L’orchestre Paul Selmer à Pézenas

C’était la nuit du 21 juin 2013, le premier jour de l’été.

Paul Selmer aime les paris entre musique, danse, charivaris, cabarets et diableries sonores. Que ‘on ne s’y trompe pas, on en a plein les yeux, plein les oreilles !

Un spectacle d’enfer joyeux, haut en couleurs, haut en sonorités rapportera le public nombreux y assistant…Tous le cafés d’à côté s’était largement étalés sur la grande place du 14 juillet, on y buvait sec , on mangeait avec gourmandise des choses banales, pas de la grande gastronomie, mais c’était la fête de l’été, enfin une soirée douce et chaude d’un été qui se faisait attendre, les pizzas volaient sur les têtes ; au bout de la place, la grande scène dans son univers métallique toute en hauteur , traversée d’une nébuleuse bleutée sur fond d’écran violet et jaune. Le stand de musique et les musiciens imposaient déjà leurs rythmes, emporté par la batterie des tambour et des cymbales, leurs sons emportés dans les miroitements violents et tournoyant sur la scène ; on annonça la musique de Phill Collins , reprise par tous les musiciens, musique scandée par une batterie aux sonorités sourdes à vous découper le cœur, prolongée tout à coup par le son d’un saxo romantique venant s’échouer comme une vague douce, un appel à la douceur qui s’étale,s’étale, mais ça ne dure pas !

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Lilith arrive sur scène, venant droit de l’enfer, noire, rousse et or, tenant au bout de ses doigts de grandes torches allumées, tournoyant , enserrant l’homme au saxo, son magnifique corps dominé par une danse charnelle et violente ; c’est la, la part de rêve qu’offre Paul Selmer ; il nous en met plein la vue avec les ‘ballets ‘ des danseuses lascives et coquines, des sortes de coco girls à la 2000 exubérante, dans un déferlement de fourreaux lamés argent se mouvant, ondulant les fesses comme à Hollywood , roses et noir et friselis de dentelle rococo comme ceux de la Goulu des cabarets parisiens anciens et on ne sait plus ou on se trouve, parmi les paillettes scintillantes, le roulis des hanches et les culs ronds des jeunes danseuses, une chanson d’ Aznavour vilipendée, oui Aznavour ! ….

Savoir comprendre les trous noirs et la folle lumière y entrant, comprendre le silence entre l’espace et le fracas du bruit, comprendre le rose et les mièvres dentelles, comprendre la chair porno et son érotisme, comprendre le siècles et son siècle commençant, comprendre le lilas et la rose en fumée orientales, et alors me direz vous ?

On est reparti le cœur content. On a eu un beau spectacle pour la fête de l’été, c’était super !

ALICE CARON LAMBERT