LE PRINCIPE DU TRUC

Retour sur  » LE PRINCIPE DU TRUC  » au Théâtre Jean Vilar – Montpellier – Mai 2016

RETOUR SUR « LE PRINCIPE DU TRUC »
Présentation d’une étape de travail
Théâtre Jean Vilar – Montpellier

Samedi 14 mai, 16 h, la salle est encore en attente de public et pourtant sur le plateau, côté jardin, un groupe attaque une discussion. Ils doivent faire le point sur cette création partagée et cela ne paraît pas aller de soi : « J’ai la confirmation de deux personnes ! » – « Les gens donnent leur accord, puis ils ne sont pas libres, le jour prévu ». Ils se déplacent, l’un d’entre eux s’allonge, il est fatigué, un peu déçu, peut-être. Cette discussion dure, une véritable séance de travail ! Du fond de la scène, toujours au jardin, lentement des personnes s’avancent, des femmes essentiellement. Elles vont prendre place sur des bancs, de l’autre côté du plateau, ce sont des habitantes du quartier. Le « principe du truc » est en route !

Des photos, la vie d’un quartier à 7h, puis à 7h08, au micro une des participantes commente. Sa voix est hachée, sa diction rapide, elle vit sa description. D’autres apportent leur témoignage. C’est vivant, informel, mais tout doucement on entre de plain-pied dans la vie de ces personnes, dans leur environnement quotidien. Mauvaise réputation, pas d’avenir… À voir ! L’une dit ce qu’elle y a trouvé, l’autre insiste : « Il y a de bonnes choses, aussi ». On découvre les « nettoyeurs », ces hommes munis de « karchers », leur parcours erratique, « ils vont de droite à gauche… et contournent les obstacles ». Une participante s’évertue à faire fuir les pigeons sur l’air – quelle tristesse ! – du duo des fleurs de Lakmé. Après ce rapprochement, quelque peu étonnant, on reparle de convivialité, de repas, de cuisine mais aussi des chiens, de leurs déjections…

LE PRINCIPE DU TRUC

La lumière monte, éclaire toute la scène, se refait confidentielle, intime.

Du fond de la salle une voix intervient, c’est Kevin, un animateur de rue. Le seul, ou presque, restant dans le quartier. Il monte sur scène et raconte. Son arrivée, ses premiers contacts. Les habitantes jouent le jeu, elles deviennent ces jeunes qui « tiennent les murs » et entament un échange avec l’animateur. Mais il faut qu’il travaille, alors il demande qu’on l’accompagne sur le terrain et sort, suivi par un petit groupe issu du public. Quelques instants plus tard, c’est un des membres de l’équipe, jusque-là assis derrière la table, qui propose de le suivre pour une découverte « surprise ». Ces « formes » vont priver leurs participants de la suite du déroulement de l’œuvre, mais on comprend très vite que c’est aussi le principe « du principe du truc » que cette immersion dans des lieux choisis de ce territoire.

On est sorti, le petit groupe auquel j’appartiens fait connaissance en empruntant, hors des grandes artères, un chemin « champêtre », jusqu’à la médiathèque Jean-Jacques Rousseau. Accueil sympathique, parcours au travers des différents espaces de ce bel outil. On se pose, enfin, après être avoir récupéré dans les rayonnages de la grande salle plusieurs ouvrages. Après un aperçu de la cartographie du « principe », grâce à la facilité de travail apportée par le numérique, lectures alternées d’extraits de « 33 Newport Street », de Hoggart, et de « Phobos, les mals famés ». On écoute, on commente. Le but de cet échange est de s’interroger sur un parallèle possible entre les textes extraits de ces deux publications. Chacun donne son point de vue.

Retour, toujours par les chemins détournés, vers Jean Vilar. L’arrivée, par les coulisses coté cour, se fait discrètement au milieu d’un groupe de jeunes filles, piaffant, impatientes de faire leur entrée. Sur le plateau une film est projeté, une voix masculine le commente… c’est pourtant le récit d’une femme. Belles images, nostalgie de chemins parcourus, au travers des saisons, en direction de l’école. Assis en tailleur, à la lueur de chandelles, des participants immobiles occupent le plateau durant la projection de ce très court-métrage. Et puis, place aux jeunes ! Toute une floraison de jeunes filles, presque des enfants, impatientes de se raconter, de dire leur vie, leurs projets. C’est vivant, brouillon, cela redevient sérieux avec le témoignage d’Ines, une jeune adulte, fière de son parcours… elle sera prof d’anglais, elle est presque au bout de son cursus et veut aider les autres à se réaliser.

Les jeunes filles vont finalement quitter le plateau, remplacées par des échanges entre participantes. On revient à des dialogues, des monologues, pour finir par un inventaire, à deux, du contenu de sacs à main. Un peu long mais étrangement poétique.

Fin de la présentation et sentiment très fort d’avoir entrouvert une porte sur ce qui sera « Le principe du truc ». Impression de s’être confronté à un quartier, le quartier Mosson, la Paillade des origines, bien différent des clichés éculés : différent mais complexe, empli de promesses et de difficultés. Une belle fin d’après-midi de rencontres entre acteurs, professionnels et amateurs, et un public qui trois heures durant a suivi, écouté, vibré et applaudi cette œuvre en devenir. Création partagée, création à partager et encore de longues heures de travail, avant les représentations des 8 et 9 octobre, au théâtre Jean Vilar, pour le début de la prochaine saison.

Jean-Claude Rivière

Quelques clichés : 

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