne Maria Laet, le corps est en symbiose avec l’élément marin et la plage le lieu de la réparation. Chez l’artiste américaine Hannah Wilke, la figure de la sirène lui permet de filer la métaphore entre le féminin et le milieu marin et ainsi de déconstruire les codes de représentation du masculin et du féminin.

Bien loin de l’imagerie romantique des océans, Allan Sekula, dans son film-essai The Lottery of the Sea, nous décrit la mer comme une véritable autoroute géante surchargée de containers et de paquebots de tourisme de masse et l’économie maritime comme le prototype du marché du travail à l’ère de laglobalisation .Par le biais d’oeuvres ouvertes et polysémiques, qui refusent toute posture catastrophiste et moraliste, l’exposition se propose de poser un regard à la fois poétique et engagé sur toutes ces questions. Entre beauté et violence, contemplation et prise de conscience politique, La Vie aquatique tente d’établir une analogie entre deux écosystèmes, celui de l’homme contemporain avec celui de la mer, cette vaste étendue d’eau lieu de multiples enjeux : notre septième continent.

25 mars 2017 – 04 juin 2017

« La Pergola ». Nouvel accrochage des collections

Commissariat : Sandra Patron

mrac serignan

Le Mrac poursuit la présentation des œuvres de sa collection permanente d’art contemporain à travers un nouvel accrochage des acquisitions 2016, dont les oeuvres d’Andrea Büttner, Francisco Tropa et Pierre Leguillon.

Le nouvel accrochage des collections présente dans un même espace la collection historique, les nouvelles acquisitions 2016 et le dépôt du Cnap (Centre national des arts plastiques). L’exposition emprunte son titre à l’oeuvre éponyme de Pierre Leguillon acquise par le musée en 2016. Cette oeuvre, que le visiteur découvre dès l’ascension de l’escalier du musée, invite à marquer un temps de pause et délimite un espace de transition qui renvoie au monde extérieur et à sa contemplation. À l’instar des pergolas de nos jardins, l’exposition permet la mise en condition de notre regard, un temps de pause salutaire, douxet rafraîchissant comme une soirée d’été. Mais La Pergola de Leguillon permet également d’introduire une réflexion sur la peinture et sa migration dans d’autres champs disciplinaires. Assemblage d’une trentaine de tissus imprimés différents, datant des années 1950 à nos jours, certains fort rares, d’autres achetés chez IKEA, l’oeuvre La Pergola permet d’initier une réflexion sur la circulation des images et la façon dont la peinture et ses enjeux sont constamment réinvestis dans notre histoire. Tous ces tissus abstraits ont en effet en commun de citer indirectement certaines peintures abstraites, de Victor Vasarely à Franck Stella, et bien sûr Daniel Buren auquel ce nouvel accrochage offre un voisinage des plus savoureux.

mrac serignan

Dans le sillage de la réflexion amenée par l’oeuvre de Leguillon, l’exposition se propose d’engager un dialogue sur le statut des images, leur migration d’un champ à un autre et les rapports féconds quela peinture entretient avec d’autres médiums. En effet, depuis sa création, la collection du Mrac s’est principalement constituée autour des problématiques de la peinture et de ses enjeux, et l’exposition La Pergola entend faire largement état de cette préoccupation et des multiples façons dont les artistes réinvestissent ces questions. Et si l’exposition ne se déploie pas exclusivement sur la thématique de la peinture et de ses avatars, se permettant ici ou là certaines échappées salutaires, toutes témoignent, directement ou indirectement, de préoccupations propres à l’art pictural comme le geste, la matière, le support, le lien à l’histoire de l’art, le rapport entre abstraction et figuration ou entre l’art et la vie. Dans quelle mesure et pour quels effets les artistes investissent-ils la peinture, ses codes, ses techniques, son imaginaire et son histoire? En se déployant dans de larges espaces, de ses espaces de circulation aux salles dédiées spécifiquement à la collection en passant par son cabinet d’arts graphiques, l’exposition La Pergola propose au visiteur une plongée dans sa collection et ce qui en constitue sa force et sa singularité.

25 mars 2017 – 04 juin 2017

Daniel Otero Torres.  » (Dé)placements « 

La Palmeraie présente :

Commissariat : Sandra Patron

mrac serignan

L’invitation au déplacement contenue dans le titre de son exposition au Mrac est au coeur de la pratiquede cet artiste colombien installé en France : de l’image à la sculpture, d’une culture européenne à une culture sud-américaine, du réel à sa représentation, de l’original à la copie, Daniel Otero Torres ne cesse d’interroger ce qui fonde notre rapport à l’autre et comment ce regard mute et se transforme au gré des contextes sociaux, politiques et culturels.

