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Exposition ” LES MIGRANTS ” Anne de Chabaneix au Foyer des Campagnes de Poussan du 15 au 31 mai 2015

Lampedusa, Gibraltar, Sangatte, l’horreur d’une situation que les médias nous décrivent en termes de chiffres sans parler de souffrance, de courage ou d’héroïsme…

Difficile exercice que de parler d’une exposition qui t’a touché, ému à ce point. J’avais déjà pu apprécier le travail d’Anne de Chabaneix au travers de cette série “Les Migrants” lors d’une précédente exposition à la Chapelle du Quartier Haut à Sète. J’avais déjà été saisi par la force de ses toiles et par toute l’impression de malaise qu’elles dégagent.

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Mais même si je considère la Chapelle comme un endroit magique, à part, il faut savoir reconnaître que cette nouvelle exposition au Foyer des Campagnes à Poussan la surpasse totalement. Certes, les toiles sont les mêmes à quelques exceptions prés dont cette oeuvre à la fois sublime et presque insoutenable sur les femmes yazidies. Mais la scénographie, l’éclairage de cette salle que je ne connaissais pas donne au travail d’Anne une autre dimension. Même le vent qui s’infiltre par cette porte d’entrée grande ouverte, son souffle et le bruit léger qu’il dégage accompagne, devient un élément à part entière de cette exposition faisant écho aux périls et dangers subis par celles et ceux qui cherchent ailleurs de quoi survivre.

La taille des toiles exposées, le choix du goudron comme médium donnent encore plus de force au travail d’Anne. Si ses œuvres parlent de souffrance, elles parlent aussi et surtout d’héroïsme, terme hélas trop peu utilisé par nos dirigeants actuels ou passés qui ne préfèrent ne voir en ces voyageurs de la faim ou de la peur que des parasites venus pour voler à d’autres le travail dont personne ne dispose. Plus je repense à cette exposition, plus le mot “courage” résonne dans ma tête.

L’intelligence d’Anne y est pour beaucoup. Elle décrit une réalité, la réalité sans pathos ni apitoiement laissant ce rôle à quelques dames patronnesses de paroisses provinciales remplacées en ce XXIe siècle par d’élégantes bien-pensantes pleurant sur le sort de ces meurtris de la vie sans jamais vouloir s’en approcher. Le don par téléphone ou par internet permettant ce choix sans contact, sans dialogue, sans échange. Sans doute pour cela que je ne donne jamais rien aux associations et leurs grandes campagnes (même si je reconnais et admets leur utilité) mais garde toujours quelques pièces en poche pour le clodo qui me demande.

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Au delà de l’oeuvre, il y a la peintre, Anne. Que dire sur elle qui a déjà vécu tellement de vies en une seule. De la mode parisienne au travail en Hôpital psy à Harlem, avant qu’il ne devienne un quartier bobo, elle a grandi au travers de ces expériences, de ses choix de vie. Elle porte en elle ce que j’ai toujours considéré comme mes trois qualités premières : curiosité, gentillesse et humilité.

Au final, après les moments délicieux passés en sa compagnie, mon seul regret reste qu’ils fussent si fugaces. Mais son sourire et sa petite voix m’accompagneront encore longtemps.

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« A travers cette série de toiles, conçues comme des fresques, j’ai voulu rendre hommage aux héros invisibles du monde moderne : les migrants. Quittant leur pays natal, ils marchent, voguent, ou errent de déserts en forêts et de mers en montagnes. Ils vont chercher leur survie dans un ailleurs, un rêve incertain, celui d’un monde meilleur que beaucoup n’atteindront pas et où tous ne seront pas les bienvenus.
Pour représenter leurs périples et leurs errances, j’ai choisi comme médium le goudron dont la minéralité évoque le bitume des routes parcourues, autant que le pétrole, cet or noir convoité qui fait la richesse et la pauvreté, la guerre ou la paix et pousse ces êtres ordinaires à leur extraordinaire exil.
Je voudrais dédier cet exposition à Pablo, Jésus, Ahmed, Mercedes, Fatima, Giula, Etam, David, Sarah, Henri, Duc, Mai, Jeremy, Danièle, Issa et Rasmané et tous les autres qui ont marché dans les chemins sans fin, qui ont navigué sur les bateaux trop chargés, qui ont eu la peur au ventre et l’espoir encore et encore… qui se sont mélangés ou pas, qui ont créé des familles, des quartiers, des villes… »

Anne de Chabaneix vit et travaille à Sète en son atelier au 65 rue des Fauvettes au Barrou qu’elle devra hélas bientôt quitter.

Exposition visible jusqu’au 31 mai 2015

Foyer des Campagnes

Passage du 8 Mai

34560 POUSSAN