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Begin the Beguine

Création

Texte : John Cassavetes

Mise en scène : Jan Lauwers

hTh (humain Trop humain) – Montpellier (Grammont)

du 26 au 28 janvier et du 31 janvier au 3 février – 20h

durée 2h05

 

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Avec Inge Van Bruystegem, Romy Louise Lauwers, Gonzalo Cunill, Juan Navarro

Assistante à la mise en scène et dramaturgie : Elke Janssens

Traduction en français : Dominique Hollier

Traduction en espagnol : Antonio Fernandez Lera

Production déléguée : Humain trop humain – CDN Montpellier

Recréation d’une production Burgtheater, Vienne & Needcompany, mars 2014

droits de représentation :  S. Fischer Verlag GmbH, Frankfurt am Main, Germany

 

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Entre Amour et Mort, danse pour quatre corps !

Nus, les quatre acteurs surgissent des hauteurs de la salle et déboulent sur le plateau, nus comme pour une naissance ! Tout est là, face à nous, et tout se met en place avec et devant nous. Les personnages s’habillent et endossent leurs personnages. Ils seront Gito et Morris, Bibi et Shelly. La machine peut se mettre en route !

De la pièce de Cassavetes, écrite en 1987, Lauwers a fait sa chose. Exit les deux amis vieillissants, exit l’appartement de bord de mer. Il reste un duo détonnant, passant de l’excitation extrême à l’abattement total, de la perception désabusée à la naïveté proclamée. Ils sont pitoyables, émouvants, attachants et grotesques. Ils sont si différents et si proches de nous, de nos petites vies, de nos bons sentiments et de nos contradictions… ils sont nous et ils sont bons !

Que cherchent-ils ? Ils veulent être tranquilles, se poser le moins de question possible et ils veulent vivre. Deux heures de confrontation, de face à face, le plus souvent avec eux-mêmes, deux heures qui s’écoulent sans fléchissement, sans chute de tension. Un catalyseur, un révélateur : les femmes ! Les femmes, elles sont là, sur le plateau, accompagnées de toutes les absentes, les ex-femmes, les mères. Sublimes Romy Louise et Inge qui, prostituées, danseuses, amies, amantes, vont venir et revenir sans cesse pour relancer ce lourd dialogue.

Les incessants appels téléphoniques à Jeffrey, le « maquereau » de service, ramènent en pleine lumière ce couple de femmes, toujours différentes et toujours identiques. On baigne, on se noie, dans une inaccessible quête de l’Amour, oscillant entre tendresse et violence, sexualité affirmée et sentimentalité espérée. Dans cette désespérance, dans ces lieux plongés dans l’obscurité, une étincelle pourtant et « si le noir est l’absence de lumière, alors l’amour c’est au moins une porte entrouverte. »

 

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De la femme réduite à un « plat cuisiné », il ressort une soif d’absolu, une volonté d’être à l’écoute, il s’agit bien, ici, de « prendre au sérieux les souhaits profonds d’un homme, qu’il soit haïssable ou beau , bon ou mauvais. » Du discours incessant qui s’installe, de ces monologues sans issue, on ressort essorés.

Si on a pu s’immerger et vibrer à cette longue dérive on le doit, aussi et avant tout, aux acteurs. Nous connaissions Juan Navarro et Gonzalo Cunill, nous avons découvert avec bonheur la fraîcheur, le professionnalisme, de Romy Louise Lauwers et la blonde beauté de Inge Van Bruystegem, toutes deux issues de la Needcompany.

Mise en scène dépouillée, réduite au strict nécessaire, à l’image des protagonistes plus souvent nus qu’habillés, bande son minimale mais toujours bien venue, jeu des acteurs maîtrisé mais laissant libre cours à la créativité, Lauwers a su retrouver l’essentiel de la pièce de Cassavetes, l’inscrivant dans la continuité de son œuvre.

 

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Liens

hTh

http://www.humaintrophumain.fr/web/events/begin-the-beguine/

Jan Lauwers et la Needcompany

http://www.needcompany.org/FR/begin-the-beguine

 

Vidéo

Begin the Beguine (Cole Porter) par Artie Shaw