Avec son exposition au Mrac, Daniel Otero Torres entame une recherche sur l’architecture vernaculaire en Colombie, où se développe sur les contreforts des villes des auto-constructions qui répondent à des impératifs économiques et sociaux complexes, mais résultent également d’un savoir-faire et d’une ingéniosité indéniables, permettant aux individus de développer des formes de résistance en se ressaisissant de leurs conditions de vie. À Bogota, ces bidonvilles sont appelés « Invasiones », un terme aux connotations péjoratives qui permet de mieux saisir comment ces quartiers sont considérés par les pouvoirs en place, et qui n’est pas sans rappeler une terminologie utilisée aussi bien en Europe qu’aux États-Unis pour désigner tout corps étranger comme une menace rampante.

mrac serignan

Au centre de l’espace, un échafaudage en bambou aux proportions imposantes rappelle ces constructions traditionnelles, qui de l’Inde à la Chine, permettent aux ouvriers de construire des immeubles.Troublant contraste que celui de ces hommes qui bâtissent des immeubles en dur en travaillant sur des structures qui semblent si fragiles à nos yeux d’occidentaux. Enchâssée dans la structure, une maquette d’architecture en brique, réalisée d’après une maison abandonnée de Bogota, symbolise ces villes en mutation permanente. La maison semble littéralement envahie par la structure en bambou, offrant un retournement de point de vue quant à sa fonction initiale. De part et d’autre de cette installation, Daniel Otero Torres positionne deux chaises, de celles qui habituellement accueillent les gardiens de musée dans les salles d’exposition. Sur l’une d’entre elles, en lieu et place du traditionnel gardien, se trouve un personnage rencontré lors d’un séjour de l’artiste dans une communauté indienne en Colombie, un personnage errant qui mène une vie éloignée de toute préoccupation matérielle. Lui faire face, c’est faire face à un individu qui a délibérément fait le choix de s’extraire des logiques de nos sociétés contemporaines, mais c’est aussi porter un regard sur cette figure du gardien de musée largement ignorée. Sur l’autre chaise, une pile de cartes postales à disposition du public semble nous inviter au voyage : l’image d’un bus nommé Christophe Colomb dévoile non sans humour comment l’industrie du tourisme demasse joue avec le cliché de l’exotisme et celui des grandes découvertes. Dans ce face-à-face troublant,Daniel Otero Torres semble nous proposer une échappée, celle de positions alternatives qui refusent la fatalité d’une vie préfabriquée.

25 mars 2017 – 04 juin 2017

Lucy Skaer.  » La Chasse « 

Commissariat : Sandra Patron

mrac serignan

Lucy Skaer est une artiste anglaise (née en 1975, vit et travaille à Glasgow) qui acquis en quelques années une reconnaissance internationale sur la scène artistique. En 2007, elle comptait parmi les six artistes désignés pour représenter l’Écosse à la Biennale de Venise et en 2009, elle était finaliste du Turner Prize. Après ses expositions personnelles à la Fruitmarket Gallery à Édimbourg et la Chisenhale Gallery à Londres, la Kunsthalle de Bâle lui a consacré une exposition monographique en 2009 ainsi que le Witte de With à Rotterdam en 2016. Elle est représentée en France par la galerie Peter Freeman et aux États-Unis par Murray Guy.

Au sein d’installations multiformes, mais où la sculpture et le dessin revêtent une importance toute particulière, Lucy Skaer développe un processus de travail où les objets et les images, à la fois reconnaissables et abstraits, sont transformés par toutes sortes de manipulations, répétitions et décalages d’échelle. L’artiste opère par prélèvements, répliques, distorsions, citations, au gré de rencontres, de recherches, et d’une fascination assumée pour l’histoire de l’art. Inspirée par les liens féconds que le réel entretient avec le sublime, Lucy Skaer s’efforce de révéler l’essence même de certains objets et matériaux pour donner une interprétation personnelle et suggestive d’éléments du passé. Par-delà leur diversité apparente, toutes ses oeuvres explorent les mécanismes par lesquels nous donnons du sens aux choses que nous aimons et croyons connaître : photographies de presse reproduisant des chefs d’oeuvre célèbres, agrandies et redessinées ; extraits de vieux films retravaillés jusqu’à l’abstraction ; morceaux épars recomposés ; accessoires de notre environnement quotidien réduits à l’empreinte deleur forme.

