Théâtre – BRAISE ET CENDRES à SortieOuest Béziers du 1er au 5 avril 2016

BRAISE ET CENDRES

Saison : saison 2015-2016
Catégorie : Théâtre
Metteur en scène : Jacques Nichet
Auteur : Blaise Cendrars
Durée : 1h30

D’après les œuvres autobiographiques et poèmes de Blaise Cendrars
Adaptation et mise en scène Jacques Nichet
Avec Charlie Nelson
Production Compagnie L’inattendu

Vendredi 1er avril 21h
Samedi 2 avril 20h
Dimanche 3 avril 18h
Lundi 4 avril 14h
Mardi 5 avril 19h

Durée 1h30
A partir de 15 ans
A l’Eglise Saint Félix de Bayssan

BRAISE ET CENDRES
D’après les œuvres autobiographiques et poèmes de Blaise Cendrars
Adaptation et mise en scène Jacques Nichet
Avec Charlie Nelson
Production Compagnie L’inattendu

 

Il y en a qui se croisent et se trouvent. Le théâtre est souvent une alchimie singulière. Jacques Nichet, grand amoureux de grands textes, Charlie Nelson, acteur à la gouaille fraternelle et Blaise Cendrars, le bourlingueur qui écrivait la nuit et se disait, au petit matin : « Ce n’est pas possible… ce n’est pas moi qui ai écrit ça ». L’acteur-conteur souffle sur les braises des secrets, des souvenirs, des inquiétudes, des voyages. Toute amertume bannie, il affirme son goût de l’inconnu avec panache.

 

