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Le XVIII è siècle aujourd’hui
Créations artisanales sur le thème du Rouge -Salle du sous sol
Maison des Métiers d’Art de Pézenas

Ces deux expositions qui se juxtaposent géographiquement nous laissent à penser que l’on a voulu nous livrer en résumé deux fragments de notre histoire qui nous a marquée le plus .
Ce XVIIIè ou le raffinement de la cour était arrivé à son extrême limite dans ses meubles de marqueterie, son imagerie décorative , ses vaisselles de table, l’art de la table et de son service, dans les plats successifs désormais présentés aux convives, et non plus les plats uniques posés au milieu de la table ou chacun piochait sa part. Richelieu avait déjà imposé à table le couteau à bout rond pour éviter de voir ses sujets invités se curer les dents ,avec leur dague pointue .C’est Catherine de Médicis qui imposa la fourchette pour manger à table avec élégance; l’italienne a bien continué l’éducation des français avec son raffinement, les nappes de dentelles et brodées, les couverts magnifiques en argent, tous les petits accessoires de tables en porcelaine et en faïence .

C’est encore l’Italie qui continue de hanter l’imaginaire des artistes à cette époque, avec ces pergolas fleuries, ces vasques croulant de fleurs ravissantes sur des fonds de ciel bleu qui nous rappellent les jardins de la villa des Médicis,et ceux de la villa d’Este; ces gentilhomme aux habits brodés de fleurs, aux coiffures savantes ou s’enroulent les perles aux soies brillantes que l’on importe, aux roses opulentes et pleines , aux doubles pétales d’un rose bonbon, cultivées par Lenôtre aux jardins de Versailles.

Il fallut l’audace et la curiosité de la Pompadour , qui fut en quelque sorte le ministre de la culture du roi Louis XIV, pour importer les vases de Chine. De là commença une fièvre créative de porcelaines en tout genre mêlant l’imaginaire traditionnel et empruntant celui soufflé par un Orient lointain. dans l’exposition présentée on est ébloui par ces arts qui ne ce sont pas éteints comme celui de la marqueterie: une table magnifique et aérienne nous est présentée comme pour en témoigner, une table signée par Yves Brand’Honneur. Une autre table au centre de l’espace, immense croulant sous de magnifiques vaisselles de céramiques blanches revisitées, des bonbonnières, des sur touts de table …on est éblouis par les sculptures monumentales, par les panneaux peints relevant de la tradition des ateliers parisiens qui continuent de créer des papiers peints inspirés par le XVIIIè .

Ainsi, présents dans cette exposition, les Ateliers de JP, ceux de Figuères, l’Atelier le Talec, Pacal Amlblard, l’Atelier Monoury, JP Bacquère,Valérie Blaise, Alexandre Bour, Manufacture Bourg Joly, Yvan Brand’Honneur,Tine Déco, Sylvain Gillot, Vivienne Maunn, Béatrice Pothin-Gallard-Isabelle Tapie,Fantôme, Francis Terrade, Dora Vital, tous ces maîtres d’Art nous font fait rêver sur leur création et sur ce siècle décadent comme fut celui des cours des mandarins et de l’empereur de Chine à la même époque- pour cela lisez l’ouvrage “Rêve dans le pavillon rouge” Gallimard- pour voir comment se fait le glissement de l’histoire qui fait basculer le monde dans un autre.

L’exposition avec le thème du rouge sur une idée de Catherine Mutel qui l’avait déjà expérimentée avec bonheur à Agde, nous emmène dans l’ère de la révolte , de la révolution qui évoquent le sang dans nos campagnes, le sang sous le couperet de la guillotine; les idées révolutionnaires sont nées dans les roseraies,Robespierre était fou amoureux des roses et rassemblait ses amis dans ces jardins de roses pour préparer la révolution à l’écart des oreilles de la ville. Il écrivit de mauvais poèmes sur les roses… très vite les idées s’enchaînent dans la tête de nos élus plus proches de 1789 que du règne de la splendeur de Louis XIV , pour évoquer non pas la symbolique de la rose mais la symbolique des couteaux de Monsieur Daniel Renault, Maître Coutelier d’Art: leur beauté dans leur finition, selon les plus grandes traditions.

