Imagesingulieres à la Chapelle du Quartier Haut

Imagesingulières à la Chapelle du Quartier Haut – SÈTE #16 – Mai 2016

SÈTE #16
PAULA LÓPEZ-DROGUETT, CRISTÓBAL OLIVARES, TOMÁS QUIROGA, NICOLAS WORMULL

Comme dans le reste de la cité sétoise, le Festival Imagesingulières trouve place en la Chapelle du Quartier Haut. Une exposition intéressante à plus d’un titre et décevante sur d’autres.

Définie comme collective sous le terme Sète #16, cette exposition réunit quatre photographes chiliens qui avaient déjà effectué la même exhibition à Valparaiso. Le parti pris fut de mélanger tous les photographes exposés sans aucune vignette nominative pour servir de quelconque repérage au visiteur. Pari audacieux mais plus que réussi lorsque l’on parcourt la Chapelle. Quatre visions différentes qui loin de s’opposer se complètent donnant au final une cohérence à l’accrochage réalisé. L’image devient essentielle en omettant volontairement de la cataloguer, de la nommer, de la rattacher à l’un des artistes présents. Comme le faisait remarquer à juste titre l’une des spectatrices présentes, “un peu comme sur Instagram lorsque tu fais une recherche par thème“. Nul n’est forcé d’apprécier l’ensemble. On se contente de piocher, de passer ou oublier tel ou tel cliché pour, immédiatement, en découvrir un qui fera ton plaisir ou ton intérêt.

Cohérence également au niveau du choix des artistes. Quatre photographes, quatre visions, quatre styles qui, encore une fois, se complètent, s’assortissent sur ce thème commun. Sète, ville à part, île singulière, cité diverse.

En revanche, la scénographie mise en place m’a laissé quelque peu dubitatif en particulier faute au format des photographies exposées. S’il est vrai qu’il y a profusion d’œuvres exposées, ce choix des petits ou moyens formats laisse un peu songeur. Réussir une exposition, c’est mettre en adéquation les créations exposées avec le lieu qui les accueille. Hors, en ce cas précis, il n’en est rien. Je ne répéterai jamais assez à quel point la Chapelle du Quartier Haut est un endroit particulier, magique. Une magie qui a besoin de s’emplir, de se remplir ce qui est loin d’être le cas ici. Cet espace immense se satisfait difficilement de ces formats trop petits. De même un choix de vitres de protection moins réfléchissantes compte tenu de l’éclairage particulier du lieu aurait également été le bienvenu.

Mais ne gâchons pas notre plaisir.  Cette exposition mérite votre visite, autant pour la qualité des photographies présentées que pour la magie de l’endroit. Pour la scénographie, vous serez seuls juges.

Quelques clichés de l’exposition :

The requested album cannot be loaded at this time. Error: GraphMethodException Code: 100, Unsupported get request. Object with ID '647436432073340' does not exist, cannot be loaded due to missing permissions, or does not support this operation. Please read the Graph API documentation at https://developers.facebook.com/docs/graph-api

COMMUNIQUE DE PRESSE :

“Cette année, ils s y sont mis à quatre pour explorer une ville totalement inconnue d’eux. Quatre qui, au final, ne font qu’un puisqu’ils ont décidé de mêler, sans les signer individuellement, leurs images et de les combiner avec d’autres, trouvées sur place, plus anciennes, qui les ont attirés : un visage ici, un éclat solaire plus loin, des ombres ici ou là, des couleurs parfois. Si les quatre ont en commun d’être chiliens et de pratiquer la photographie, leurs grammaires sont bien différentes et c’est du montage de leurs regards que naît, pour la première fois depuis que nous pratiquons l’exercice annuel de cette carte blanche, une ville aussi problématique.

Imagesingulieres à la Chapelle du Quartier Haut

Chaque année, nous avons pu constater que chacun des auteurs, finalement, trouvait dans sa confrontation à Sète l’occasion de confirmer et de développer – souvent en prenant des risques – ce qui fonde ses choix photographiques. Ville prétexte dont ils ont révélé des personnages, dont ils ont renouvelé les perspectives, dont ils ont souligné la complexité, dont ils ont également réinventé une identité qui s’affirme en dialogue avec ce qu’ils sont, eux, profondément.
Sète territoire pour un exercice, espace de développement et d’affirmation de points de vue singuliers.

