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Retour sur GISELLE à l’Opéra Berlioz – Montpellier dans le cadre de Montpellier Danse – Novembre 2016

Retour sur Giselle
Montpellier-Danse
Jeudi 17 novembre
Ballet du Capitole – OONM Occitanie
Opéra Berlioz – Montpellier

GISELLE
Musique : Adolphe Adam
Chorégraphie et mise en scène : Kader Belarbi
Décors : Thierry Bosquet
Costumes : Olivier Bériot
Créateur bijoutier : Marc Deloche
Lumières : Sylvain Chevallot

Durée 2h20 avec entracte

BELARDI, DEMIURGE, ET SON NOUVEL ADAM

Magique, magnifique, ce sont ces deux adjectifs qui, spontanément, fleurissent sur mes lèvres et celles de mes voisins de fauteuil, à l’issue de cette fabuleuse représentation.

giselle montpellier

© David Herrero

Giselle c’est tour d’abord la grâce, la maîtrise toute en nuances de Giselle, magnifique Natalia de Froberville, et la force élégante de Loys/Albrecht, parfaitement rendue par Ramiro Gomez Samon. Un premier acte, enraciné sur le plateau, « terrien » pour reprendre l’expression même de Kader Belarbi. Ici pas de pointes, les chaussons disparus au profit des pieds nus les paysans devenus vignerons se lancent dans des danses populaires. Cette relecture de l’œuvre d’Adam bénéficie du travail conjoint de Belarbi et de Philippe Béran, dépoussiérage, retour à la partition originale. La modernité n’exclut pas la fidélité ! Le versant théâtral prend le pas sur le côté ballet et, par moment, on se retrouve dans des scènes de genre.
Avec le deuxième acte, les Wilis, ces « filles de l’air », vaporeuses et virtuoses à souhait, renouent avec la grande tradition du ballet à la française. Blancheur des costumes, ambiance immatérielle, recours à la « Danse » avec tous ses attributs. Les « menées » de Myrtha et des Wilis sont particulièrement légères et relèvent de l’anthologie. Une mention spéciale pour Myrtha, majestueuse Lauren Kennedy, campant une reine des Wilis en pleine possession de ses moyens. Certains lui reprocheront un peu de raideur, un certain déficit de grâce, mais c’est un rôle de reine !

giselle montpellier

© David Herrero

La dualité entre monde terrestre et monde des esprits s’impose avec toute la finesse et le savoir-faire du chorégraphe.

La rencontre en « bord de scène » apporte une conclusion intelligente a cette soirée d’exception. On y découvre les rapports privilégiés entre Kader Belarbi et la Danse, ses méthodes de recrutement, son goût pour le travail « bien fait ». Faisant la part belle au dynamisme et aux capacités physiques dans le choix de ses danseurs, on réalise combien, au regard du nombre impressionnant de candidatures, la danse constitue pour beaucoup de jeunes un objectif prestigieux.

Reprenant les propos de Belarbi, pour qui « Il paraît essentiel de respecter les ouvrages du passé en formulant une transmission, une tradition qui se perpétue. Mon souhait est de créer un Giselle vivant et actuel, qui s’inscrive dans le regard et le désir d’aujourd’hui. », on peut lui décerner avec plaisir un : Mission accomplie !

giselle montpellier

© David Herrero

Un sans faute et un somptueux écrin offert par cette Giselle à une saison de Montpellier-Danse 2016, s’annonçant prometteuse.

Biographies :

Kader Belarbi : Danseur et chorégraphe, Kader Belarbi se distingue par une inépuisable curiosité et un appétit renouvelé d’aventures dansées. Après avoir suivi l’enseignement chorégraphique à l’École de danse de l’Opéra de Paris, il est engagé, en 1980, dans le Corps de ballet dont il gravit les étapes avec brio. En 1989, il est nommé Étoile avec le rôle de L’Oiseau bleu dans La Belle au bois dormant de Rudolf Noureev. Dix-neuf ans plus tard, il fait ses adieux officiels au Ballet de l’Opéra de Paris avec Signes de Carolyn Carlson. Il est associé à de nombreuses créations mondiales signées par des chorégraphes majeurs et d’esthétiques différentes.
Également chorégraphe, Kader Belarbi est l’auteur d’une trentaine de ballets : Giselle et Willy (1991), Salle des pas perdus (1997), Les Saltimbanques (1998), Hurlevent (2002) pour le Ballet de l’Opéra de Paris, Les Épousés (2004) pour les Grands Ballets Canadiens, Le Mandarin merveilleux pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève (2007), Formeries pour un clown, des musiciens et des danseurs de l’Opéra de Paris (2008), un Pierrot lunaire accompagné d’une danseuse et d’un guitariste (2011). Pour le Ballet du Capitole, qu’il dirige depuis le 1er août 2012, il crée Liens de table et À nos Amours (2010), La Reine morte (2011), Étranges Voisins (2012), Entrelacs, Le Corsaire, La Bête et la Belle (2013) et Bach-Suite III (2014).

Ballet du Capitole : Pendant plus de deux siècles, l’activité du Ballet du Capitole suit entièrement celle de l’art lyrique en tant que ballet-divertissement des opéras. Il faut attendre 1949 pour que les premières soirées entièrement consacrées à la danse soient mises en place, grâce à Louis Orlandi, maître de ballet et chorégraphe. Le Ballet du Capitole va enfin afficher des soirées dédiées à la création chorégraphique. Il connaît alors de belles heures avec ses directeurs de la danse : Louis Orlandi (1949-1954 et 1963-1978), Juan Giuliano (1978-1984), Jacques Fabre (1984-1994) et Nanette Glushak (1994-2012). Depuis août 2012, Kader Belarbi, chorégraphe et danseur Étoile, est directeur de la danse au Théâtre du Capitole. Le Ballet du Capitole compte 35 danseurs de 11 nationalités.

Liens :

Montpellier Danse
http://www.montpellierdanse.com/spectacle/giselle

Ballet du Capitole (site du Théâtre du Capitole)
http://www.theatreducapitole.fr/1/le-theatre/le-ballet-du-capitole/les-danseurs/corps-de-ballet/

Vidéos :

Répétition de Giselle commentée par K. Belarbi

Extraits de Giselle au théâtre du Capitole (2015)