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Retour sur (sans titre) (2000) et Radio Vinci Park

(sans titre) (2000)

conception Tino Sehgal

interprétation Boris Charmatz

date de creation: 2000

durée: 50 min

« Le Roi est nu ! »

Dans un décor totalement dépouillé, sans musique, éclairage limité à celui du plateau, Boris Charmatz, nu lui aussi, nous offre près d’une heure de voyage au « Musée de la Danse ». Jouant de et avec son corps, jouant avec le public, complice, il revisite le mythique solo de Tino Sehgal (sans titre) (2000). Avec brio et décontraction il effectue la « traversée époustouflante d’une vingtaine de styles de danse du XXe siècle ».

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Boris Charmatz

« Tino est vraiment un danseur, un chorégraphe, qui a choisi une autre direction…

…Un homme tout seul, tout nu, « fait » le 20ème siècle en danse. Bon, il fait du Tino Sehgal, mais quand même le 20ème siècle est en nous. L’art n’existe pas seulement dans l’objet réel, il fonctionne beaucoup dans la pensée, dans la mémoire.

Pourtant pour ses danses, Tino n’utilise jamais une vraie citation, il travaille plutôt la reprise, le reenactment, toujours à sa manière, décalé, faux, à peu près. Pour chaque pièce il y a des approches différentes pour chacun d’entre nous… L’invention d’une histoire est finalement quelque chose de très collectif…

Tino Sehgal se balade dans l’histoire, il aime jouer des contrastes. Il voulait, par exemple, faire un tout petit Pina Bausch, parce qu’il venait de l’école d’Essen, qui est très influencée par la chorégraphe de Wuppertal. Il a fini avec une référence à Marcel Duchamp, l’origine du 20ème siècle. Mais « je suis une fontaine », c’est aussi la fin du 20ème siècle, parce que c’est du Jérôme Bel… Et puis il y a un focus dans la pièce sur le sexe. C’est aussi une chorégraphie sur un sexe qui se balade et à la fin l’attention se resserre sur cette partie du corps. Ce n’est certes pas le but de la pièce, mais c’est aussi une manière de la penser…

C’est une pièce parfaite pour le Musée de la danse. »

(extraits d’un entretien avec Boris Charmatz)

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cliché Théo Mercier

Radio Vinci Park

Mise en scène : Théo Mercier

Danse, chant, chorégraphie : François Chaignaud

Clavecin, arrangements musicaux : Marie-Pierre Brébant

Stunt : Space Lolo

Collaboration artistique : Florent Jacob

Avec : Space Lolo , Marie-Pierre Brébant, François Chaignaud

Durée 45 mn

 

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cliché Théo Mercier

« Voyage au bout de la nuit »

Voyage en autobus vers une destination prévisible, mais inconnue : un parking souterrain. Le temps de trois soirées, hTh changé en tour operator,  pour un séjour en underground.

On se presse lentement vers la bouche béante d’un monstre de béton, un de ces parkings enterrés du quartier Antigone, et porte refermée nous voici projetés dans l’univers musical de Radio Vinci Park. Portés par les accords raffinés du clavecin de Marie-Pierre Brébant, nous sommes entrainés vers l’arène, lieu de l’affrontement. Entre l’homme en noir, impassible sur son noir destrier d’acier et de gomme, et le blanc danseur, travesti en executive woman, s’installe un rituel aux figures baroques. Le chant, la danse, la maîtrise de l’espace, offrent à la performance de François Chaignaud, la sulfureuse aura des anges de l’enfer. Pas un murmure ne parcourt l’assistance, fasciné l’auditoire regarde, écoute de superbes arias devenus autant de péans infernaux. A l’issue de la parade, le monstre de métal s’anime et dans le rugissements des chevaux maîtrisés sort vainqueur du duel, traînant à sa remorque la dépouille de l’ange pitoyable. Beau, magnifique, de la beauté de l’enfer surgie du tréfonds des âmes !

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cliché Théo Mercier

Un spectacle qui nous plonge dans les plus noirs des fantasmes urbains, de Milos Manara aux Snuff movies, du gang Yakusa de Black Rain au Minos en Z1000 de Peur sur la ville.

Après cette soirée, pourra-t-on voir d’un même œil ces espaces aseptisés, musicalement corrects, où sagement, le soir, nous rangeons nos voitures aux pieds de nos immeubles, au cœur de nos cités ?

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cliché Théo Mercier