Comme nous vous l’avions annoncé, le Printival Boby Lapointe s’est déroulé la semaine dernière à Pézenas. Etant tout deux incultes au niveau de la programmation, et après avoir entendu milles louanges à propos des Fatals Picards (que nous ne connaissions que vaguement grâce à l’Eurovision) nous nous sommes dit que nous ne pouvions pas rater l’événement.

Nous sommes donc arrivés armés de nos objectifs, prêts à faire très sérieusement notre reportage. C’est devant une longue file d’attente surexcitée et composée de tous les âges que nous avons découvert la salle qui allait accueillir toute cette foule, “Le Foyer des Campagnes”, qui de prime abord ne paye pas de mine.

Nous devons reconnaître que toute l’équipe du Printival s’est donné à fond pour agencer l’espace de façon intelligente et nous accueillir chaleureusement dans une ambiance bon enfant. Tout le monde n’avait qu’une hâte, voir enfin les Fatals Picards tant attendus. Mais qui dit concert dit Première Partie… Et le public tout comme nous n’avons pas été déçu de profiter du talent de BATpointG.

Baptiste de son prénom, ce jeune musicien a choisi l’accordéon comme boite à rythme, et sait s’en servir à merveille. De quoi donner une nouvelle jeunesse à cet instrument qui étonne de nos jours. Des paroles drôle et qui tombent juste, des sonorités actuelles, un style que l’on pourrait comparer à celui de La Rue Ketanou. Après quelques chansons, BATpointG nous étonne avec une superbe performance de BeatBox, accompagné a la batterie par son acolyte  Mr Tchack

BATpointG – Papa

Suite et fin de cet article écrit à deux mains.

Franchement, quand j’ai su que nous devions aller à ce concert, j’y suis parti en traînant les pieds. En fait, j’avais deux problèmes : en premier, il m’était difficile d’associer Pézenas et Rock (Pézenas-Hérault, ça sonne tout de suite moins bien que Memphis Tennessee !). En second, les Fatals Picards, ben le seul souvenir que j’avais d’eux était une prestation assez “originale” à l’Eurovision de je ne sais plus combien d’année. J’avais bien entendu quelques trucs d’eux à la radio ou vu quelques clips mais, à priori, ce n’était pas vraiment ma tasse de thé.

Donc, départ pour la capitale cantonale du Rock’n Roll. Arrivée downtown perturbée par des travaux qui font bugger le GPS et accès final dans la salle dite “Foyer des Campagnes”, le temple du rock local comme son nom l’indique. Tout de suite, j’ai été séduit par l’ambiance : une salle qui ressemble à un vieux ciné des années 50 avec balcon du même âge, un accueil franchement sympa avec des bénévoles qui ne se la pètent pas et qui cherchent à t’aider de leur mieux avec un grand sourire en prime. Idem pour le public, varié : du jeune punk (si,si, ça existe encore), en passant par la prof d’éco votant FDG jusqu’au couple d’allemand venu tout droit du Larzac dans les années 70. Hétéroclite, transgénérationnel, discutant avec les voisins, buvant (grâce à la généreuse buvette située à l’intérieur) et fumant devant la salle. D’ailleurs, plutôt que les vidéos suivantes, j’aurais du prendre des photos du public. On y pense pas souvent mais celui-là était vraiment cool. Une ambiance assez province (sans aspect péjoratif) ni beauf, ni bobo; tranquille tout simplement.

fatals picardsBref, après une première partie vraiment bien que Laurène vous a décrit avec son talent et sa verve habituelle, on attaque le morceau de choix : THE Fatals Picards ! Un look plutôt marrant entre un bassiste style Metallica, un guitariste très premier de la classe, un chanteur en chemise blanche et petite cravate et un batteur à bonne bouille qu’on imagine bien viticulteur dans le coin. Deux trois petites vannes ou blagounettes pour commencer et c’est parti. Et là, c’est la grosse claque ! Oubliez tout ce que je vous ai dit précédemment et chassez de votre tête tous les idées toutes faites que vous aviez sur ce groupe. Franchement, sur scène, c’est grand, c’est balèze, c’est énorme !!! Longtemps que je n’avais écouté un vrai concert comme celui-là. Il y a un peu de tout dans ce groupe : des VRP (pour l’humour décalé), du LUDWIG VON 88 (pour l’énergie), du NOIR DESIR (pour l’engagement sans l’aspect intelli-chiant), du BERURIER NOIR (parce que, heu.. parce que !) et du BOBY LAPOINTE (il fallait bien le citer, pour les jeux de mots). Au niveau musique, ils assument largement leurs racines punk et cela fait vraiment du bien aux oreilles mais en y rajoutant un petit je-ne-sais quoi (dixit ma voisine allemande, en français dans le texte) qui leur donne une couleur particulière, une spécificité dans ce monde du rock-varietoche français qui n’est que trop souvent un ramassis de copier-coller.

 

J’ai même, l’espace d’une bonne heure, oublié mes cheveux gris pour aller pogoter au milieu de la salle comme un con. Je me suis aussi cassé la voix (qui dirait l’un des abonnés des resto du coeur) à chanter avec tout le monde. Et puis, aussi et surtout, je me suis marré ! Outre les textes réellement fendards avec un aspect très second degré et désinvolte que j’adore, ces quatre mecs savent faire le show. C’est souvent potache, quelque fois plus mordant ou méchant mais ça réussit à tous les coups à embarquer un public souvent surpris mais déjà conquis (j’adore cette fin de phrase !). Pour le reste, tout était dit dans le communiqué de presse : Un album où l’on croise pêle-mêle : des parisiens qui se rêvent en hippies, des Moonboots, un champion de tennis franco-rasta, un oncle admirable mais pédophile quand-même, Philippe Manœuvre, une cagoule en cuir, une Miss plus ou moins rance, Noir Désir, des seins en silicone, le Che Guevara en chair en os et en t-shirt, des immigrés même pas clandestins, la Mano Negra, des bébés congelés mais heureux de l’être etc… On aurait pu rajouter Bernard Lavilliers, des chanteurs out mais in aux restos du coeur ou encore un père tellement de gauche.

Bref, pour ceux qui n’auraient pas encore compris, j’ai adoré ce concert. Si vous en avez l’occasion (même si ce n’est pas à Pézenas), courrez les voir sur scène. Au pire, achetez leur album live qui sort aujourd’hui (p’tain quel sens de l’à propos). Un grand coup de chapeau également à l’organisation du PRINTIVAL qui prouve que des passionnés dingues de bonne musique peuvent réussir partout (même ou surtout à Pézenas) à créer des évènements de qualité avec des tarifs d’entrée plus que décents.

Les vidéos en dessous ne sont pas d’une grande qualité sonore mais vous permettront au moins de juger un peu de ce que donnent les FATALS PICARDS sur scène. 

Fatals Picards – C’est l’histoire d’une meuf

 

Fatals Picards – Mon père était tellement de gauche