Nous retrouvons naturellement cela dans cette partition à quatre visées. Avec davantage de dissonances, de crissements, de questionnements. Plus radicaux peut-être, moins préoccupés de « dire » la ville que de la bousculer, tout en s’interrogeant sur la photographie en train de se faire et les multiples sens et fonctions qu’elle peut prendre. Là est peut-être l’essentiel dans cette approche multiple . essayer de savoir à quoi cela sert de photographier aujourd’hui, de se dire photographe quand tant d’images, en tous sens, s’accumulent et circulent, devenues illisibles.

Ici, les matières peuvent être tour à tour douces ou granuleuses, tranchantes ou estompées, les couleurs pelucheuses ou intenses, les gris peuvent vibrer mais les contrastes peuvent se faire violents, le cadre peut tour à tour tanguer ou installer la confrontation. Pourtant si les choix, différents, radicaux, parfois durs, de lumières qui servent à révéler au scalpel formes, espaces, personnages, détails, signes, animent l’ensemble et empêchent que nous réduisions la ville au seul plaisir des surprises graphiques et émotionnelles que nous sommes en mesure de partager, c’est la notion du temps qui est cette fois-ci centrale. Et bouleversée.

Imagesingulieres à la Chapelle du Quartier Haut

Prise de vue. Enregistrement qui fige des instants définitivement disparus dont la trace nous installe dans une tension entre maintenant et demain. Très vite, mais pour ralentir ce qui s’est enfui. Images collectées, cartes postales, portraits anciens, souvenirs de moments que ceux qui les choisissent n’ont pas connus et qui ne leur évoquent rien d’autre que la forme qui les séduit. Point de nostalgie, mais une manière de réactiver du passé, de lui donner une actualité, de lui redonner du sens, de l’inventer subjectivement et, en le confrontant aux images récentes, de dire qu elles aussi auront plusieurs vies, plusieurs temps. La combinaison de deux modalités de ce qui fut invente, outre des chocs visuels et formels, un temps qui n’existe pas dans l’expérience. Avant-hier, hier, maintenant s’articulent étrangement pour projeter notre imaginaire vers demain. Nous sommes bousculés, de façon dynamique, par cette énergie qui dénie à l’horloge la capacité de résumer l’histoire. L’histoire, elle doit être une façon de mettre en doute et en perspectives aujourd’hui à l’aune de ce qui, aujourd’hui, nous émeut dans les échos d’hier.

Imagesingulieres à la Chapelle du Quartier Haut

Animée par quatre regards concomitants, l’image de Sète devient tendue entre une étonnante rapidité, des successions d’éclairs, et un apaisement inattendu produit par le mixage des points de vue, par la confrontation des différences. Des narrations, éclatées, qui correspondent à chacun des parcours, traversent l’ensemble sans construire un récit mais en lançant, par bribes, des pistes pour le regard, pour l’expérience, pour un rythme vital de l’appréhension du monde.
Et, alors que tout cela nous semble aller tellement vite, nous voici en situation de ralentir. Pour voir, tout simplement.

Cette expérience du regard multiple correspond à un moment où le dialogue photographique entre Sète et d’autres festivals, aussi lointains géographiquement que proches dans leurs projets, se développe. Elle dit clairement que l’enjeu n’est en rien la représentation de la ville, la fabrication de son « image », mais bien l’exploration, en pratique, des défis et fonctions que le monde contemporain assigne à la photographie. Une photographie qui continue à exister dans un monde noyé sous les images et qui peine déjà à se souvenir comment s’est construite son histoire et comment elle a construit l’imagerie, collective, que nous portons en nous. Ici, peut-être parce qu’ils étaient quatre, tous différents même s’ils venaient du même « ailleurs », ces regards se comportent comme des aiguillons. Des incitations, des invites, presque des obligations à regarder sans détour. Aucun n’évite, aucun ne cherche à contourner, aucun ne tente de sublimer un réel contemporain du monde dans lequel il vit. C’est cela, peut-être plus que tout, qui est salutaire: pas de faux-semblants dans un exercice sans filet.”

Christian Caujolle

Paula López-Droguett
Paula Lôpez-Droguett est née en 1987 à Santiago du Chili. Autodidacte, après une licence en art, elle obtient une maîtrise en Langages Artistiques Multiples. Elle a exposé au Chili, en Argentine et en Italie, individuellement et collectivement. Son oeuvre a aussi été diffusée au Chili et à l’étranger. En janvier 2015, elle a publié, en tant qu’auteur, l’ouvrage Ce corps n’est pas le mien.

