RETOUR SUR MELANKHOLIA
Création

Mise en scène : Stethias Deler / Scénographie : Daniel Fayet / Création lumières : Martine André
Avec : Edith Baldy, Sylvain Stawski, Phil Von (créateur sonore), Cyril Laucournet (vidéaste/VJ), Stefan Delon et Mathias Beyler (régies)
3 et 4 novembre – Théâtre Jean Vilar (Montpellier)

Une « militante » MÉLANCOLIE !

Aujourd’hui, deux jours après, j’essaie encore de trouver mon chemin au sein d’un spectacle « étonnant » ! Qu’avons-nous vu, qu’avons-nous entendu, qu’ont-ils voulu nous donner à voir et entendre. Mes yeux se ferment et je revois six personnages, habitant la scène, un plateau en création, de toutes les façons possibles. Il y a celui, ceux qui, aux pupitres, jouent sur la lumière et le son, il y a le vidéaste nous renvoyant sur grand écran des fragments, des découpages de l’action en cours… et il y a l’action, ceux qui s’y adonnent.

Depuis « la mélancolie d’Ajax », retrouvée à l’occasion sur le petit podium, à l’angle du plateau, en passant par exhibitions, chansons, la mélancolie est en marche. MELANKHOLIA, « humeur noire » en latin et « bile noire » en grec, c’est aussi le « spleen » des romantiques, le « mal du siècle »…est ici battue en brèche par la joie, l’insouciance, le laisser-faire des six interprètes. Apparemment livrés à eux-mêmes, laissant libre cours à leur imagination, allant et venant sur un plateau débordant sur les coulisses, les acteurs font preuve d’une incontestable présence même si certains paraissent (mais c’est leur rôle) plus présents que d’autres. Sylvain Stawski, belle voix, puissant, emplissant le plateau de son volume, tendresse féminine et verdeur du bûcheron confondus ; Edith Baldy, dont la liberté corporelle apparaît si naturelle qu’elle « demeure habillée » même a demi nue ; sans oublier les quatre autres intervenants qui, à l’occasion, se mêlent à l’action. Impression générale mitigée, la pièce est-elle encore à faire, se fait-elle et défait-elle, face à nous, par la volonté de ses créateurs. Sont-ils, tout simplement, portés par l’intense désir de nous « accompagner délicatement …vers une issue peut-être moins fatale qu’on nous le dit. »

Entre théâtre et performance, le genre se cherche, mais est-il nécessaire qu’il se trouve ? N’est-il pas suffisant que nous y rencontrions le remède pour « nettoyer en profondeur ce vingt-et-unième siècle si pénible à naître ? »

Il faut absolument aller les revoir, au domaine d’O, les 28 février et 1er mars 2017 !