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Compte-rendu et impressions sur CARMEN OPERA CLOWN au Théâtre Jacques Coeur – Lattes le 28 janvier 2016

RETOUR SUR CARMEN OPERA CLOWN
Théâtre Jacques Cœur – Lattes
Jeudi 28 janvier 21 h

Carmen’s… ou deux pour le prix d’une.

Sacré Luc Miglietta ! Poursuivant son action de vulgarisation, démystification… mais pas que, c’est une Carmen dépoussiérée et dépouillée de ses attributs lyriques qu’il nous livre ce soir. La grande cantatrice Casares, absente pour « cause de maladie », irremplaçable sera tout de même remplacée, au pied levé, par deux impétrantes et l’ensemble de la Cie Bruitquicourt. Les deux candidates, fascinées par le rôle, ne vont pas cesser durant plus d’une heure de se disputer, voire de s’arracher, le jupon écarlate de la belle gitane. Chassé-croisé, substitution durant l’interprétation d’un air, la jupe vole de l’une à l’autre et, animée d’une vie autonome, passe de taille en taille, sans répit ni temps mort. Ici, rien de superflu, Don José devient le torero, Escamillo, et même les toros. Quant au valet, il joue toutes les utilités !

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Pourtant, rendue dérisoire et festive, l’œuvre de Bizet n’est jamais trahie. La lutte des sentiments qui, tumultueusement, s’affrontent dans le cœur de José est toujours aussi vive. L’amour de sa mère, prolongé par celui de Micaëla, malgré sa sincérité, ne pèse rien face à celui, dévastateur, pour Carmen.
Depuis « les fleurs jetées », à plein seau, jusqu’à la mort tragique de Carmen, toute l’œuvre est là… mais dans quel état !
Luc ne se prive pas, roule des yeux, des épaules, en fait des tonnes… ou ne fait rien, assisté dans ses délires par ses trois complices qui n’en ratent pas une. Passé de la rue à la scène, Carmen Opéra clown a perdu de la spontanéité, mais a gagné en profondeur. Toujours aussi pratique, l’utilisation, comme dans Hamlet en 30 minutes, de « l’armoire » rutilante à la fois entrée de cirque, de cabaret, vestiaire, antichambre, placard à accessoires, relève du coup de génie : simple mais très efficace !

C’est devant une salle comble, acquise aux facéties de la troupe, que ne s’interdisant aucune facilité, Bruiquicourt nous abandonne, hilares et béats, à l’issue du spectacle. Miranda, ma jeune voisine, pourra enfin s’arrêter de rire aux éclats et reprendre son souffle.
Merci Luc Miglietta et souhaitons-nous, encore, de belles soirées de rire !

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La compagnie Bruitquicourt

Depuis 2003, la Cie Bruitquicourt développe la production, la création et la diffusion de spectacles vivants sous la houlette de Luc Miglietta, artiste comédien clown autodidacte.

Au fil de son développement, elle s’est définie comme un mouvement artistique alternatif défendant des spectacles atypiques et puisant ses idées dans l’écriture burlesque et absurde voire clownesque. Notre désir de jeu et d’expérience théâtrale nous pousse loin des contraintes techniques et artistiques conventionnelles et nous donne la liberté de créer tout azimut soit pour le théâtre, le jeune public ou encore le théâtre de rue en privilégiant l’idée que le berceau du spectaculaire réside dans l’émotion humaine.

Nous souhaitons également dans notre travail, ne jamais nous séparer du public. En l’associant au spectacle, il devient un partenaire de jeu pouvant influencer de part sa présence le spectacle au moment où il se joue. Nous cultivons l’instant pour ne jamais être dans la répétition mais toujours dans la création.

Liens

Site de la Cie Bruiquicourt
http://www.bruitquicourt.com/

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