L’exposition au Mrac Occitanie est sa première exposition personnelle en France. Lucy Skaer y présentera un ensemble de pièces existantes de ces cinq dernières années ainsi que de nouvelles productions, dont l’une, Eccentric boxes, est le fruit d’une coproduction entre le Mrac et la Biennale de Rennes « Incorporated ». Eccentric Boxes (2016) est une installation faite dans et à partir de la maison familiale de l’artiste, maison qu’elle transforme et déplace progressivement. Elle y effectue depuis plusieurs mois une série d’interventions consistant à modifier, prélever et substituer certains éléments architecturaux ou mobiliers, processus qu’elle documente par des photographies. Pour Eccentric boxes, Lucy Skaer a prélevé le parquet du salon en y incrustant certains meubles et en retirant les lattes pour construire un coffre. Chacune de ses interventions laissant des cicatrices dans le bois, ces incisions sont mises en relief par incrustation de pierres et de céramiques, enluminant littéralement le plancher avant qu’il ne soit transformé en boîte scellée. Ici, le processus est autant physique que psychologique et matérialise la nécessité de la mémoire dans nos histoires familiales et celle non moins pressante du déracinement.

mrac serignan

Sticks and Stones (2013-2017 en cours) est une série de sculptures initiée à partir d’une planche d’acajou rouge. Cette essence, précieuse et sacrée, a été exploitée au Brésil à partir de la fin du 19ème siècle pour la fabrication de navires et surtout exportée en masse pour la production de meubles peu coûteux fabriqués au Royaume-Uni. À partir de cette planche d’acajou chargée d’histoires, l’artiste a fait réaliser huit copies, déclinées en différents matériaux comme le marbre, l’aluminium, le bronze ou le papier mâché. Chaque nouvelle sculpture étant moulée sur la précédente, la forme initiale de l’objet a ainsi progressivement évolué, offrant une série d’étranges sculptures horizontales posées à même le sol. À travers cette variation sculpturale, Lucy Skaer explore différentes strates historiques et culturelles qui s’inscrivent dans l’épaisseur ou à la surface des objets. Dans One Remove (2016), produite à l’occasion de son exposition au Witte de With, deux lignes detables ovales obstruent le passage du visiteur. L’une est composée de tables d’inspiration moderniste, l’autre de tables néoclassiques en acajou parcourues d’une ligne de lapis-lazuli. Au sol, un tapis marocain fait écho à l’emboîtement sculpté des tables modernistes. Ici des objets domestiques se métamorphosent en sculpture, offrant un condensé de l’histoire des formes qui évoluent au gré des époques et des cultures. Dans cette ambiguïté entre objet sculptural et objet fonctionnel, tout à la fois abstrait et narratif, Lucy Skaer nous livre une oeuvre au pouvoir de séduction étrange, tout à la fois familière et mystérieuse.

Enfin, Lucy Skaer proposera au Mrac une toute nouvelle oeuvre encore en production à ce jour, qui consiste à transformer sa collection personnelle d’objets abstraits en animaux. Ces objets, manufacturés ou trouvés dans la nature, que l’artiste collectionne au gré de ses déplacements pour la séduction qu’ils lui inspirent, deviennent ainsi littéralement les os de créatures étranges afin d’en composer leur squelette. Comme souvent chez Lucy Skaer, cette pièce s’inspire des traditions anciennes : au Moyen-Age, les proies dans les scènes de chasse, leur capture et leur dépeçage, sont dépeintes avec une satisfaction et un désir qui pourraient heurter notre sensibilité contemporaine. L’artiste établit par ce biais un parallèle entre l’objet et la mort, entre l’animé et l’inanimé, entre le désir et sa satisfaction, et in fine entre l’abstraction et la narration.

logos

Musée régional d’art contemporain Occitanie/Pyrénées-Méditerranée à Sérignan
Adresse : 146 Avenue de la Plage, 34410 Sérignan
Téléphone : 04 67 32 33 05

De septembre à juin:
ouvert du mardi au vendredi 10-18h
et le week-end 13-18h.

Fermé le lundi et les jours fériés.
Ouvert à l’année.

Tarifs : 5 € tarif normal