Galerie Dupré & Dupré

Exposition Lionel Sabatté et Fabien Boitard à la Galerie Dupré & Dupré – Béziers du 12 septembre au 10 octobre 2015

Galerie Dupré & Dupré : Exposition Lionel Sabatté et Fabien Boitard

Galerie Dupré & Dupré

Lionel Sabatté

Avec une approche de type protéiforme (peinture, sculpture et dessin), Lionel Sabatté travaille avec les déchets humains… et porte un regard subtil et sensible sur l’histoire et la mémoire.

Des poussières balayées dans la Metro Parisien ont formé différentes sculptures ou dessins. Sur le papier, les cheveux s’entremêlent au trait du crayon pour engendrer des êtres aux postures étranges, fantasmagoriques. Des figures androgynes surgissent de la matière et transcendent la poussière.

Des ongles et peaux mortes contribuent à des « réparations de papillon ». De l’informe et l’impropre, Lionel Sabatté produit des œuvres aussi déroutantes que poétiques.
Des pièces d’1 centime d’euro deviennent des créatures fantastiques, des animaux disparus ou imaginaires, brillants de l’accumulation de la plus petite pièce en circulation, devenant ainsi des reliques précieuses malgré l’insignifiance des matériaux qui ont servis à leur création. Les animaux disparus reviennent ainsi par le biais de leurs fossiles.

L’artiste travaille aussi avec de la peinture acrylique. S’attachant aux origines ancestrales de ce medium, il développe une réflexion sur l’essence même de cette peinture. Selon ses mots « une matière plastique dérivée du pétrole, c’est-à-dire le fruit de la transformation de matières fossiles provenant de créatures qui vivaient dans le fond des océans, il y a des millions d’années ». Les toiles de cette série « infusion percée », peintures aux tonalités abyssales, rendent hommage à ces créatures des profondeurs du temps et des mers, qui sont nos ancêtres.

Les matériaux utilisés, rudes et primitifs, servent ainsi une réflexion sur notre rapport au temps, au corps et à la perte. Les déchets restent ce que notre société produit le plus, ils resteront quand nous aurons disparu et formeront la base de ce qui viendra après nous.

Poisson d’argent échoué #2 (2012, Pièces de 1ct d’euro, fer, étain, laiton, vernis 400 x 60 x 41 cm)

Fabien Boitard

Formé à L’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Bourges, Fabien Boitard peint contre vents et marées avec une fougue qui impressionne d’emblée les regardeurs que nous sommes. Sa peinture vitupère, exprime avec force une certaine forme de protestation. C’est cette première observation-là qui nous aborde – au sens d’abordage – avec franchise pour ensuite découvrir peu à peu une véritable faconde du geste et des élégances enfouies qui de par-dessous la force ressentie font surface au fur et à mesure que notre regard se fait dompter.
Fabien Boitard malgré sa fécondité, ses trouvailles ou même ses retrouvailles avec tant d’expériences anciennes, ne déroge pas à un style, son style, vif, emporté dont il ne saurait faire l’économie.

Qu’il torde un châssis, qu’il colle, qu’il recouvre, qu’il arrache, qu’il repeigne, qu’il s’épuise à de lancinantes techniques, qu’il jette, racle, sa personnalité et son style s’affirment sans concession.
A ces techniques sans cesse revisitées s’ajoute en plus l’étendue des sujets, des figures et Fabien Boitard ne manque pas d’inspirations, elles pleuvent, que se soit devant sa porte, autour de lui, dans le monde des médias ou dans celui des virtualités numériques ou autre nouveaux mondes. Tout est sens, qu’il convoque à l’aune de la pertinence de son sens critique.
Il va même parfois trop loin pour moi, tellement il s’investit de toutes torsions, au bord du déraisonnable emporté par sa fronde. Il s’avère a postériori qu’il a raison, que sa démesure est juste en regard de celles qui nous tuent sans même que nous ayons l’intelligence de les voir fondre sur nous.
Au « tout a été fait » ressassé jusqu’à plus soif, il pourrait répondre : tout est à faire aujourd’hui pour demain parce que nous sommes vivants. Sa peinture est tantôt douce, tantôt brutale ou carrément piégée, elle est à la confluence de nos paradoxes et, si elle est parfois séduisante, elle l’est très vite à la racine étymologique de ce mot même, du latin seducere : pourrir. Insatiables vanités.

Extrait Philippe Saulle

Galerie Dupré & Dupré
rue des Anciens Combattants 34500 Béziers

Heures d’ouvertures :
Du mardi à vendredi 14h30 / 19h