NOTE D’INTENTION
Je viens de découvrir un inconnu que je croyais pourtant connaître, Blaise Cendrars ! Les deux livres de la Pléiade récemment publiés sous la direction de Claude Leroy m’ont ouvert les yeux ! J’ignorais tout, je l’avoue, de ces récits autobiographiques, la force de l’écriture, la puissance de l’imagination, la libre vivacité de la narration.
Mon enthousiasme est tel que je me suis, aussitôt, lancé dans un chantier : j’ai choisi les pages qui m’ont le plus ému, le plus surpris parmi les centaines qui s’offraient à moi et j’ai entrepris de les agencer, en tentant quatre ou cinq parcours différents. Claude Leroy a bien voulu relire mes diffé-rentes tentatives, m’a conseillé, orienté…. Je lui dois d’avoir trouvé de meilleurs chemins, qu’il en soit ici remercié de tout coeur ! J’ai confié les trente pages du dernier montage à un acteur que j’apprécie depuis longtemps sans encore avoir eu la chance de travailler avec lui.
Nous venons de partager, Charlie Nelson et moi, pendant dix jours, le plaisir de mettre en branle différents récits et poèmes, d’entendre vibrer une voix si vivante…
Dans ses oeuvres autobiographiques, Cendrars attise sous les cendres du passé quelques braises tou-jours prêtes à s’enflammer. Loin de rédiger ses mémoires, il fait surgir en magicien sa vie « la plus vraie », sa vie rêvée !
On croit le voir, rivé des nuits entières à sa vieille machine à écrire, rêvant à ce qu’il a vécu ! Et au point du jour, ouvrant les yeux pour déchiffrer les traces de ses divagations : « Ce n’est pas possible… Ce n’est pas moi qui ai écrit ça… ».
Nous voulons saisir sur le vif cette écriture somnambulique, faite de « phrases qui se forment je ne sais où » : ce « je » nous tends le fil d’une parole qui nous mène dans le labyrinthe obscur de la mé-moire. Charlie Nelson se garde bien d’incarner un personnage tel un conteur, il lui suffit de souffler légèrement sur les braises du texte qui rougeoient à nouveau. Et sous cette lumière irréelle surgis-sent les fantômes qui accompagnaient le poète dans sa nuit.
Seul en scène, l’acteur convoque par de simples gestes, quelques inflexions de voix, la mère de l’écri-vain, son père, ses camarades du front, sa trop fragile amie qui avait déjà tenté de se suicider… Il nous permet d’entendre un homme fraternel, inquiet face aux incertitudes d’un monde violent, dé-sespérant. Avec ses coups de gueule, son humour et sa gouaille, Cendrars n’a jamais cédé au déses-poir ! Bien au contraire, il a toujours misé sur l’inconnu, multipliant expériences et aventures, évitant de se répéter, ne cessant de partir vers d’autres continents pour tenter toujours de renaître ailleurs.
Curieusement, ce grand fabulateur, qui a toujours détesté les recettes du boulevard, les fictions con-ventionnelles, étalées sur trois ou quatre actes, a profondément « le sens du théâtre » : il sait croiser visible et invisible, rêve et réel. Faire jaillir en scène aujourd’hui cette parole nocturne lui redonne une part de son secret.
Nous attendons avec impatience la reprise des répétitions, les premières interventions de la musique et des sons, l’affirmation du jeu dans un espace entrecoupé de lumières, pour pouvoir devant tout un public rendre sensible le mystère Cendrars !
Jacques Nichet, juillet 2014
BLAISE CENDRARS (1887-1961)
Blaise Cendrars, pseudonyme de Frédéric Louis Sauser, est né en Suisse le 1er septembre 1887.
C’est un adolescent rebelle, qui abandonne ses études de médecine puis de lettres. Commence alors sa passion des voyages, Russie, Chine, Afrique, Brésil. Lors de son périple en Amérique en 1912, il compose son premier grand poème Les Pâques à New York. De retour à Paris en 1913, il fréquente le milieu des peintres et publie deux autres grands poèmes, La prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France (en collaboration avec Sonia Delaunay) et Le Panama ou les Aventures de mes sept oncles.
Dès le début de la guerre, il s’engage dans la Légion étrangère. En 1915, il est grièvement blessé et perd un bras. Après la guerre il publie Les poèmes élastiques (1919), voyage en Amérique du sud et en Afrique noire, où il se passionne pour la culture orale et compose des recueils de contes, Antholo-gie nègre (1921), Petits contes nègres pour les enfants blancs (1928), Comment les blancs sont d’anciens noirs (1930).
A partir de 1924, il écrit de moins en moins de poèmes et se consacre à l’écriture de romans, de reportages, de nouvelles. C’est en 1925 qu’il publie son oeuvre la plus célèbre, L’or, épopée californienne, puis en 1926, Moravagine que lui a inspiré sa rencontre avec un fou dangereux interné pour homicide dans une clinique près de Berne, et Les confessions de Dan Yack en 1929.
De 1930 à 1941, il publiera une série de longs reportages, Rhum (1930), Histoires vraies (1937), La vie dangereuse (1938), D’oultremer à indigo (1941). En 1945, il publie L’homme foudroyé puis en 1946,La main coupée, roman dans lequel il dénonce « l’ignominie » de la guerre. Dans Bourlinguer (1948), il décrit onze ports européens. La Banlieue de Paris (1949) est née de sa collaboration avec Robert Doisneau. Il publie en 1959 trois pièces radiophoniques, sous le titre Films sans images, puis en 1956 son dernier récit, Emmène-moi au bout du monde.
Il s’éteindra pauvre et malade à Paris, le 21 janvier 1961.
L’oeuvre de Blaise Cendrars, poésie, romans, reportages et mémoires, est placée sous le signe du voyage, de l’aventure, de la découverte et de l’exaltation du monde moderne où l’imaginaire se mêle au réel de façon inextricable. Libre de toute attache, il sillonne les routes, les océans, passe d’un continent à l’autre, du dedans au dehors. L’aventure est sa matière première. Fils d’un inventeur qui s’inventait déjà tout un monde dans ses palabres de bistrot, le jeune Sauser devenu Cendrars a passé par une multitude d’avatars souvent peu connus, parfois peu glorieux, mais dont l’ensemble consti-tue bel et bien une légende de la littérature du XXe siècle.
D’après la bibliographie de la Bibliothèque Nationale de France, Mars 2011
 
