Belle-fille du caricaturiste Siné, Stéphane Mercurio débute sa carrière à la fois dans la presse et le cinéma. Cette ancienne étudiante en droit devient rédactrice en chef du mensuel La Rue, un journal de rue colporté par des sans-logis qu’elle a co-fondé, entre 1992 et 1996. En parallèle, elle s’initie à la réalisation, avec Scènes de ménage avec Clémentine, à propos d’une femme de ménage. Ce premier essai est conçu dans le cadre des ateliers Varan, formation spécifique pour les documentaristes.

Stéphane Mercurio continue sur sa lancée, avec des documentaires pour Arte, TV5 ou encore Planète. Son sujet de prédilection demeure les thèmes sociaux, notamment les sans domiciles, auxquels elle consacre Vivre sans toit en 1994 puis Cherche avenir avec toit en 1997. Pour la Cinquième, elle crée Envie de justice, un 52 minutes autour d’une consultation juridique de mairie et de la relation entre les citoyens et leur administration judiciaire.

Avec les années 2000, Stéphane Mercurio s’adapte aux faits de société et livre Louise, son père, ses mères, son frère et ses sœurs, consacré à l’homosexualité et à des familles d’un nouveau genre. Son premier documentaire à être distribué sur grand écran sort en 2008 : il s’agit d’A côté. Ce métrage est consacré aux mères et aux femmes de détenus, cet « à côté » peu montré et qui reste le dernier soutien des hommes privés de liberté. L’émotion que dégage le film sans pour autant montrer le parloir vaut à Stéphane Mercurio un accueil critique extrêmement favorable. Elle décide ensuite de dresser le portrait de Siné dans Mourir ? Plutôt crever !, en 2010, qui relate aussi bien de la vie intime de l’homme que de l’affaire Siné. En 2011, la documentariste s’intéresse à nouveau à l’univers carcéral avec A l’ombre de la République, où il suit les pas du Contrôleur général des lieux de privation de liberté et de son équipe, et ainsi, lève le voile sur l’enfermement en France aujourd’hui.

Présente à la 51e Rencontre Cinéma de Pézenas dans la thèmatique « Cinéma Vérité » (même si, ainsi que vous pourrez l’entendre, la définition ne lui convient guère, Stéphane Mercurio nous a accordé un entretien où elle revient sur certains sujets essentiels pour la création audiovisuelle en France, tels que les moyens de financement, le désengagement progressif des chaines de télévision et nous parle un peu de son beau-père, Siné.

Quelques bandes-annonces de films de Stéphane Mercurio présents lors de cette rencontre cinéma de Pézenas 2013.

Louise, son père, ses mères, son frère et ses sœurs

 

A l’ombre de la République

 

Mourir ? Plutôt crever !

 

Et pour finir, l’utile, l’indispensable Blog de Siné