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Retour sur ARIE ANTICHE à l’Opéra Comédie – Montpellier – 26 mai 2016

Retour sur ARIE ANTICHE

Opéra Comédie – Montpellier

Jeudi 26 mai – 20h

 

Nathalie Stutzmann

Orfeo 55

 

Un Chef nommé… Nathalie !

Opéra-Comédie, ce jeudi soir, 19h45 ! Cela se remplit, doucement mais sûrement. « Ce sera comble, on a bien fait de s’y prendre à l’avance… ». Les commentaires sont en marche, le public aussi, public plutôt senior… mais il y a des jeunes, aussi !

A l’avant-scène, au dessus de la fosse d’orchestre, le grand rideau en arrière plan, la « table » est mise. Un petit clavecin, gris et or, attire tous les regards faisant presque oublier un plus discret orgue d’orchestre, pourtant remarquable. La salle s’est gentiment remplie, ambiance bon enfant et discussions animées, on est très loin des soirées à l’opéra version fin années soixante.  Enfin la lumière descend et Orfeo 55 entre sur le plateau. Ils sont onze, les violons au jardin, orgue et clavecin au centre, alto, contrebasse, violoncelle et théorbe côté cour, il ne manque que leur âme, Nathalie Stutzmann. Lorsque, brusquement, elle surgit, sobrement vêtue d’un costume masculin sombre, sa présence s’impose, elle envahit le plateau. La rigueur du chef d’orchestre assouplie par une féminité assumée, sa première direction, un extrait de l’oratorio « Sant’Elana al Calvario », de Leo, nous plonge immédiatement dans l’ambiance de ce concert. Œuvres choisies, extraites de la collection « Arie Antiche » rassemblée par Parisotti, faisant lui-même à la fin du XIXe siècle une compilation de pièces chantées, c’est le meilleur du meilleur qui va nous être proposé. Bien sûr un choix, effectué parmi un autre choix, est forcément réducteur, nécessairement marqué par les goûts de ceux qui l’ont effectué, par les modes de l’époque, mais tel qui l’est on ne peut qu’apprécier.

arie antiche

La première partie nous entraîne de Leo à Vivaldi, à la rencontre de onze extrait. La voix de Nathalie prend toute sa valeur, donne toute sa puissance dans un vigoureux « Vittoria » de Carissimi, devient enjouée, s’arrondit au gré de passacailles, pour exploser dans l’extrait du majestueux « Farnace ». Entracte passé à ma place, profitant du savoir faire de l’accordeuse redonnant au clavecin la justesse fragile de ses notes, plaisir de savourer l’atmosphère hors du temps qui émane de la salle.

La reprise avec « Vergin tutto amor », de Durante, nous introduit aux possibilités de la voix de ce contralto-chef d’orchestre atypique. « Mais comment fait-elle pour diriger et chanter, en même temps ? » glisse, d’une voix un peu forte, ma voisine à l’oreille de son mari. L’enchantement fonctionne, on applaudit entre les morceaux… parfois même sur une reprise !

Les extraits de Vivaldi, Stradella, autant de petits délices auxquels nous convie Nathalie Stutzmann, dont les jeux de scène et les mimiques apportent le supplément d’âme. Apothéose avec le « Cessate ornai cessate », cantate profane de Vivaldi, dans laquelle elle joue avec tous les registres de sa tessiture.

Les applaudissements, les rappels surent convaincre Orfeo 55 et son chef, malgré une compréhensible fatigue, de nous en redonner à entendre et ce n’est pas moins de trois bis auxquels nous avons eu droit. Parmi eux, un émouvant « Plaisir d’amour », chanté et « joué » par Nathalie Stutzmann ayant l’air d’y trouver autant de bonheur que ce qu’elle nous en faisait éprouver.

À entendre les conversations, à voir les sourires, mission accomplie pour Orfeo 55, son chef-contralto et l’OONM.

 

Les interprètes

Nathalie Stutzmann

« Lauréate HSBC de l’Académie du Festival d’Aix-en-Provence, Nathalie Stutzmann compte parmi les personnalités musicales les plus marquantes de notre époque : l’une des rares authentiques voix de contralto, mais également l’une des grandes révélations de ces dernières années en tant que chef d’orchestre. Son approche à la fois libre et rigoureuse et l’intensité émotionnelle de ses interprétations lui valent l’appréciation du public et des orchestres qu’elle dirige.

Nathalie Stutzmann

En tant que soliste, elle travaille régulièrement avec les plus grands chefs et se produit avec des orchestres prestigieux comme le Philharmonique de Berlin, le Philharmonique de Vienne, l’Orchestre de Paris et le London Symphony Orchestra.

Nathalie Stutzmann mène également une brillante carrière de chef d’orchestre au Japon. Après des débuts remarqués avec le New Japan Philharmonic, elle est invitée en 2014 par Seiji Ozawa à codiriger l’Orchestre de chambre de Mito, qu’elle retrouvera en 2016.

Nathalie Stutzmann a une formation de pianiste et bassoniste. Pour le chant, elle a reçu l’enseignement de sa mère, Christiane Stutzmann, avant d’étudier à l’école d’art lyrique de l’Opéra de Paris avec Michel Sénéchal. Également élève de Hans Hotter, elle a été formée à la direction d’orchestre par Jorma Panula.

Elle est Officier des Arts et des Lettres et Chevalier de l’Ordre National du Mérite, Officier du Mérite Culturel de Monte-Carlo. »

« Avec la création de l’ensemble Orfeo 55 en 2009, Nathalie Stutzmann concrétise un rêve de toujours : avoir son propre orchestre de chambre. À la tête d’Orfeo 55, elle impose la rigueur musicale, la liberté expressive et l’intensité émotionnelle qui font sa réputation en tant que chanteuse et chef d’orchestre.

Ensemble à géométrie variable, Orfeo 55 adapte ses effectifs aux œuvres abordées. Chaque musicien de l’ensemble est recruté individuellement selon ses qualités musicales et techniques, ses critères sonores, sa flexibilité et son intégration dans l’esprit du groupe.

Orfeo 55 aime à proposer une vision très personnelle des œuvres pour lesquelles Nathalie Stutzmann éprouve une véritable passion, à les partager dans des interprétations privilégiant la plus grande expressivité, une sensualité des couleurs tant vocales qu’instrumentales, des sonorités rondes et chaleureuses adaptées aux grandes salles modernes. »

 

Liens

OONM

http://www.opera-orchestre-montpellier.fr/evenement/arie-antiche

Nathalie Stutzmann

http://nathaliestutzmann.com/fr/

Orfeo 55

http://www.orfeo55.com/

 

Vidéos

Vivaldi « Les quatre saisons », L’été (Presto). Nathalie Stutzmann, direction, Renaud Capuçon, violon, Orfeo 55. Victoires de la Musique Classique (2013)