JACQUES NICHET
En 1964, alors qu’il est encore étudiant à l’École normale supérieure, Jacques Nichet fonde une troupe universitaire : le Théâtre de l’Aquarium. En 1972, un collectif d’une quinzaine d’artistes (parmi lesquels Jean-Louis Benoît et Didier Bezace) s’installe à la Cartoucherie de Vincennes sur l’invitation d’Ariane Mnouchkine et crée le lieu homonyme qui existe encore aujourd’hui. Ensemble, ils tentent d’y inventer un théâtre politique à la fois joyeux et expérimental, toujours à la recherche d’un nou-veau langage.
Jusqu’en 1980, Jacques Nichet participe à douze réalisations, dont Marchands de ville (1972), Ah Q de Jean Jourdheuil et Bernard Chartreux, d’après Lu Xun (1975), La jeune lune tient la vieille lune toute une nuit dans ses bras (1976), Correspondance (1980). Il réalise également deux films : un court-métrage : Le Collectionneur (1981) – et un long-métrage : La Guerre des Demoiselles (1983).
En 1986, Jacques Nichet est appelé à diriger le Théâtre des Treize Vents, Centre dramatique national de la région Languedoc-Roussillon à Montpellier, où il met en scène des auteurs aussi différents que Federico García Lorca (La savetière prodigieuse), Denis Diderot, Javier Tomeo (Monstre aimé), Pedro Calderón de la Barca (Le magicien prodigieux), Eduardo De Filippo (Sik-Sik, Le haut-de-forme) ou Serge Valetti (Domaine ventre). Il présente La tragédie du roi Christophe d’Aimé Césaire au Festival d’Avignon 1996.
En octobre 1998, Jacques Nichet prend la direction du Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées (TNT) poursuivant son travail de mise en scène d’auteurs contemporains ; il présente Le jour se lève, Léopold ! de Serge Valletti (1998), Silence complice de Daniel Keene (1999) et Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès (Paris, Théâtre de la Ville, 2001). En janvier 2003, il met en scèneLes cercueils de zinc de Svetlana Alexievitch (création). En 2004, il met en scène Antigone de Sophocle qui sera reprise à l’Odéon-Théâtre de l’Europe.
En 2007 il quitte le TNT qu’il dirige depuis 1998 avec l’aide de Richard Coconier, puis de Jean Lebeau. En 2008, il fonde la compagnie L’inattendu et monte quatre spectacles : Le collectionneur d’instants (2008) d’après Quint Buchholz, La ménagerie de verre (2009) de Tennessee Williams et Tous ceux qui tombent (2012) de Samuel Becket, Pulvérisés d’Alexandra Badea (2014).

APARTE
Samedi 2 avril 18h – entrée libre
Un Aparte qui a la saveur de l’aventure avec l’auteur-voyageur au cœur tendre Blaise Cendrars.
En suivant l’itinéraire artistique de Jacques Nichet, depuis le collectif de l’Aquarium jusqu’à la direction du Centre Dramatique Languedoc-Roussillon, puis du TNT de Toulouse ou la mise en jeu du solo actuel, on voit se dessiner une image de la vie théâtrale de ces dernières années et apparaître des spectacles clairs et chaleureux. Par Gérard Lieber

Représentations:

  • EGLISE SAINT FÉLIX DE BAYSSAN – VENDREDI 01 AVRIL 2016 À 21:00 – 10/6€ ACHETER EN LIGNE
  • EGLISE SAINT FÉLIX DE BAYSSAN – SAMEDI 02 AVRIL 2016 À 20:00 – 10/6€ ACHETER EN LIGNE
  • EGLISE SAINT FÉLIX DE BAYSSAN – DIMANCHE 03 AVRIL 2016 À 18:00 – 10/6€ ACHETER EN LIGNE
  • EGLISE SAINT FÉLIX DE BAYSSAN – LUNDI 04 AVRIL 2016 À 14:00 – 10/6€ ACHETER EN LIGNE
  • EGLISE SAINT FÉLIX DE BAYSSAN – MARDI 05 AVRIL 2016 À 19:00 – 10/6€ ACHETER EN LIGNE