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Armida

Opéra en trois actes de Gioachino Rossini (1792-1868)

d’après La Jérusalem délivrée du Tasse

Michele Gamba direction musicale

Mariame Clément mise en scène

Jean-Michel Criqui reprise de la mise en scène

Julia Hansen décors et costumes, Bernd Purkrabek lumières

Noëlle Gény Chef de choeur

Choeur de l’Opéra national Montpellier Occitanie

Orchestre national Montpellier Occitanie

avec :

Karine Deshayes Armida

Enea Scala Rinaldo

Edoardo Milletti Gernando / Ubaldo

Dario Schmunck Goffredo / Carlo

Daniel Grice Idraote Astarotte

Giuseppe Tommaso Eustazio

Coproduction Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie / Opera Vlanderen

durée 2h30 et 30 mn d’entracte

26 février et 28 février,  3 et 5 mars à 15h

Opéra Comédie – Montpellier

 

armida-rossini-02-PhotoAnnemieAugustijnscliché Annemie Augustijns

 

Armida ou Jérusalem au stade de la Mosson !

Mais qu’allait donc faire Rossini dans ce stade ?

Réduire le chef d’œuvre vocal auquel nous avons été confrontés à une péripétie sportive : étonnant ! Habitude, vieux tabous, après la mise en scène surprenante du Stabat Mater celle d’Armida nous a laissé pantois. J’ose ce « nous », car c’est un avis quasi unanime qui a résonné à mes oreilles durant l’entracte et à la sortie, sur le parvis de l’opéra.

 

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Pourtant la démarche était intéressante, « ni reconstitution historique médiévale, ni transposition réaliste moderne, mais un univers propre, qui évoque plus qu’il ne décrit, qui associe des images à travers les siècles, qui bouscule certains codes et en réinvente d’autres… ». Mais, patatras, le courant n’est pas passé ! La poupée gonflable, le mélange entre costumes médiévaux (très bien portés) et seyants ensembles noirs de chez Adidas, le « coup de boule » à la Zidane, fatal dans un affrontement, étaient-ils bien utiles ? L’approche de Mariame Clément, voyant dans ces sportifs de haut niveau les héros des temps modernes, plus faciles à appréhender que des chevaliers médiévaux, des princesses sarrazines, dont, après tout « on s’en fout ! », vise à atteindre les fondamentaux « de l’histoire de l’opéra qui va bien au-delà du contexte littéraire et historique« . Mais, semble-t-il, ce ridicule, dont la mise en scène a voulu éviter l’écueil, par un effet boomerang est revenu occuper le plateau.

 

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De temps à autre, pourtant, des trouvailles sympathiques viennent éclairer un décor qui pâtit, également, de toiles de fonds rappelant les belles années du théâtre de patronage. La forêt, tremblotant au moindre souffle, joue parfois sur de belles transparences, donnant à l’action ce recul intéressant né des ombres chinoise. La grande scène de la fin de l’acte II se déroule dans un environnement, merveilleusement kitch, fleurant diablement les compositions de « Pierre et Gilles« et le rouge flamboyant de l’enfer, lors de la scène finale, prouvent bien, s’il le fallait, les réelles capacités de la mise en scène.

 

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Et c’est d’autant plus dommage que, musicalement, ces deux heures trente de beaux airs, de morceaux quasi symphoniques, offrent un régal pour l’oreille. Une direction, brillamment assurée par Michele Gamba, donnant aux musiciens de l’OONM l’occasion d’exprimer tout leur talent – ah, ces cors ! – et des interprètes particulièrement inspirés nous ont procurés des sensations dignes des grandes œuvres du répertoire. Redonnant à cet opéra napolitain de Rossini, avec un des rôles féminins parmi les plus difficiles du répertoire romantique, la place qui lui revient, le pari de l’OONM est, musicalement, une réussite. Ces sept rôles masculins tentant de « contenir les ardeurs d’une unique soprano dans une succession de duos, trios et ébouriffants ensembles« , constituent, effectivement, une « rareté » ! Magnifique et envoûtante Karine Deshayes, infatigable Armida, superbe et amoureux Enea Scala, très présent Rinaldo, remarquables Edoardo Milletti,  Dario Schmunck, Daniel Grice, Giuseppe Tommaso, qui en Gernando, Goffredo, Astarotte, Eustazio, confèrent à ces rôles toute leur importance : la distribution finalement est de celles qui compteront pour les « Rossiniens ».

 

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Lien

Armida sur le site de l’OONM

http://www.opera-orchestre-montpellier.fr/evenement/armida

 

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Karine Deshayes

Vidéo

Teaser d’Armida (OONM)