L’inquiétante rencontre de Rubbish Clown et Dolly Smith…

duo piano/voix, musiques et textes originaux

Fred Lopez au chant – Barbara Weldens au piano et au chant – Eglantine Jouve à la mise en scène

Leurs regards qui se croisent, un maquillage de clown qui se craquelle par un sourire revenu, et une aventure qui les emmènera tous deux vers leur sublime.
Entre Mary Poppins et Tueurs nés, bienvenue dans le monde Hystérico-poétique de deux êtres qui n’auraient pu que se croiser…

L’HISTOIRE :

Rubbish fut en son temps un clown tirant les rides des causes désespérées.
Rejetant les milieux hospitaliers stériles et les nez rouges, ses lieux de prédilections furent les rades sordides et les ruelles sombres du quartier Montmartre….
Des années et des années à croire que ces laissés pour compte crasseux, violents, maniaques et sans espoir arriveraient à se dérider ne serait ce qu’un coin de l’esprit.
Mais voilà… à trop fréquenter l’innommable et le pire de l’âme humaine……

Dolly, elle , vient d’on ne sait où et semble aller vers nulle part….
Elle seule sait tout ça…
Mais que fait une si belle fille à l’allure de licorne et au regard félin, parmi ces immondices ?

Paris, place Pigalle, 5 heures du matin…
Les robes des travestis sont froissées et maculées de traces douteuses…
Quelques jeunes de banlieue errent encore les yeux bouffis, enfumés…
Les clochards résidents ont enfin réussis
à endormir leur âme….
Assis sur un banc… le regard révolté de n’avoir pas encore trouvé comment éviter les drames, il la voit s’approcher au loin….
Sa silhouette animale redessine au fusain ce paysage de misère….
Tel un félin sur une gouttière , elle s’amuse à éviter les canettes, mégots et autres seringues dans un rythme et une énergie vitale qu’il n’avait encore jamais vu…
Ils se croisent…
R:  salope
D: on prend un verre”

Spectacle assez hallucinant et jubilatoire où, sans le vouloir ou sans vraiment y faire attention, tu savoures chaque seconde et ressort de là bourré de bonheur et d’espérance. Un truc revigorant quoi, enthousiasmant même qui pourrait, en me forçant beaucoup, me réconcilier avec l’âme humaine !

Ils sont très bons tous les deux. Lui dans son style Jean Guidoni enrobbé sans tomber dans l’intelli-chiant ou le militantisme gay à trois balles. Un désinvolte désespéré et pathétique, un de ceux que même la joie ennuie à force d’avoir trop fréquenté le malheur et la désespérance. Des paroles ciselées au rasoir, celui de Mackie Messer sans doute, qui tranchent dans le vif, dans ton vif. Un ton toujours limite et toujours bien maîtrisé entre rigolade et désespoir (mais est ce si différent ?) qui fait du bien à l’oeil comme à l’oreille.

Elle, un petit mélange entre la punkette qui ne vieillira jamais, la Strange Little Girl des Stranglers et une Barbara (l’autre, celle qui comme moi aimait Gottingen)  qui se laissait aller coquine dans J’ai troqué mes chaussettes blanches ou dans Si la photo est bonne avant de tirer révérence honteuse devant quelque vieillard trouble mais président. Elle a tout cette fille, tout ce qui te fait tomber amoureux juste à cause d’un sourire, d’une oeillade ou d’une voix. Rajoute à cela humour et auto-dérision et tu te prends à regretter amèrement ton âge et ses désagréments.

Tu veux rajouter quoi ? Ah oui, j’aurais du parler de Brecht et de Weill (l’ami Kurt), surement pas de Jim Morrison, et bien, je ne le ferais pas. Même si, souvent, j’ai retrouvé chez Barbara (la vivante)  beaucoup de la Ute Lemper de ma jeunesse. Elle a la voix, l’acidité, l’humour et la vivacité. Lui manque juste ce dédain germanique qui m’affole toujours autant.

Rien à dire de plus : très beau spectacle, finement écrit, superbement interprété et chanté. Juste un mot en plus pour les hôtes de la soirée : les Anartistes. Tout aussi bien; bordel comme je l’aime, cuisine sympa et serveur qui se foutait de ma gueule non sans un certain talent. Finalement, la meilleure soirée que j’ai passé depuis très, très longtemps.

Tous les liens à la suite :

le site web de Barbara Weldens

la page facebook des anartistes

la page facebook de Fred Lopez

Si vous avez d’autres liens à me communiquer, n’hésitez pas. Ils seront rajoutés à la suite.