l'art du théâtre

L’ART DU THÉÂTRE à SortieOuest – Béziers les 17, 18 et 19 février 2016

L’ART DU THÉÂTRE
Marc Ginot

Saison : saison 2015-2016
Catégorie : Théâtre
Metteur en scène : Julien Bouffier
Durée : 50mn

Mise en scène Julien Bouffier
Avec Alex Selmane et Alex Jacob
Production Adesso e sempre

Spectacle soutenu par réseau en scène LR

 

Mercredi 17 février 21h
Jeudi 18 février 19h
Vendredi 19 février 21h

Durée 50 min
A partir de  14 ans

L’ART DU THÉÂTRE
Mise en scène Julien Bouffier
Avec Alex Selmane et Alex Jacob
Production Adesso e sempre

Dans ce texte, Pascal Rambert se joue de l’art du théâtre comme de celui de la fugue. Par son refus du théâtre avec un « T » majuscule, celui qui s’abreuve de conventions, il défend un théâtre nourri de la respiration et de la chair du présent. Dans un dispositif scénique ciselé comme un diamant noir, Alex Selmane, l’acteur, et Alex Jacob, le chanteur/ guitariste du groupe de rock Le Skeleton Band, engagent leur souffle et leur corps et déclarent leur passion du vivant, du théâtre et de l’amour.

Le texte de Rambert pourrait être une leçon de théâtre mais le décalage est cocasse. « La vie est assommante. Il faut faire sortir les larmes » dit l’acteur à son cocker. Le cabot reste coi dans l’espace. Comme en photographie, quelque chose se révèle, le passé rejoint le présent et Lorenzo de Musset apparaît, liant rock et romantisme. Un manifeste pour un théâtre sensible, pas un produit de consommation mais un art fait d’amour et de chair, au présent, proche.

Pascal Rambert écrit une vraie fausse leçon de théâtre que donnerait un acteur à un chien. Pourquoi un chien ? Évidemment des expressions de théâtre nous reviennent : « Quel cabot cet acteur ! » et on connaît le pouvoir d’un animal sur un plateau, il aimante tous les regards. Il ne joue pas, il est juste là, ici et maintenant. Alors qui donne la leçon à qui ? Qui se confie sur la difficulté de renouveler chaque jour une présence du premier jour, du premier instant ? Qui demande à l’autre de l’attention ? Qui est le chien ? Y-a-t-il seulement un chien ? Cet acteur est loin d’être un débutant. Il a beaucoup joué mais ne se reconnaît plus dans la pratique dominante de son métier. Est-ce son aigreur qui alimente son ironie ou est-il le seul à percevoir que le théâtre est malade ? Alfred de Musset, au XIXème siècle, établit le même constat et décide de ne plus écrire du théâtre pour la scène. Son Lorenzaccio, en particulier, refuse les règles de la représentation théâtrale comme celles de la société. Des extraits sont joués par les deux interprètes autant pour leur valeur de miroir que de mise en jeu pour l’acteur de Rambert. Ainsi, nous avons une figure démultipliée allant du dandy romantique à celui contemporain « rambertien ».

L'art du théâtre

Une déclaration d’amour

Cet acteur intransigeant utilise l’insolence pour mieux déployer sa quête d’absolu. La cible qu’il vise est plus large que celle du théâtre. Ou plutôt est-ce la portée qu’on assigne au Théâtre qui est plus étendue ? Le Théâtre qu’il défend est avant tout amour. Ce n’est pas un art de classe ni un plaisir onaniste. Jouer est un acte charnel. « L’art du théâtre réclame que l’on jouisse. Il faut jouir. Il faut faire jouir. La vie est assommante. Il faut faire sortir les larmes. » L’acteur de Pascal Rambert fait une déclaration d’amour au théâtre et au public. On oublierait même qu’il est acteur. Il nous apparaît comme un amant. Un amant délaissé. Cet amant malheureux dialogue avec un chien pour mieux encore percevoir sa solitude face au « meilleur ami de l’homme ». Le chien ne lui répondra pas, il le sait. Cette déclaration d’amour n’attend pas de réponse.

Un théâtre adressé

Une des premières questions que je remets en jeu à chaque projet, est, comment cette fois-ci, s’adresse-t-on au public ? Elle décide bien évidemment de la théâtralité que nous allons choisir. Elle est souvent l’enjeu pour moi de mon rapport à la tradition et donc à la modernité. La projection de la voix au théâtre empêche le plus souvent mon imaginaire de fonctionner. Quand je suis spectateur au théâtre, je peux parfois l’oublier mais, en ce qui concerne mes spectacles, non. Très attaché au schéma d’identification produit par le cinéma, depuis de nombreuses années, je cherche mon che-min entre un théâtre sensible, onirique et une théâtralité assumée nous faisant basculer à la ré-flexion le par choc de l’émotion. La présence de la voix amplifiée permet à l’acteur de n’exister que dans l’engagement physique. Le corps de l’acteur est ainsi bien présent et le filtre de la voix amplifiée brise la distance du cadre de scène. Je voudrais expérimenter aujourd’hui le rapport traditionnel de perception de la voix. Une voix, un corps qui nous regarde. Une frontalité assumée, sans masque qui éloigne tout spectaculaire. Je suis à la recherche d’un théâtre qui s’adresse à chacun de nous, sen-sible, introspectif et émancipateur. Avec l’acteur Alex Selmane, nous avons déjà traversé ensemble l’oeuvre de Pascal Rambert (il était le Pascal du Début de l’A en 2003). Sa présence de chien fou ex-hale tout à la fois une violence sourde et une mélancolie désarmante.

Julien Bouffier

Vendredi 19 février, après la représentation, l’Heure Bleue, concert en entrée libre au Chapiteau Gourmand, organisés par l’association UNIVART

Représentations:

  • THÉÂTRE SORTIEOUEST – MERCREDI 17 FÉVRIER 2016 À 21:00 – 16/13/11/6€ ACHETER EN LIGNE
  • THÉÂTRE SORTIEOUEST – JEUDI 18 FÉVRIER 2016 À 19:00 – 16/13/11/6€ ACHETER EN LIGNE
  • THÉÂTRE SORTIEOUEST – VENDREDI 19 FÉVRIER 2016 À 21:00 – 16/13/11/6€ ACHETER EN LIGNE