Février venu, le temps des fêtes traditionnelles d’hivers se réveille imperturbablement.

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Tandis que des villages se meurent, perdent leur identité, laissent en ruine les vieilles maisons du centre pour mieux investir des quartiers neufs, périphériques, distants, froids, décharnés, déboisés, « rond-pointisés », d’autres luttent, retrouvent des racines, rallument des consciences, regroupent des plus jeunes. Saint-Vincent de tournante par ci, carnavals par là, toutes ses fêtes païennes redonnent vie et conscience. Elles ont toutes un sens tiré du passé.

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Elles nous invitent à communier, à être en union avec un autre qui danse avec ou à côté de nous, sur cette même musique lancinante ou bien trinquant, chacun son verre, le même vin. Les années filant, filantes comme des étoiles, la foule qui s’y retrouve grossie. Loin d’un folklore stérile pour touristes ennuyeux, loin d’un cortège pour parents d’élèves « photonumérisés », des vieux viennent à nouveau, bras dessus bras dessous battre le pavé avec des plus jeunes, d’autres enfilent des masques d’hommes sauvages revêtus d’oripeaux, chacun se laissant gagner par la ferveur d’un moment qui se partage, au sein de la vieille ville, embringués dans des charivaris plus ou moins sages, ravis de reconnaître une mélodie entêtante, heureux de retrouver les mêmes scènes de passage, de marquage du temps, d’empreinte.

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Loin d’une identité de folklore, Pézenas, au travers de ses nombreuses et actives associations, prouve tout au long de l’année qu’il est possible pour toute commune de faire coexister intelligemment tradition, fête populaire, identité locale avec tourisme et commerce. Beaucoup seraient bien aise de s’en inspirer. Preuve également qu’un spectacle populaire n’a pas besoins de gens en armes tous les dix mètres pour assurer sécurité et tranquillité de la populace festive, largement capable à elle-seule de s’organiser.