Big Bang

BIG BANG – Créations en Région du 21 février au 3 mars 2017 à hTh et au Théâtre d’O – Montpellier

BIG BANG – Créations en Région

Deux années se sont écoulées où la scène de hTh est devenue un lieu de circulation pour le théâtre d’Europe et d’ailleurs. De nombreux artistes de toutes origines, espagnols, belges, suisses, argentins, américains ou portugais, sont venus apporter des éclats du monde sur notre scène, pour transformer, par la poésie et l’émotion, notre perception de nous-mêmes, des autres et de l’art. En parallèle avec la plateforme Générator des compagnies régionales, nous avons cherché à imaginer et à discuter ensemble comment un CDN pouvait questionner la création et la recherche artistique, à travers des spectacles partagés et discutés, des résidences, des laboratoires, des lectures performatives. Cette volonté d’échange et de débats a pris des formes multiples. Il nous fallait trouver à ces désirs réciproques et contradictoires un espace pour que le public puisse en partager l’énergie étrange et la diversité.

Voici enfin le Big Bang

Big Bang, ce sont les compagnies de la région qui proposent leurs visions singulières, éclatées, inquiètes, qui parlent du monde et au monde, qui l’interrogent et proposent des moyens de le percevoir autrement, de le refaire.
Derrière son caractère hétéroclite, fruit d’une volonté d’ouvrir ce moment fort de la saison à la richesse de la création régionale, Big Bang est profondément politique, si on entend par politique la volonté de transformer les ordres sociaux et intimes, les catégories émotionnelles et collectives qui agencent et perturbent nos vies et celles de nos concitoyens. Ce n’est pas une surprise  ; la conscience politique des artistes est indispensable à notre époque où le politique a perdu connaissance, où il cherche aveuglément son pouvoir et son destin. Chacun à leur manière, les artistes de Big Bang tracent un chemin entre actualité et histoire, entre destin intime et dérive du monde. Bruno Geslin crée Parallèle et repasse par l’histoire  ; il trouve dans la culture du sport et de l’éducation physique de l’Italie mussolinienne le matériau pour nous interroger sur la discipline et l’ordre public, la sédition et les révolutions anthropologiques fantasmées
par les détenteurs du pouvoir. Alain Béhar et la compagnie Quasi, avec Les Vagabondes, se lance lui dans une recherche poétique et philosophique entre réalité et virtualité. Il imagine des jardins virtuels entre chlorophylle et pixels, des histoires de frontières qui se déplacent pour en faire d’autres. Hélène Soulié avec Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce s’inspire du roman de Lola Lafon pour suivre le destin de trois filles, trois sœurs, qui rêvent de partir, mais ne partiront pas, ou peu, ou pas loin. Elles rêvent d’un changement qui n’adviendra pas, en tout cas pas pour elle, et de la rage qui est la leur face à l’obsession
de la société pour la normalité. C’est également une adaptation de roman, Le quatrième mur de Sorj Chalandon, qui guide Julien Bouffier et sa compagnie Adesso e sempre dans un projet entre documentaire et fiction entre la France et le Liban. Il invite des artistes libanais à rejoindre son équipe dans ce spectacle où
l’histoire et l’imaginaire, la guerre et la religion se télescopent et se répondent, pour faire traverser au public cette frontière entre réel et fiction que dessine la scène de théâtre. La question de l’histoire est aussi au cœur de Tumultes de Marion Aubert mis en scène par Marion Guerrero. Partant de la période de lutte
du front populaire, elles inventent une histoire d’aujourd’hui où une troupe de jeunes acteurs décident de préparer la révolution pour dresser le portrait d’une génération à la fois inquiète et créative qui décide d’empoigner le monde avec rage, esprit critique, humour et passion. Mathias Beyler et Stefan Delon s’interrogent dans μελαγχολία (melankholía) sur la grande maladie du monde occidental qui en fait aussi son génie, la mélancolie. Ses symptômes, que nous connaissons bien, sont la fuite en avant irrationnelle, la consommation, la recherche névrotique du nouveau, la perte du goût, de l’appétit, de l’émotion. Dans une recherche à la fois philosophique, esthétique et politique, ils imaginent la mélancolie comme le vaccin qui redonnerait à l’homme l’accès à ses sens. Autour de ces six spectacles, trois formes brèves, entre chantier, work in progress et impromptus sont proposés par Claire Engel et la compagnie Chagall sans M, le NU collectif
de Sébastien Lenthéric et Axelle Caruzzo, et la compagnie TBNTB de Benjamin Barou-Crossman pour offrir au public de hTh des formes en état de gestation, des spectacles en devenir.
Notre Big Bang c’est le cœur de la création, ici et maintenant.

SPECTACLES

Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce // Exit Cie, mise en scène Hélène Soulié
Tumultes// Cie Tire pas la Nappe, mise en scène Marion Guerrero
Le quatrième mur // Cie Adesso e sempre, un projet de Julien Bouffier
μελαγχολία (melankholía) // U-structurenouvelle, Stethias Deler
Les Vagabondes // cie Quasi, Alain Béhar
Parallèle // Cie La Grande Mélée, Bruno Geslin

CHANTIERS

Gladiatrice (un métier d’avenir) chantier # 2 : l’idéal // Cie Chagall sans M, Claire Engel
A Few Seconds after Darkness // N.U collectif – Axelle Carruzzo & Sébastien Lenthéric
El duende // Cie TBNTB, Benjamin Barou-Crossman

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