Paula López-Droguett

Tomás Quiroga
Tomas Quiroga, est né à Londres en 1985. Il obtient un master International de Photographie Documentaire à l’Ecole EFTI à Madrid, suivi d’un diplôme d’Études Supérieures en Arts Visuels à l’Université Miguel Hernandez d’Elche. Il participe à plusieurs ateliers et séminaires en Espagne et au Chili. Il a pris part à plusieurs expositions, individuelles et collectives, FIFV 2014 , PhotoEspana, « lo Sono Figlio « à Valence ( 2012 ), « 20 Avenue» à Madrid ( 2011 ) entre autres. Son travail a été diffusé en Espagne, en Italie et au Chili. Actuellement, il vit et travaille à Santiago du Chili où il se consacre à ses projets personnels. Il travaille de manière indépendante et organise des ateliers. De plus, son premier ouvrage en tant qu’auteur, Apatride, a été publié aux éditions La Visita. Il fait partie de l’agence Luz.

Tomás Quiroga

Nicolas Wormull
Nicolas Wormull est né en 1977 à Santiago, au Chili. Il a grandi en Suède où il a été formé à la profession de photographe. Il vit aujourd’hui au Chili où il travaille comme photographe indépendant. « Mon histoire personnelle a toujours eu beaucoup d’importance, et ma famille ainsi que ceux qui m’entourent sont des thèmes récurrents dans mon travail photographique. J’explore les relations humaines, le sentiment (ou le manque) d’appartenance et tout élément susceptible de suggérer ce qui se passe derrière les apparences des choses et des gens. »

The requested album cannot be loaded at this time. Error: GraphMethodException Code: 100, Unsupported get request. Object with ID '647428508740799' does not exist, cannot be loaded due to missing permissions, or does not support this operation. Please read the Graph API documentation at https://developers.facebook.com/docs/graph-api

Cristóbal Olivares / Mentor Program VII
Cristóbal Olivares est un photographe de style documentaire. Il s’intéresse aux questions sociales contemporaines, en particulier celles qui concernent l’Amérique Latine. Il est né au Chili, à Santiago, où il réside et travaille encore aujourd’hui. Il est représenté par le Mentor Program de l’Agence VII. En 2009, après avoir étudié la photographie pendant trois ans, il voyage à travers le Canada tout en travaillant sur une série de projets photographiques personnels qui aboutissent en 2013 à la publication de son premier ouvrage photographique intitulé -42° et publié aux éditions La Visita. De retour en Amérique Latine, il continue à développer ses projets personnels et à répondre à des commandes de différents médias à la fois nationaux et internationaux. En 2014, il se lance dans un projet éditorial indépendant, les Éditions Buen Lugar, dont il est l’un des cofondateurs. Son travail a été reconnu par de nombreuses institutions : Open Society Foundations, Photoespaña, Fotovisura Grant, Photographie Muséum of Humanity, Photofest Querétaro, Chilean Arts Council… Ses photographies ont été publiées et exposées au Chili, en Argentine, en Colombie, au Brésil, au Mexique, aux États-Unis, au Canada, en Espagne, en Allemagne, en France, en Chine et en Angleterre. En 2016, il publie A-MOR, livre sur la violence et les meurtres des femmes au Chili. Son travail est distribué en Italie par Luz Agency.

Cristóbal Olivares

Karen. Santiago,Chile 8/23/2011

L’ensemble des photos figurant sur cette page et portant filigrane www.idherault.tv, philippe F ou nativ’ sont librement partageables sur Facebook en l’état sous condition que soit précisé leur origine à savoir WWW.IDHERAULT.TV sous forme d’hyperlien et qu’elles ne fassent l’objet d’aucunes retouches, redimensionnement ou recadrages. Ces photos sont également téléchargeables et peuvent être utilisées sur tous types de sites internet, autres réseaux sociaux, blogs personnels ou associatifs sous réserve de respecter les conditions ci-dessus énoncées et que soit mentionné sous forme d’hyperlien l’origine des clichés utilisés, soit vers la page facebook soit vers le site internet WWW.IDHERAULT.TV

Tous les organismes, sites commerciaux ou institutionnels devront nous faire parvenir par l’intermédiaire de l’onglet contact du site ou en message privé facebook une demande préalable d’autorisation. Tout non-respect à ces règles pourra entraîner des poursuites aux termes de l’Article L 122-4 du Code de la Propriété Intellectuelle.

Chapelle du Quartier Haut
Rue Borne 34200 SETE