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Retour sur BAROQUE FANTASTIQUE à l’Opéra Comédie – Montpellier le 15 novembre 2015

RETOUR SUR BAROQUE FANTASTIQUE
Opéra Comédie – Montpellier 15 novembre 2015, 15h

« Prenez votre main, tournez-la trois fois dans l’air, et plongez-la au fond de votre poche. Vous y trouverez, bien cachée, “la clef du grenier des rêves éveillés“. Vous monterez alors l’escalier, et ce royaume qu’on croyait à jamais condamné, qu’on cherchait de tout côté, s’ouvrira sous vos yeux étonnés. Préparez-vous à frissonner. Ne sursautez pas… tout ceci, on vous l’assure, n’est qu’illusion élaborée. Guillaume Barbot, comédien et metteur en scène passionné de littérature se spécialise avec sa compagnie dans le théâtre des “sensations”.
Il guide les musiciens des Ombres dans un labyrinthe fantastique inspiré de poèmes surréalistes. Ensemble, ils réduisent la frontière entre réel et surnaturel si bien que mages et spectres se joignent au public, tels de vieux amis disparus. La musique, invisible, s’anime alors d’un souffle inconnu. »
Après une telle « accroche » comment voulez-vous résister aux sirènes d’un fantastique qui s’annonçait si bien !

Alors, à 14h40, en courant un peu, délaissant une table ronde pourtant attractive, départ du Corum pour rejoindre la place de la Comédie et l’Opéra historique de Montpellier.
Devant le parvis, deux mondes se côtoient. Les bougies disposées en cœurs géants, des Montpelliérains, un peu hébétés parlant à voix basse autour de ces figures lumineuses et une foule, moins joyeuse que d’habitude, gravissant en presque silence les marches du perron.
Les faits sont bien présents et on ne peut oublier qu’aller écouter de la MUSIQUE… peut devenir mortel !

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BAROQUE FANTASTIQUE

Une fois dans la salle c’est un autre univers qui nous saute aux yeux. Un monde onirique où le gréement d’un voilier occupe la scène alors que des feuilles mortes en jonchent le sol. C’est la chambre de Peter Pan et un peu la forêt d’Alice qui viennent à notre rencontre.

Bien vite le récitant est là, tantôt assis au bord de la scène, tantôt se promenant lentement, nous disant un pays fantastique habité par des poètes. « Le vibraphone et la guitare électrique, mêlés à la viole et au traverso, sont les passerelles qui mènent à ce nouveau monde ». Guillaume Barbot, le comédien, fait revivre ces moments magiques (et parfois douloureux !) durant lesquels l’enfant navigue aux limites de son âge et où le monde des adultes, tout doucement, interfère.

Armé de son livre de « secrets », il nous entraîne dans le sillage de Jacques Prévert, Robert Desnos, Henri Michaux ou Jules Supervielle. La musique, elle, surgira de toutes parts. Une guitare, dans une loge d’avant-scène, une flûte au balcon et un théorbe en hauteur, dans une loge perchée… La musique baroque vient ponctuer les mots, les bousculer. Purcell, Rameau et même Nino Rota, les sons se mélangent, guitare et viole confondues. Ajoutons les jeux de lumière aux personnages de lumière, nés de l’imagination de ces magiciens et d’une technique affûtée, et ça y sera ! On aura rejoint la « couleuvre du silence » et l’heure propice aux rêveries, juste avant la chute du jour. Cette heure, riche en frissons, où s’affrontent lumières finissantes et inconnu fantastique.

Gageons que ce spectacle aura su réveiller l’âme enfantine qui sommeille en chacun de nous et, si j’en crois les commentaires de mes voisines, le charme n’a pas manqué d’opérer.

Ensemble Les Ombres

« Guidés par l’enthousiasme, l’exigence et la variété d’un groupe d’artistes de divers générations, Les Ombres, co-dirigées par Sylvain Sartre et Margaux Blanchard, se distinguent dans le paysage baroque d’aujourd’hui.
C’est la diversité des rencontres qui permet aux Ombres de mener avec la même passion des projets de musique de chambre en trio, ou en quatuor, autour de Bach, Couperin, ou Telemann, aussi bien que des créations scéniques plus importantes réunissant un orchestre de chambre, des solistes, chanteurs, comédiens et danseurs autour d’œuvres opératiques méconnues.

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Par soucis de cohérence avec le soin accordé à la partie musicale de leurs projets, et afin de ne pas toucher seulement un public d’initiés, Les Ombres choisissent de développer l’aspect scénique de leurs concerts afin de créer des spectacles à l’ atmosphère unique, jeux de scènes, lumières, ou projections vidéos réunis et mis entièrement au service de la musique.

Pour autant, le travail des Ombres s’inscrit sans conteste dans la lignée musicale des pionniers du baroque. Fidèles à la pratique instrumentale dite « historiquement informée », les Ombres ne peuvent dissocier les travaux de recherche musicologique de leur interprétation. Formés à la Schola Cantorum Basiliensis par Marc Hantaï, Paolo Pandolfo, Jesper Christensen, ou Andrea Marcon, les musiciens des Ombres partent à la redécouverte des chefs d’œuvres oubliés des XVIIe et XVIIIe siècles, s’attachent à leur donner un second souffle sans jamais en trahir l’écriture, et s’intéressent particulièrement au rayonnement de la musique française à travers l’Europe.

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Les Ombres ont fidélisé une équipe d’artistes parmi les plus talentueux de leur génération. Les solistes Isabelle Druet, Mélodie Ruvio, Chantal Santon, ou Jean-François Lombard sont complices de nombreux projets donnés sur les scènes de prestigieuses maisons d’opéra (Montpellier, Saint-Étienne, Lyon) et de festivals internationaux (Ambronay, Freunde Alter Musik Basel, York, Utrecht, Tokyo,…). Leurs disques ont été salués par la critique : 4F (ffff) Télérama, Choc de Classica, Quobuzissime, Coup de cœur du jardin des critiques de France musique, Supersonic Pizzicatto,…
Les Ombres sont en résidence à l’Opéra Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon.
L’ensemble bénéficie du soutien de la Fondation Orange, de la DRAC et de la Région Languedoc-Roussillon.
Les Ombres sont “artiste en résidence” à la Fondation Singer-Polignac et sont membres de la FEVIS et de la PROFEDIM »

Le spectacle
Musiques de
 Johann Sebastian Bach, Tobias Hume, Johannes Hieronymus Kapsberger, Marin Marais, Jean-Philippe Rameau…
Textes et poèmes de
Guillaume Apollinaire, Victor Hugo, Henri Michaux, Jacques Prévert…
Ensemble Les Ombres
Guillaume Barbot, écriture, conception, comédien, mise en scène
Margaux Blanchard, écriture, conception, viole de gambe
Sylvain Sartre, écriture, conception, flûte traversière
Nathalie Perrier, création lumières
Vincent Flückiger, théorbe, guitare électrique
Thierry Gomar, percussions, vibraphone

Liens

Site officiel

http://www.les-ombres.fr/

Discographie

http://www.les-ombres.fr/2,2,fr,Discographie.html

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