Daniel Renault a pour lui la passion du couteau, mais ne vous y fiez pas car c’est l’homme aux mille passions, notamment celle des mots qu’il cisèle comme celle de ses lames , celle de la sculpture du bois quand il redonne vie aux arbres morts de l’AV Mohamed V & VI à Marrakech. Monsieur Huppé continue son apologie en rappelant la solidarité traditionnelle entre les acteurs des Métiers d’Art , Artistes, artisans, Maître d’Art, insistant sur la rencontre de ceux des Ateliers d’Art de France et ceux de notre ville créant une émulation propice à l’excellence des créations.

Michel Siffre a présenté un groupe de 3 lutteurs:des forbans en céramique rouge: un ensemble consacrant leur inventivité dans le monde de la céramique et de la faïence de Montpellier l’un de leur grands savoirs, familial.

Nathalie Campagne se sert de l’art du vitrail pour réaliser des objets familiers de grande élégance, désacralisant tout d’un coup l’art du vitrail religieux.

Eva Lucas présente deux sculptures en blanc et rouge: manquerait -il le bleu pour le drapeau de la révolution ? ou évite t-elle l’oeuvre au rouge , le rouge lui ferait-Il peur comme le sang ? pourtant la gentille Eva fait feu du verre à chaud, du fusing, du thermoformage;le feu brûlerait-il le sang? Eva est une alchimiste qui s’ignore !

Ahmad Chakkaki au Carrefour de la Soie, tisse la soie et le brocard comme à Damas, sur le métier de ses pères qu’il a apporté à Pézenas. il nous présente de belles réalisations très raffinées dans des tons de rouge chamarrée d’or.

Sonia Bec a la passion des colifichets, des couleurs, des matières qu’elle travaille avec les perles, les boutons, les dentelles, la laine , les fils pour en faire des colliers, des bracelets, des bagues, des colliers pleins de senteurs. Elle renoue avec un art populaire qu’elle anoblit comme on sait le faire en France.

Eve Marie Bonay modèle et travaille les luxueux textiles de grande couture qu’elle coupe, coud, brode, assemble, et on les retrouve dans des accessoires de mode pour le plaisir que nous les femmes éprouvons à les porter: ils sont tellement élégants et beaux! Les êtres humains et leurs humeurs se cacheraient’ils pour partir à leur trace ?

Santiago et Catherine Barragan sont les orfèvres de la légèreté, du ciselé avec le fil d’argent, le bois de l’olivier, du buis, du pistachier, de la pierre de lave qu’il taille et polie; leur ligne de bijoux est personnelle, travaillée, alliant toutes les matières naturelles dans des assemblages sobres;

Elisabeth Masson a toute la discrétion de ceux qui créent dans le silence en travaillant la terre. Cependant, très malicieuse, elle nous livre des sculptures de son bestiaire, plein d’humour, de fantaisie et de couleurs. Son humour éclot dans ses réalisations comme les fleurs de crocus en hiver. Les célèbres Miro, Chaissac sont rappelés et alors ? il faut bien des maîtres , les côtoyer et les dépasser en affirmant sa personnalité, et Elisabeth en à une, bien développée.

Claire de Montardy taille le tissus, les bouts de tissus , les assemble, brode avec le fil, la laine des phrases jolies, des fleurs, elle peint des objets usuels, leur donne du pimpant, de l’originalité avec son style naïf et figuratif qu’elle plie à sa guise avec sa fantaisie, son charme, sa poésie.

Ces acteurs des métiers d’art de Pézenas et d’Agde ont répondu à l’appel de l’étendard rouge de leur ville pour notre bonheur à tous !

Alice Caron Lambert

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