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BIG BANG

Parallèle

création

Mise en scène Bruno Geslin

Avec Salvatore Cappello et Nicolas Fayol

Vidéo Quentin Vigier

Son Tal Agam

Lumières Laurent Benard

Assistant Paul Deleligne

Production La Grande Mêlée

durée 1h15

hTh (Grammont)

2 et 3 mars à 19h

 

 

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Bruno Geslin a souhaité pour ce nouveau projet travailler avec Salvatore Cappello, artiste circassien sicilien qu’il a rencontré lors de son travail de commande de mise en scène à l’Académie Fratellini en juin 2015, et Nicolas Fayol, danseur performeur complice de longue date.

Avec Parallèle, dans la continuité de son travail abolissant les frontières entre les différentes écritures scéniques et questionnant les problématiques du corps et de sa représentation, Bruno Geslin creusera deux questions. Comment le corps a-t-il pu être un instrument de propagande et d’embrigadement des masses en général et de la jeunesse en particulier ? En quoi la pratique sportive a-t-elle pu constituer une politique à part entière s’inscrivant dans les projets fascistes de contrôle totalitaire ?

 

 

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Parallèles divergentes !

Avec une rigueur bien dans l’esprit du sujet, le plateau, aux allures de salle de sport désuète ou de hall industriel détourné, nous plonge dans un univers froid et matérialiste voué à un seul dieu : le corps humain. Premières minutes, premiers contacts avec un corps d’homme offert, dans un halo lumineux, entre musculatures idéalisées de Leni Riefenstahl et galerie de nus masculins antiques. Et puis très vite on tombe en parallèles, parallèle entre les deux protagonistes, souvent clones parfaits, et les barres éponymes envahissant, virevoltantes, le plateau. Peu de mots, presque pas de jeu scénique à l’exception d’une violence latente qui, de temps à autre, vient percer une carapace trop lisse. Sans démonstration verbeuse, sans grandiloquent discours, c’est toute la froideur, la déshumanisation programmée, véhiculées par les régimes totalitaires qui nous sautent au visage.

 

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Techniquement on frise la perfection, rarement des gymnastes de ce niveau offrent leurs prestations en dehors des salles d’athlétisme et, encore moins, sur une scène. Théâtralement, avec peu de moyens, on habite totalement le propos, on le vit presque jusqu’au malaise. La musique de Mont Analogue, lourdement rétro, y concourt puissamment et le « Je crois entendre encore » (des Pécheurs de perles) résonne comme l’évocation nostalgique des temps « d’avant ». L’horreur implacable, annonciatrice de dérives malheureusement trop connues, surgit toute entière dans le rappel du catéchisme fasciste, débité sentencieusement depuis les hauteurs d’un échafaudage mobile. L’intrusion d’extraits de film d’époque, de fragment de discours mussolinien, contribue à inscrire l’œuvre dans un temps, mais sa portée intemporelle lui confère une dimension plus large, celle d’une mise en garde et d’un message aux générations futures.

 

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Le dernier texte, emprunté à Gramsci, l’ouvre à une réflexion politique et ce n’est pas son moindre mérite que celui de pouvoir être appréciée par des publics très composites !

 

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Liens

Parallèle sur le site de hTh

http://www.humaintrophumain.fr/web/events/parallelebig-bang/

Parallèle sur le site de la Cie La Grande Mêlée

http://www.lagrandemelee.com/2015/11/creation-2017.html

 

Vidéo

Teaser