Le 15 mai à l’Illustre Théâtre de Pézenas avait lieu une nouvelle Agora Citoyenne organisée par le Lieu-Ressources du cycle consacré au Bonheur. Thème du jour : Un bonheur sans dieu ! Si l’on ne fait pas partie de ceux qui pensent que la question même de l’existence de dieux ou d’un seul est sans réel intérêt et qu’au final, cela ne change rien à nos vies, si donc, au contraire, on s’affirme croyant ou athée, cette conférence avait de quoi soulever l’enthousiasme.

Osons un petit résumé. Face à la question de dieu, vous avez finalement 4 attitudes possibles :

croyant : a la foi. Considère qu’un ou des dieux existent, car le croyant n’est pas obligatoirement monothéiste. De même, il n’est pas forcément religieux, pratiquant pour autant.
athée : nie l’existence d’un dieu, quel qu’il soit. L’athée, tout comme le croyant, a la forte conviction de détenir la vérité.
agnostique : est ni pour, ni contre, bien au contraire. Ne veut pas se mouiller et préfère considérer que la probabilité est égale de deux côtés.
apathéiste : mot-valise formé à partir des mots « apathie » et « théisme », se fiche royalement de savoir si un ou des dieux existent ou pas.

Me rangeant, bien évidemment, dans l’ultra-minoritaire dernière catégorie, j’appréhendais un peu cette soirée. C’était sans compter sur le Zébulon belge, aussi passionnant que passionné (facile…), Serge Deruette qui a su tenir son auditoire attentif, même captivé, durant plus d’une heure.

Lire Jean MeslierPetite présentation du bonhomme : Serge Deruette, docteur en sciences politiques de l’ULB (Université Libre de Bruxelles), est professeur de sciences politiques, de philosophie politique et d’histoire des idées et des doctrines politiques à l’UMONS (Université de Mons), aux FUCaM (Facultés Universitaires Catholiques de Mons) et à la HEFF (Haute Ecole Francisco Ferrer, Bruxelles). Auteur de plusieurs ouvrages et de nombreuses études sur des questions de sciences politiques et d’actualité politique, d’histoire sociale belge et de la Révolution française, il s’intéresse surtout à l’histoire de la pensée et tout particulièrement à Jean Meslier (1664-1729), cet étonnant curé fondateur de l’athéisme, encore trop méconnu et pourtant capital dans l’histoire des idées politiques et philosophiques, sur lequel il a, entre autres, publié deux contributions dans les Studies on Voltaire and the Eighteenth Century (1992). Avec son ouvrage “Lire Jean Meslier, curé et athée révolutionnaire“, paru aux éditions Aden en 2008, il a contribué à préciser la place et la portée de la pensée de Meslier dans l’histoire des idées. Au travers d’une analyse et de larges extraits introduits et commentés de l’œuvre, il a aussi permis de le faire découvrir à un large public.

Et c’est vrai que ce type est passionnant. Il est totalement investi dans son sujet et sait le rendre intéressant et facile à ceux qui l’écoutent. Un savant mélange d’érudition, de petites et grande Histoire, de points de vues variés, distillé avec beaucoup d’humour, de respect et d’intelligence. Tellement bien qu’il aurait pu parler encore plusieurs heures, je reste persuadé que l’ensemble du public nombreux, présent ce soir là, serait resté. Mais cessons-là les compliments, vous pourrez trouver ci-dessous la conférence dans son intégralité (hors débat). A vous de vous faire votre opinion.

Première Partie :

 

Seconde Partie :