beethoven

Retour sur BEETHOVEN à L’Opéra Comédie – Montpellier le 9 avril 2016

Retour sur Beethoven

Opéra Comédie – Montpellier

Samedi 9 avril – 17h

1h 15

 

Laurence Equilbey, direction

Alice Sara Ott, piano

Tal Isaac Hadad, video

Noëlle Gény, chef de chœur

Chœur de l’Opéra national Montpellier Languedoc-Roussillon

Chœur Accentus

Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon

 

Ludwig Van Beethoven (1770-1827)

Le Roi Étienne

Les Ruines d’Athènes opus 113 (Extraits)

Leonore Prohaska WoO 96 (Extraits)

Fantaisie Chorale en do mineur opus 80

 

Quelle drôle d’idée d’avoir associé à la première partie du programme (Ruines d’Athènes, Roi Etienne, Leonore Prohaska) des projections vidéos. Mais il ne faut pas « cracher dans la soupe » ou hurler au sacrilège comme l’a fait un spectateur dès les premières images (mais n’était-ce pas un artifice ?). L’idée est intéressante et, abstraction faite d’un certain vocabulaire pseudo-scientifique explicatif, la chose n’est pas si dérangeante. Associer des images d’enfants (superbes) découvrant des instruments à la grandeur héroïque des pièces interprétées est vivifiant. Beethoven dépoussiéré en ressort intact et offre une écoute nouvelle à un public que l’on espère nouveau. Ma fille, 9 ans et demi, pour son premier concert symphonique a pleinement adhéré, mission accomplie, au moins pour une spectatrice !

Le risque, il y en a un, c’est d’associer ces images au morceau et perdre, un peu, le fil de la musique. Mon écoute du couronnement d’Etienne a été un peu perturbée par les belles images d’un très bel enfant blond faisant davantage appel aux sentiments paternels (maternels, pour d’autres) qu’à mon oreille musicale. J’ai également trouvé, en particulier sur l’extrait des Ruines (Kaaba – le chœur des derviches), une certaine facilité et des images racoleuses. Nobody is perfect, surtout pour une première. On atteint les limites du procédé, mais c’est bien d’avoir essayé !

Alice-Sara-Ott

Quand à la partie purement musicale, ne soyons pas chagrins. Laurence Equilbey n’est pas Karajan… et c’est heureux. C’est un excellent chef, un peu viril dans sa direction, mais qui a eu, en plus, le mérite de s’intéresser à des œuvres quelques peu oubliées, dites de circonstances, ou un peu standardisées (ruines d’Athènes et musique d’ascenseur !). Alice Sara Ott est subliment belle, elle le sait, on le sait ! Elle n’est pas non plus la pianiste du siècle… mais elle figure bien dans le peloton de tête. On peut lui reprocher une interprétation un peu brutale, des accents teutoniques (Beethoven n’est pas espagnol), mais son jeu est juste et colle à cette œuvre, elle aussi de circonstance qu’est la Fantaisie, écrite pour les adieux de Beethoven à Vienne. Et, bon Dieu, qu’est ce qu’elle est belle !

Mention spéciale pour un Orchestre de Montpellier, homogène et enthousiaste, qui sert à merveille les chœurs, savant mélange entre Accentus et les chœurs de l’OONM. Nous avons particulièrement apprécié la prestation de la flûte solo.

En conclusion un concert de qualité pour lequel chef, solistes, interprètes et choristes n’ont aucunement démérité. Une expérience, menée par Tal Isaac Hadad, encore à parfaire mais tout n’est pas à jeter, loin de là !

 

Biographies

Laurence Equilbey

Chef d’orchestre, directrice musicale d’Insula orchestra et d’Accentus, Laurence Equilbey est reconnue pour son exigence et son ouverture artistique. Ses activités symphoniques la conduisent à diriger les orchestres de Lyon, Bucarest, Varsovie, Café Zimmermann, Brussels Philharmonic, Akademie für alte Musik Berlin, Concerto Köln, Camerata Salzburg, Mozarteumorchester Salzburg, les orchestres philharmoniques de Liège, Leipzig, Francfort. Elle dirige régulièrement l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Haute-Normandie (Athalie de Mendelssohn en 2015). Depuis 2009, elle est avec Accentus artiste associée à l’Orchestre de chambre de Paris, qu’elle retrouve en 2015 à l’Opéra Comique pour Ciboulette de Reynaldo Hahn et à la Philharmonie de Paris pour le Stabat Mater de Dvořák. Elle est également artiste associée au Grand Théâtre de Provence et en compagnonnage à la Philharmonie de Paris.
Avec Accentus, Laurence Equilbey continue d’exprimer le grand répertoire de la musique vocale et soutient la création contemporaine. Leurs nombreux enregistrements (Naïve) sont largement salués par la critique. Elle est aussi directrice artistique et pédagogique du département supérieur de jeunes chanteurs du CRR de Paris.

Alice Sara Ott

 

Née en 1988, à Munich, en Allemagne. Sa mère est japonaise et a étudié le piano à Tokyo. Son père était un ingénieur allemand. À l’âge de 3 ans, après avoir assisté à un concert, elle décide de devenir pianiste. Pour la citer, elle réalisa alors que « la musique était le langage qui allait au delà des mots » et souhaita très tôt en faire son mode d’expression. Elle débuta l’apprentissage du piano à 4 ans, et atteint les finales du concours jeunes talents de Munich à l’âge de 5 ans.

À 12 ans, elle intègre le Mozarteum de Salzbourg sous l’enseignement de Karl-Heinz Kämmerling tout en poursuivant sa scolarité à Munich. Alice Sara Ott a remporté de nombreux prix, dont le premier prix au Pianello Val Tidone Competition en 2004. Elle enregistra les Études d’exécution transcendante de Franz Liszt et l’intégrale des Valses de Frédéric Chopin pour Deutsche Grammophon. Sa carrière l’emmène donner des représentations et des tournées en Europe au Japon et aux États-Unis.

Tal Isaac Hadad

Artiste plasticien, il travaille sur l’art sonore.
Il est un adepte des détournements sonores, il s’intéresse aux formes les plus populaires comme aux plus savantes. Son approche, qui le plus souvent, part de l’observation de la scène musicale ou encore la présence du son dans les espaces publics, peut être reliée à celle d’un ethnomusicologue. L’artiste nourrit sa pratique par des recherches directement sur le terrain. Néanmoins, lorsqu’il infiltre un groupe social, contrairement à un chercheur, il invite ses membres à participer au projet. Il a notamment participé à la Biennale d’architecture de Venise en 2010, “Get it Louder” à Beijing en 2012, la FIAC 2012 au Grand-Palais à Paris ou encore la Biennale de Marrakech en 2014.
En 2014, Tal Isaac Hadad effectue une résidence dans le cadre du programme Résidences américaines.

 

Liens

OONM

http://www.opera-orchestre-montpellier.fr/evenement/beethoven

Laurence Equilbey

http://laurenceequilbey.com/

Alice Sara Ott (en anglais)

http://www.alicesaraott.com/

 

Vidéos

Alice Sara Ott, Beethoven – trailer